Bible-Centre

Lectures orthodoxes pour le 14 novembre 2018

La Bible de Jérusalem (fr)

2 Thessaloniciens, Chapitre 2,  vers 1-12

1 La Venue du Seigneur et ce qui la précédera.
Nous vous le demandons, frères, à propos de la Venue de notre Seigneur Jésus Christ et de notre rassemblement auprès de lui,
ne vous laissez pas trop vite mettre hors de sens ni alarmer par des manifestations de l’Esprit, des paroles ou des lettres données comme venant de nous, et qui vous feraient penser que le Jour du Seigneur est déjà là.
Que personne ne vous séduise d’aucune manière.
Auparavant doit venir l’apostasie et se révéler l’Homme impie, l’Être perdu,
l’Adversaire, celui qui s’élève au-dessus de tout ce qui porte le nom de Dieu ou reçoit un culte, allant jusqu’à s’asseoir en personne dans le sanctuaire de Dieu, se produisant lui-même comme Dieu.
Vous vous rappelez, n’est-ce pas, que quand j’étais encore près de vous je vous disais cela.
Et vous savez ce qui le retient maintenant, de façon qu’il ne se révèle qu’à son moment.
Dès maintenant, oui, le mystère de l’impiété est à l’œuvre. Mais que seulement celui qui le retient soit d’abord écarté.
Alors l’Impie se révélera, et le Seigneur le fera disparaître par le souffle de sa bouche, l’anéantira par la manifestation de sa Venue.
Sa venue à lui, l’Impie, aura été marquée, par l’influence de Satan, de toute espèce d’œuvres de puissance, de signes et de prodiges mensongers,
10 comme de toutes les tromperies du mal, à l’adresse de ceux qui sont voués à la perdition pour n’avoir pas accueilli l’amour de la vérité qui leur aurait valu d’être sauvés.
11 Voilà pourquoi Dieu leur envoie une influence qui les égare, qui les pousse à croire le mensonge,
12 en sorte que soient condamnés tous ceux qui auront refusé de croire la vérité et pris parti pour le mal.
Notes:
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Notes sur la partie

1 g) Voir la description de 1 Th 4.13-5. Il refusait de prévoir la date de la Parousie. Répondant sans doute à de nouvelles questions fondées sur une mauvaise interprétation de 1 Th 5.2, Paul ne revient pas ici sur le sort des vivants et des morts il se borne à préciser que le Retour n’est pas imminent et sera précédé de signes reconnaissables.


3 h) Le danger de tromperie à ce sujet est un des thèmes récurrents de l’apocalyptique du NT, Mc 13.5s ; Lc 21.8s ; Ap 13.13s ; 20.7.


3 i) L’apostasie est nommée comme déjà connue. Au contenu général du mot (sécession, défection) il faut donner une valeur religieuse, Ac 5.37 ; 21.21 ; He 3.12. À ceux qui n’ont jamais appartenu au Christ, il se peut que soient joints ceux qui se laisseront détourner de la foi, cf. 1 Tm 4.1 ; 2 Tm 3.1 ; 4.3s, etc.


4 j) L’apostasie sera causée par un personnage qui porte trois noms et se présente, jusqu’au v. 5a, comme le grand ennemi de Dieu. Il est l’Impie par excellence, litt. « l’homme de l’impiété » (var. « l’homme du péché ») l’être voué à sa perte, litt. « le fils de la perdition » v. 10 ; Jn 17.12 ; cf. 1 Th 5.5 ; l’adversaire de Dieu, décrit ici en termes inspirés de Dn 11.36 (où il s’agit d’Antiochus Épiphane). Dans la tradition chrétienne, influencée par Daniel, cet Adversaire recevra le nom d’Antichrist. cf. 1 Jn 2.18 ; 4.3 ; 2 Jn 7. Il apparaît comme un être personnel, qui se révélera à la fin des temps (tandis que Satan, dont il est l’instrument, agit dès maintenant dans « le mystère », v. 7), exerçant contre les croyants un pouvoir persécuteur et séducteur. Cf. Mt 24.24 ; Ap 13.1-8, pour la grande épreuve dernière à laquelle mettra fin le retour du Christ.


6 k) Paul attribue le retard de la Parousie à quelque chose (v. 6) ou quelqu’un (v. 7) qui « retient », une force ou une personne qui empêche la manifestation de l’Antichrist (laquelle doit précéder la Parousie). L’allusion devait être comprise des destinataires de la lettre, mais pour nous elle reste une énigme, malgré les nombreuses explications qui ont été proposées.


7 l) Jusqu’au moment de la « révélation » finale, le mystère de l’impiété est à l’œuvre et c’est de cette activité que résulte l’apostasie. L’obstacle une fois écarté, l’Impie travaillera au grand jour.


8 m) L’Impie se révèle, vv. 6, 8, face à la Révélation du Seigneur, 1.7 ; 1 Co 1.7, de même que sa Parousie, v. 9, se dresse en face de celle du Seigneur, v. 8. L’Anti-Dieu devient l’Anti-Christ. Mais il ne fait pas de doute que le Seigneur aura raison de son ennemi.


8 n) Add. « Jésus ».


9 o) L’impie sert d’instrument à l’action de Satan, cf. 1 Th 2.18, qui lui communique son pouvoir surhumain, un peu comme l’Esprit du Christ se communique aux chrétiens. Cf. le Dragon et la Bête, Ap 13.2, 4.


12 p) Le contraste se poursuit entre les croyants et les rebelles. Mensonge et vérité n’ont pas ici une valeur purement intellectuelle, mais un sens religieux qui engage la vie et les œuvres, cf. Jn 8.32, 44 ; 1 Jn 3.19.


2 Th présente de frappantes ressemblances littéraires avec 1 Th, au point que des critiques y ont vu l’œuvre d’un faussaire qui se serait inspiré de saint Paul en imitant son style. Mais on ne voit guère le motif d’un tel faux, et il est plus simple de penser que l’Apôtre lui-même, voulant corriger certains éléments mal compris de son enseignement eschatologique 1 Th 5.2, 9, a écrit cette deuxième lettre en reprenant des formules de la première. Les deux écrits ne se contredisent pas mais se complètent ; et leur authenticité est également bien attestée par l’ancienne tradition de l’Église.

Outre leur intérêt de présenter déjà en germe bien des thèmes que reprendront les épîtres ultérieures, celles-ci sont importantes surtout par leur doctrine sur l’eschatologie. En cette étape ancienne de son apostolat, la pensée de l’Apôtre apparaît toute centrée sur la résurrection du Christ et sur sa venue en gloire qui apportera le salut à ceux qui auront cru en lui, fussent-ils déjà morts, 1 Th 4.13-18. Cette venue glorieuse, il la décrit selon les traditions de l’apocalyptique juive et du christianisme primitif (discours eschatologique des Synoptiques, surtout de Mt). Conformément aux enseignements de Jésus, tantôt il insiste sur l’imminence imprévisible de cette venue qui requiert la vigilance, 1 Th 5.1-11, au point de donner l’impression que lui et eux la verront de leur vivant, 1 Th 4.17, tantôt il calme ses fidèles agités par cette perspective, en leur rappelant que le Jour n’est pas encore arrivé et doit être précédé de certains signes, 2 Th 2.1-12. Ceux-ci ne sont plus aussi clairs pour nous qu’ils devaient l’être pour les lecteurs. Il semble que Paul conçoive l’Antichrist comme un individu réservé pour la fin des temps. Quant à l’obstacle « qui le retient présentement », 2 Th 2.6, certains interprètes y ont vu l’Empire romain, d’autres la prédication évangélique, et la chose reste incertaine.

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Luc, Chapitre 11,  vers 42-46

IV. La montée vers Jérusalem> 23 Intransigeance de Jésus., 37 Contre les Pharisiens et les légistes.
42 Mais malheur à vous, les Pharisiens, qui acquittez la dîme de la menthe, de la rue et de toute plante potagère, et qui délaissez la justice et l’amour de Dieu ! Il fallait pratiquer ceci, sans omettre cela.
43 Malheur à vous, les Pharisiens, qui aimez le premier siège dans les synagogues et les salutations sur les places publiques !
44 Malheur à vous, qui êtes comme les tombeaux que rien ne signale et sur lesquels on marche sans le savoir ! »
45 Prenant alors la parole, un des légistes lui dit : « Maître, en parlant ainsi, tu nous outrages, nous aussi ! »
46 Alors il dit : « À vous aussi, les légistes, malheur, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter et vous-mêmes ne touchez pas à ces fardeaux d’un seul de vos doigts !
Lire la suite:Luc, Chapitre 11
Notes:
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Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

44 t) Contractant ainsi une impureté rituelle, Nb 19.16.


