Le refus initial du Christ non seulement de guérir la jeune fille, mais même de répondre simplement à sa mère, paraît étrange. Nous nous sommes habitués au fait que, jusqu'ici, Il n'avait refusé la guérison à personne et prenait soin de tous, et soudain...
Le refus initial du Christ non seulement de guérir la jeune fille, mais même de répondre simplement à sa mère, paraît étrange. Nous nous sommes habitués au fait que, jusqu'ici, Il n'avait refusé la guérison à personne et prenait soin de tous, et soudain Il réagit ainsi simplement parce que celle qui L'a sollicité est une païenne.
Aujourd'hui, nous sommes enclins à considérer avec neutralité l'appartenance de quiconque au monde païen, et lorsqu'il s'agit de relations humaines, il doit en être ainsi. Mais ici, il est question de délivrer la jeune fille d'influences spirituelles négatives qui avaient provoqué sa possession. Or, dans leur pratique religieuse quotidienne, les païens s'adressaient constamment aux puissances spirituelles inférieures. On peut se rappeler les paroles du Christ sur ce qui arrive lorsque des démons chassés reviennent dans une âme laissée vide, car les païens qui n'adorent pas le Dieu d'Israël peuvent fort bien les laisser rentrer. Dans de telles circonstances, chasser les esprits impurs n'a aucun sens.
Mais l'humble demande de miettes formulée par la païenne témoigne de la force de l'amour maternel qui surmonte les préjugés enracinés. Après cet humble aveu, qui montre en substance qu'elle s'approche de la foi, Jésus vient à sa rencontre. Même les quelques miettes de foi de la Cananéenne ont suffi pour que sa fille reçoive non pas des miettes de la table, mais le don dans sa plénitude.