Bible-Centre

Lecture en trois ans pour le 13 février 2021

La Bible de Jérusalem (fr)

1 Jean, Chapitre 1

Introduction> 1 Le Verbe incarné et la communion avec le Père et le Fils., I. Marcher dans la lumière> 8 Première condition : rompre avec le péché.
Ce qui était dès le commencement,
ce que nous avons entendu,
ce que nous avons vu de nos yeux,
ce que nous avons contemplé,
ce que nos mains ont touché
du Verbe de vie ;
— car la Vie s’est manifestée :
nous l’avons vue, nous en rendons témoignage
et nous vous annonçons cette Vie éternelle,
qui était tournée vers le Père et qui nous est apparue —
ce que nous avons vu et entendu,
nous vous l’annonçons,
afin que vous aussi soyez en communion avec nous.
Quant à notre communion,
elle est avec le Père
et avec son Fils Jésus Christ.
Tout ceci, nous vous l’écrivons
pour que notre joie soit complète.
Or voici le message que nous avons entendu de lui
et que nous vous annonçons :
Dieu est Lumière, en lui point de ténèbres.
Si nous disons que nous sommes en communion avec lui
alors que nous marchons dans les ténèbres,
nous mentons, nous ne faisons pas la vérité.
Mais si nous marchons dans la lumière
comme il est lui-même dans la lumière,
nous sommes en communion les uns avec les autres,
et le sang de Jésus, son Fils,
nous purifie de tout péché.
Si nous disons : « Nous n’avons pas de péché »,
nous nous abusons,
la vérité n’est pas en nous.
Si nous confessons nos péchés,
lui, fidèle et juste,
pardonnera nos péchés
et nous purifiera de toute iniquité.
10 Si nous disons : « Nous n’avons pas péché »,
nous faisons de lui un menteur,
et sa parole n’est pas en nous.
Lire la suite:1 Jean, Chapitre 2
Notes:
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Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

1 a) La Parole de Dieu était source de vie, Dt 4.1 ; 32.47, etc. ; Mt 4.4 ; 5.20 ; Ph 2.16. Ici le nom de Parole est donné au Fils de Dieu avec qui les apôtres ont vécu, et le complément évoque le souhait de 1.3 ; 5.11-13 ; cf. Jn 1.1, 14.


3 b) Ce terme, cf. 1 Co 1.9 ; 2 P 1.4, exprime un des thèmes majeurs de la mystique johannique, Jn 14.20 ; 15.1-6 ; 17.11, 20-26 unité de la communauté chrétienne, fondée sur l’unité de chaque fidèle avec Dieu, dans le Christ. Cette unité est exprimée sous ces différentes formes le chrétien « demeure en Dieu et Dieu demeure en lui », 2.5, 6, 24, 27 ; 3.6, 24 ; 4.12, 13, 15, 16 ; cf. Jn 6.56, il est né de Dieu, 2.29 ; 3.9 ; 4.7 ; 5.1, 18, il est de Dieu, 2.16 ; 3.10 ; 4.4, 6 ; 5.19, il connaît Dieu, 2.3, 13, 14 ; 3.6 ; 4.7, 8 (sur connaissance et présence, voir encore Jn 14.17 ; 2 Jn 1-2). Cette union avec Dieu est manifestée par la foi et l’amour fraternel, cf. 1.7 ; Jn 13.34. Le témoignage apostolique est l’instrument de cette communion, v. 5 ; 2.7, 24-25 ; 4.6 ; Jn 4.38 ; 17.20 ; cf. Ac 1.8, 21-22, etc.


4 c) « notre joie »; var. (Vulg.) « votre joie ».


7 d) L’union à Dieu, 1.3, qui est Lumière, 1.5, et Amour, 4.8, 16, se reconnaît à la foi et à l’amour fraternel, 2.10, 11 ; 3.10, 17, 23 ; 4.8, 16.


10 e) Allusion probable à de soi-disant spirituels (pneumatiques) qui se distinguaient des autres, réputés inférieurs (psychiques , cf. 1 Co 15.44 ; Jude 19, ou hyliques). Jn parle ici des défaillances passagères, bien que la communion avec Dieu qui a ôté le péché, 2.2 ; 3.5, entraîne de soi une vie sainte et sans péché, 3.3, 6, 9 ; 5.18.


En plus de l’évangile, trois épîtres nous ont été conservées par la tradition sous le nom de Jean. Elles offrent avec l’évangile sous sa forme actuelle une telle parenté littéraire et doctrinale qu’il est difficile de ne pas les attribuer au même auteur, probablement ce « Jean l’Ancien » dont parlait Papias (cf. 2 Jn 1 ; 3 Jn 1). La troisième épître est vraisemblablement la première en date ; elle tend à régler un conflit d’autorité qui avait surgi dans une des Églises relevant de l’autorité de Jean. La deuxième épître met en garde une autre Église particulière contre la propagande de faux docteurs niant la réalité de l’Incarnation. Quant à la première épître, de beaucoup la plus importante, elle se présente plutôt comme une lettre encyclique destinée aux communautés d’Asie, menacées par les déchirements des premières hérésies. Jean y a condensé l’essentiel de son expérience religieuse ; partant de thèmes parallèles successifs (lumière, 1 Jn 1.5s ; justice, 1 Jn 2.29s ; amour, 1 Jn 4.7-8s ; vérité, 1 Jn 5.6s), il veut montrer le lien intime qui existe entre notre état d’enfants de Dieu et la rectitude de notre vie morale, considérée comme fidélité au double commandement de la foi en Jésus et de l’amour fraternel (1 Jn 3.23-24). C’est un des écrits du NT les plus marqués par la pensée qui s’exprime dans les écrits de la secte de Qumrân : le double dualisme « lumière-ténèbres » et « vérité-mensonge » (1 Jn 1.5-7 ; 2.9-11 ; 2.21-22) ; le discernement des « esprits » (2 Jn 4.1-6) qui se termine par l’opposition entre « esprit de vérité et esprit d’erreur », comme à Qumrân. Dans l’évangile, une telle influence qumranienne est limitée à de rares passages, spécialement 3.19-21.

1 Jn 2.18-21 fait état d’un schisme qui se serait produit dans les milieux « johanniques ». Face à des dissidents tentés par la gnose, pour qui seul le message du Fils de Dieu compte, l’épître rappelle que le Sauveur du monde (1 Jn 4.14) était aussi un homme de chair (1 Jn 4.2 ; 2 Jn 7) et de sang (1 Jn 1.7 ; 5.5-6), avec un nom bien humain, Jésus (1 Jn 1.7 ; 2.22 ; 4.3 ; 5.1, 5), et que le disciple doit suivre son exemple (1 Jn 2.6 ; 3.16-18 ; 4.11, 20). De fait, la première épître contient une des affirmations les plus bouleversantes de toute la Bible : « Dieu est Amour » (1 Jn 4.8, 16).

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