Le mérite particulier du troisième évangile lui vient de la personnalité très attachante de son auteur, qui y transparaît sans cesse. Saint Luc est un écrivain de grand talent et une âme délicate. Il a mené son œuvre de façon originale, avec un souci d’information et d’ordre, 1.3. Ce n’est pas à dire qu’il ait pu donner aux matériaux reçus de la tradition un arrangement plus «sp;historique » que Matthieu et Marc ; son respect des sources et sa façon de les juxtaposer ne le lui permettaient pas. Son plan reprend les grandes lignes de celui de Marc avec quelques transpositions, ou omissions. Des épisodes sont déplacés, 3.19-20 ; 4.16-30 ; 5.1-11 ; 6.12-19 ; 22.31-34, etc., tantôt par soucis de clarté et de logique, tantôt par influence d’autres traditions, parmi lesquelles il faut noter celle qui se reflète également dans le quatrième évangile. D’autres épisodes sont omis, soit comme moins intéressants pour les lecteurs païens, cf. Mc 12.28-34, à comparer Lc 10.25-28. On remarquera surtout l’absence d’un correspondant à Mc 6.45-8.26. La différence la plus notable par rapport au deuxième évangile est la longue section médiane 9.51-18.14, qui est présentée sous la forme d’une montée vers Jérusalem à l’aide de notations répétées, 9.51 ; 13.22 ; 17.11, cf. Mc 10.1, et où l’on verra moins le souvenir réel de différents voyages que l’insistance voulue sur une idée théologique chère à Luc : la Ville sainte est le lieu où doit s’accomplir le salut 9.31 ; 13.33 ; 18.31 ; 19.11, c’est là que l’Évangile a commencé, 1.5s, et c’est là qu’il doit finir, 24.52s – par des apparitions et des entretiens qui n’ont pas lieu en Galilée, 24.13-51 ; et comp. 24.6 avec Mc 16.7, Mt 28.7, 16-20 – car c’est de là que doit partir l’évangélisation du monde, 24.47 ; Ac 1.8. Dans un sens plus large, c’est la montée de Jésus (et du chrétien) vers Dieu.

D’autres traits littéraires de Luc sont l’emploi des genres du symposium, 7.36-50 ; 11.37-54 ; 14.1-24, et du discours des adieux, 22.14-38, son goût des parallèles (Jean le Baptiste et Jésus, 1.5-2.52) et des inclusions, et le schéma promesse-accomplissement qui ponctue son récit.

Si l’on poursuit dans le détail la comparaison de Luc avec Marc et Matthieu, on observe sur le vif l’activité toujours en éveil d’un écrivain qui excelle à présenter les choses d’une façon qui lui est propre, évitant ou atténuant ce qui peut froisser sa sensibilité ou celle de ses lecteurs (8.43 comp. Mc 5.26 om. Mc 9.43-48 ; 13.32, etc.), ou bien leur être peu compréhensible (om. Mc 4.13 ; 8.32s ; 9.28s ; 14.50) ou les excluant (Lc 9.45 ; 18.24 ; 22.45), interprétant les termes obscurs (6.15) ou précisant la géographie (4.31 ; 19.28s, 37 ; 23.51), etc. Par ces nombreuses et fines touches, et surtout par le riche apport dû à son enquête personnelle, Luc nous livre les réactions et les tendances de son âme ; ou plutôt, par le moyen de cet instrument de choix, l’Esprit-Saint nous présente le message évangélique d’une façon originale, riche de doctrine. Il s’agit moins d’ailleurs de grandes thèses théologiques (les idées maîtresses sont les mêmes que chez Marc et Matthieu) que d’une psychologie religieuse où l’on trouve, mêlées à une influence très discrète de son maître Paul, les inclinations propres au tempérament de Luc. En vrai « scriba mansuetudinis Christi » (Dante), il aime à souligner la miséricorde de son Maître pour les pécheurs, 15.1s, 7, 10, et à raconter des scènes de pardon, 7.36-50 ; 15.11-32 ; 19.1-10 ; 23.34, 39-43. Il insiste volontiers sur la tendresse de Jésus pour les humbles et les pauvres, tandis que les orgueilleux et les riches jouisseurs sont sévèrement traités, 1.51-53 ; 6.20-26 ; 12.13-21 ; 14.7-11 ; 16.15, 19-31 ; 18.9-14. Cependant même la juste condamnation ne se fera qu’après les délais patients de la miséricorde, 13.6-9 ; comp. Mc 11.12-14. Il faut seulement qu’on se repente, qu’on se renonce, et ici la générosité exigeante de Luc tient à répéter l’exigences d’un détachement décidé et absolu, 14.25-34, notamment par l’abandon des richesses, 6.34s ; 12.33 ; 16.9-13. On notera encore les passages propres au troisième évangile sur la nécessité de la prière, 11.5-8 ; 18.1-8, et sur l’exemple qu’en a donné Jésus, 3.21 ; 5.16 ; 6.12 ; 9.28. Enfin, comme chez saint Paul et dans les Actes, l’Esprit Saint occupe une place de premier plan que Luc seul souligne en 1.15, 35, 41, 67 ; 2.25-27 ; 4.1, 14, 18 ; 10.21 ; 11.13 ; 24.49. Ceci, avec l’atmosphère de reconnaissance pour les bienfaits divins et d’allégresse spirituelle, qui enveloppe tout le troisième évangile, 2.14 ; 5.26 ; 10.17 ; 13.17 ; 18.43 ; 19.37 ; 24.51s, achève de donner à l’œuvre de Luc cette ferveur qui touche et réchauffe le cœur.

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