Aujourd'hui, et à toutes les époques beaucoup était dit et est dit sur le droit du peuple juif sur la terre donnée à lui par Dieu. En effet: il sera clair à quiconque lira attentivement et sans parti pris la Bible, que la terre d'Israël appartient seulement à un peuple, le peuple de Dieu, que Dieu lui a donné … en possession? Comme une propriété inconditionnée? Et commence ici cette collision historique, dont pas mal est dit tout dans ces mêmes livres...
Aujourd'hui, et à toutes les époques beaucoup était dit et est dit sur le droit du peuple juif sur la terre donnée à lui par Dieu. En effet: il sera clair à quiconque lira attentivement et sans parti pris la Bible, que la terre d'Israël appartient seulement à un peuple, le peuple de Dieu, que Dieu lui a donné … en possession? Comme une propriété inconditionnée? Et commence ici cette collision historique, dont pas mal est dit tout dans ces mêmes livres bibliques. Déjà la Pentateuque nie au fait le droit absolu et non limité du peuple de Dieu sur la terre qui lui est donnée par Dieu. La Torah lie directement le droit du peuple à la possession de la terre à l'observation de l'union-alliance autrefois conclue avec Dieu.
Strictement parlant, il ne s’agit pas de la possession, mais du potentiel usage de manière illimitée, qui cependant peut être limité, jusqu'à la privation complète du peuple de la terre reçue de Dieu en cas de violation par ce peuple de l'union conclue. Mais le paradoxe de la situation consiste en ce que la terre donnée par Dieu à Son peuple pour usage, est désignée par Dieu Lui-même, comme la terre sainte. Et dans le sens général de la compréhension traditionnelle biblique de la sainteté, du saint, le saint consacré ne peut appartenir qu’à Dieu et à celui que Dieu a consacré, comme Il a consacré par Sa présence Son peuple. Seul le peuple consacré par Dieu peut posséder une terre sanctifiée par Dieu, seulement une telle unité du peuple et de la terre peut être spirituellement adéquate.
C’est pourquoi aucun autre peuple ne peut être le vrai maître de la terre préparée par Dieu pour Son peuple. Mais cela, bien sûr ne signifie pas en soi qu'elle ne peut pas s’avérer au pouvoir d’un quelconque autre peuple, tout comme toute autre terre dans le monde déchu, déchiré par les guerres et les luttes pour les territoires. Cependant cela ne peut se produire que si le peuple de Dieu viole les conditions de l'union conclue avec Dieu et cesse d'être le peuple de Dieu dans cette mesure, qu’il la viole. Bien sûr Dieu ne se détourne pas de Son peuple, même lorsque le peuple se détourne de son Dieu.
Mais il perd le droit à la sainteté, et dans la limite la perte d'un tel droit signifie la destruction du Temple — la maison de Dieu, consacrée par Dieu Lui-même, — et la perte de la terre, cette expulsion, que le prophète rappelle à ses compatriotes. Et alors la terre se déserte : car Dieu ne peut pas la donner à un autre peuple, et Son propre peuple n'est pas prêt spirituellement pour être vraiment son vrai maître et dépositaire. La terre se transforme en désert et attend son heure. Attend, lorsque le peuple destiné à elle par Dieu sera de nouveau digne de celle-ci.
1 w) Novembre 518.
2 x) Cet Israélite, grand officier du roi (rab-mugi ; cf. Jr 39.3, 13), porte un nom babylonien. Mais le texte n’est pas sûr et on peut aussi comprendre « Béthel envoya Sar-Eçèr, Regem-Melèk et ses gens pour apaiser... ».
3 y) Ce jeûne de juillet commémorait la destruction de Jérusalem et du Temple en 587. Depuis qu’on a commencé à rebâtir, il semble hors de saison. D’où la question posée à l’autorité de Jérusalem. La réponse paraît n’être donnée qu’en 8.18-19.
4 z) Cet oracle a été rattaché artificiellement à l’épisode de l’ambassade de Béthel, à cause de la mention des jeûnes, v. 5. Le jeûne de septembre commémorait l’assassinat de Godolias, 2 R 25.25 ; Jr 41.1s.
6 a) Qu’ils jeûnent ou qu’ils festoient, c’est toujours leur intérêt, qu’ils cherchent.
Le livre de Zacharie se compose de deux parties bien distinctes : 1-8 et 9-14. Après une introduction, datée d’octobre-novembre 520, deux mois après la première prophétie d’Aggée, le livre rapporte huit visions du prophète datées de février 519, 1.7 – 6.8, suivies du couronnement symbolique de Zorobabel (les réviseurs ont substitué le nom du grand prêtre Josué lorsque se fut évanoui l’espoir qu’on avait mis en Zorobabel et que le sacerdoce détint tout le pouvoir), 6.9-14. Le chap. 7 fait un retour sur le passé national et le chap. 8 ouvre des perspectives de salut messianique, l’un et l’autre à propos d’une question sur le jeûne, posée en novembre 518.
Cet ensemble bien daté et de pensée homogène est certainement authentique ; il porte cependant les marques d’une révision, faite par le prophète lui-même ou par ses disciples. Par exemple, les annonces universalistes de 8.20-23 ont été ajoutées après 8.18-19 qui est une conclusion.
Comme Aggée, Zacharie se préoccupe de la reconstruction du Temple. Mais il fait une part plus large à la restauration nationale et à ses exigences de pureté et de moralité, et l’attente eschatologique est plus pressante. Cette restauration doit ouvrir une ère messianique où le sacerdoce représenté par Josué sera exalté, 3.1-7, mais où la royauté sera exercée par le « Germe », 3.8, terme messianique que 6.12 applique à Zorobabel. Les deux Oints, 4.14, gouverneront en parfait accord, 6.13. Ainsi Zacharie fait renaître la vieille idée du messianisme royal mais l’associe aux préoccupations sacerdotales d’Ézéchiel, dont l’influence se marque sur bien des points : rôle prépondérant des visions, tendance apocalyptique, souci de la pureté. Les mêmes traits et la part faite aux anges préludent à Daniel.
La deuxième partie, 9-14, qui s’ouvre d’ailleurs par un nouveau titre, 9.1, est toute différente. Les pièces sont sans date et anonymes. Il n’est plus question ni de Zacharie, ni de Josué, ni de Zorobabel, ni de la construction du Temple. Le style est différent et fait un fréquent usage des livres antérieurs, surtout Jr et Ez. L’horizon historique n’est plus le même ; Assur et l’Égypte viennent comme les noms symboliques de tous les oppresseurs.
Ces chapitres ont très vraisemblablement été composés dans les dernières décennies du IVe siècle av. J.-C., après la conquête d’Alexandre. Malgré les efforts récemment renouvelés pour prouver leur unité, il faut admettre qu’ils sont disparates. On distingue deux sections introduites chacune par un titre, 9-11 et 12-14 ; la première est presque entièrement en vers, la seconde est presque entièrement en prose. On parle d’un Deutéro-Zacharie et d’un Trito-Zacharie. En fait ce sont deux collections elles-mêmes composites. La première utilise peut-être d’anciens morceaux poétiques, préexiliques, et se réfère à des faits d’histoire qu’il est difficile de préciser (l’application de 9.1-8 à la conquête d’Alexandre reste la plus vraisemblable). La seconde partie, 12-14, décrit en termes d’apocalypse les épreuves et les gloires de la Jérusalem des derniers temps. Mais l’eschatologie n’est pas absente de la première partie et certains thèmes se retrouvent dans les deux sections, ainsi celui des « pasteurs » du peuple, 10.2-3 ; 11.4-14 ; 13.7-9.
Cette partie du livre est importante surtout par sa doctrine messianique, d’ailleurs peu unifiée : relèvement de la maison de David, 12 Passim, attente d’un Roi messie humble et pacifique, 9.9-10, mais annonce mystérieuse du Transpercé, 12.10, théocratie guerrière, 10.3 – 11.3, mais aussi cultuelle à la manière d’Ézéchiel, 14. Ces traits s’harmoniseront dans la personne du Christ et le Nouveau Testament cite souvent ces chapitres de Zacharie ou au moins y fait allusion, ainsi Mt 21.4-5 ; 27.9 (combiné avec Jérémie) ; Mt 26.31 = Mc 14.27 ; Jn 19.37.