L'image du Messie souffrant apparaît pour la première fois dans les prophéties d'Isaïe de Babylone. Cependant, il n’y a pas assez de concret là-bas: Isaïe parle des souffrances du Messie seulement d’une manière générale, en mentionnant, néanmoins que le Messie souffre pour les péchés de Son peuple. Ce même sujet apparaît dans la deuxième...
L'image du Messie souffrant apparaît pour la première fois dans les prophéties d'Isaïe de Babylone. Cependant, il n’y a pas assez de concret là-bas: Isaïe parle des souffrances du Messie seulement d’une manière générale, en mentionnant, néanmoins que le Messie souffre pour les péchés de Son peuple. Ce même sujet apparaît dans la deuxième partie du Livre de Zacharie, que la plupart des chercheurs de la Bible trouvent plus tardive que sa première partie, qui était écrite, apparemment, vers le milieu du V s. avant J.C. Ici, à l’image du Messie souffrant, apparaissent déjà des traits évangéliques, et il devient clair que les souffrances du Messie, peut-être, s'achèveront par Son exécution, de laquelle seront coupables non seulement les païens, mais aussi les représentants du peuple juif.
Et si autrefois on pouvait interpréter les paroles d'Isaïe dans ce sens que le Messie souffrira des persécuteurs étrangers, sous le pouvoir dans lequel le peuple se trouvera à cause de ses péchés, de sorte qu’on ne puisse parler ici des souffrances pour les péchés du peuple que dans un sens du mot connu, non personnel, c’est que maintenant il s'agit d’une participation directe dans l’exécution du Messie, au moins, certains de ceux qui appartiennent au peuple de Dieu. Le péché se concrétise. Bien sûr, comme toujours dans de tels cas, il n’arrive pas de parler de la culpabilité ou l'innocence du peuple en général: comme dans toutes les époques et dans tout peuple, dans le peuple juif il y a ceux qui participent au mal et a donc une relation directe avec cela, et il y a ceux qui tentent de résister à ce mal ou restent tout simplement de côté.
Mais une telle révélation pose une question à toute personne, qui se trouve face à face avec le Messie, et donc, face à face avec Dieu : que faire? De quel côté être? La question du Royaume devient une question non impersonnelle, non collectif, quand c’est le Royaume, on entre tous ensemble du fait de l'appartenance au peuple de Dieu, mais la question est concrète et très personnelle, la question du choix fait, des décisions prises, des actes commis ou pas commis.
12:2 k) Cette phrase est sans doute une addition.
12:4 l) Incise à replacer avant le v. 5.
12:5 m) « pour les habitants » Targ. ; « pour moi, les habitants » hébr.
12:8 n) À l’époque du salut, la maison de David sera rétablie.
12:10 o) Selon l’hébr. et le grec, Dieu s’identifie à son représentant. Théodotion a compris « vers celui qu’ils ont transpercé », et cette lecture est aussi celle de l’évangile de Jean. La mort du Transpercé se situe dans un contexte eschatologique levée du siège de Jérusalem, deuil national et ouverture d’une source salutaire. Il y aura donc une souffrance et une mort mystérieuses qui prendront place dans l’accomplissement du salut. C’est un parallèle, mais nationalisé et rétréci, à la figure du Serviteur d’Isa 52.13-53.12 ; cf. aussi Ps 69.27 ; Ez 37. Jn 19.37 y a vu une prophétie de la Passion du Christ.
12:12 p) Il s’agit de Natân, fils de David, 2 S 5.14s.
12:13 q) Shiméï, descendant de Gershom, fils de Lévi, Nb 3.21.
13:1 r) Littéralement « pour le péché et la souillure ». — Sur la fontaine ou la source qui arrosera la Jérusalem de l’ère messianique, cf. Isa 12.3 ; Ez 47.1. Ici, à la différence de 14.8, elle sert à la purification du peuple, cf. Ez 36.25.
13:2 s) Disparition de l’institution prophétique, condamnée par les abus des faux prophètes, cf. Jr 23.9s ; Ez 13.
13:5 t) « la terre est mon bien » ’adamah qinyanî conj. ; « un homme m’a acquis » ’adam hiqnanî hébr.
13:6 u) « sur ta poitrine », litt. « entre tes mains ». — Les anciens prophètes se faisaient des incisions sur le corps, cf. 1 R 18.28, etc. L’homme qui porte de telles cicatrices est accusé d’être prophète ; il se défend en alléguant une rixe avec des camarades.
