Ephesians, Chapter 2, verses 12-22
10 he declareth, that we are made for good works, 13 and being brought near by Christ, should not live as Gentiles and foreigners in time past, 19 but as citizens with the saints, and the family of GodLuke, Chapter 12, verses 35-38
33 give alms, 36 be ready at a knock to open to our Lord whensoever he cometh12
12:35 Let your loins be girt - An allusion to the long garments, worn by the eastern nations, which they girded or tucked up about their loins, when they journeyed or were employed in any labour: as also to the lights that servants used to carry at weddings, which were generally in the night.
12:37 He will come and serve them - The meaning is, he will show them his love, in the most condescending and tender manner.
12:38 The Jews frequently divided the night into three watches, to which our Lord seems here to allude.
Le mérite particulier du troisième évangile lui vient de la personnalité très attachante de son auteur, qui y transparaît sans cesse. Saint Luc est un écrivain de grand talent et une âme délicate. Il a mené son œuvre de façon originale, avec un souci d’information et d’ordre, 1.3. