Qu’est-ce que la vie familiale ? Quelle est la mesure de la participation de chacun des époux ? Des personnes différentes répondent à cette question différemment, et l’on trouverait difficilement deux familles absolument identiques. Sur le thème des relations familiales, on a écrit tant de littérature psychologique et religieuse qu’aujourd’hui on pourrait déjà s’y noyer. Pourtant, il ne semble pas que les problèmes familiaux en soient devenus moins nombreux.
Peut-être parce que, dans ces livres, et souvent même dans les livres religieux, il est question du mariage comme de l’union de deux personnes. Or en réalité il n’est jamais l’union de deux personnes. C’est toujours l’union de trois. Une union à laquelle Dieu participe comme troisième, que les époux pensent à Lui ou non. Et même qu’ils sachent ou non qu’Il y participe. À cet égard, la vie familiale rappelle la vie humaine en général : nous devenons des hommes grâce à ce souffle de vie que Dieu insuffle en nous lors de la conception, mais nous pouvons très bien vivre toute notre vie sans jamais nous souvenir de Dieu. Dieu ne s’impose pas. Il ne nous rappellera pas Sa présence si nous ne voulons pas nous-mêmes nous souvenir de Lui.
Et si nous nous souvenons de Lui, il nous faudra aussi réfléchir à la place que nous sommes prêts à Lui donner dans notre vie. Cela concerne pleinement la vie familiale et conjugale, tout comme la vie en général. Plus il y a dans notre vie de volonté propre, moins il y a de place pour Dieu avec Ses plans et Ses desseins. Et moins Il peut, par conséquent, influencer notre vie. Dans notre vie, Dieu ne peut faire quelque chose qu’avec notre accord. Il y a aussi des choses que Lui seul peut y faire. Dans ce cas, il ne nous reste qu’à nous mettre de côté, en Lui cédant le champ d’action. Cela concerne pleinement la naissance du Messie. Il devait naître libre du pouvoir de ce péché qui est entré dans le monde avec la chute.
La nature humaine, si elle avait été dirigée ne serait-ce qu’un peu par une volonté humaine, n’aurait pu ici que gâcher l’affaire. Il fallait la remettre entièrement au pouvoir de la volonté de Dieu. Lui seul pouvait résoudre cette tâche suprême. De Marie, il n’était demandé qu’un seul « oui », après lequel Son corps n’était déjà plus en Son pouvoir : il devenait le lieu de l’action de ce souffle de Dieu auquel tout est soumis, même le péché originel.
Et de Joseph, père adoptif du Messie, il n’était demandé qu’une seule chose : être là et ne pas entraver cette action. Il en va ainsi de toute conception : Dieu y participe toujours, manifestant Sa présence et Son action autant que les futurs parents Le Lui permettent. Des parents dépend la mesure dans laquelle leur enfant appartiendra à Dieu. Le Messie devait appartenir absolument à Dieu. Et la possibilité de Sa naissance dans le monde s’est trouvée liée non seulement au « oui » que Marie dit à Dieu, mais aussi au « oui » que Joseph dit à l’ange de Dieu. Joseph qui, grâce à ce « oui », devint le père adoptif du Messie.