13:7 v) Texte messianique peut-être indépendant. Le « pasteur » est ici, non plus le bon pasteur de 11.4-14, ni le mauvais, 11.15-16, mais sans précisions le chef du peuple, lieutenant de Yahvé. L’épée qui va le frapper livrera le peuple tout entier à l’épreuve dernière, qui doit précéder le temps du salut. Cette épreuve est décrite sous les images classiques des brebis sans pasteur, Ez 34.5, du reste, Isa 4.3, du tiers, Ez 5.1-4, du feu qui épure, Jr 6.29-30. Alors le peuple sera prêt pour la Nouvelle Alliance, cf. Jr 31.31.
13:9 w) « je dirai » grec, syr. ; « j’ai dit » hébr. (waw initial omis).
Le livre de Zacharie se compose de deux parties bien distinctes : 1-8 et 9-14. Après une introduction, datée d’octobre-novembre 520, deux mois après la première prophétie d’Aggée, le livre rapporte huit visions du prophète datées de février 519, 1.7 – 6.8, suivies du couronnement symbolique de Zorobabel (les réviseurs ont substitué le nom du grand prêtre Josué lorsque se fut évanoui l’espoir qu’on avait mis en Zorobabel et que le sacerdoce détint tout le pouvoir), 6.9-14. Le chap. 7 fait un retour sur le passé national et le chap. 8 ouvre des perspectives de salut messianique, l’un et l’autre à propos d’une question sur le jeûne, posée en novembre 518.
Cet ensemble bien daté et de pensée homogène est certainement authentique ; il porte cependant les marques d’une révision, faite par le prophète lui-même ou par ses disciples. Par exemple, les annonces universalistes de 8.20-23 ont été ajoutées après 8.18-19 qui est une conclusion.
Comme Aggée, Zacharie se préoccupe de la reconstruction du Temple. Mais il fait une part plus large à la restauration nationale et à ses exigences de pureté et de moralité, et l’attente eschatologique est plus pressante. Cette restauration doit ouvrir une ère messianique où le sacerdoce représenté par Josué sera exalté, 3.1-7, mais où la royauté sera exercée par le « Germe », 3.8, terme messianique que 6.12 applique à Zorobabel. Les deux Oints, 4.14, gouverneront en parfait accord, 6.13. Ainsi Zacharie fait renaître la vieille idée du messianisme royal mais l’associe aux préoccupations sacerdotales d’Ézéchiel, dont l’influence se marque sur bien des points : rôle prépondérant des visions, tendance apocalyptique, souci de la pureté. Les mêmes traits et la part faite aux anges préludent à Daniel.
La deuxième partie, 9-14, qui s’ouvre d’ailleurs par un nouveau titre, 9.1, est toute différente. Les pièces sont sans date et anonymes. Il n’est plus question ni de Zacharie, ni de Josué, ni de Zorobabel, ni de la construction du Temple. Le style est différent et fait un fréquent usage des livres antérieurs, surtout Jr et Ez. L’horizon historique n’est plus le même ; Assur et l’Égypte viennent comme les noms symboliques de tous les oppresseurs.
Ces chapitres ont très vraisemblablement été composés dans les dernières décennies du IVe siècle av. J.-C., après la conquête d’Alexandre. Malgré les efforts récemment renouvelés pour prouver leur unité, il faut admettre qu’ils sont disparates. On distingue deux sections introduites chacune par un titre, 9-11 et 12-14 ; la première est presque entièrement en vers, la seconde est presque entièrement en prose. On parle d’un Deutéro-Zacharie et d’un Trito-Zacharie. En fait ce sont deux collections elles-mêmes composites. La première utilise peut-être d’anciens morceaux poétiques, préexiliques, et se réfère à des faits d’histoire qu’il est difficile de préciser (l’application de 9.1-8 à la conquête d’Alexandre reste la plus vraisemblable). La seconde partie, 12-14, décrit en termes d’apocalypse les épreuves et les gloires de la Jérusalem des derniers temps. Mais l’eschatologie n’est pas absente de la première partie et certains thèmes se retrouvent dans les deux sections, ainsi celui des « pasteurs » du peuple, 10.2-3 ; 11.4-14 ; 13.7-9.
Cette partie du livre est importante surtout par sa doctrine messianique, d’ailleurs peu unifiée : relèvement de la maison de David, 12 Passim, attente d’un Roi messie humble et pacifique, 9.9-10, mais annonce mystérieuse du Transpercé, 12.10, théocratie guerrière, 10.3 – 11.3, mais aussi cultuelle à la manière d’Ézéchiel, 14. Ces traits s’harmoniseront dans la personne du Christ et le Nouveau Testament cite souvent ces chapitres de Zacharie ou au moins y fait allusion, ainsi Mt 21.4-5 ; 27.9 (combiné avec Jérémie) ; Mt 26.31 = Mc 14.27 ; Jn 19.37.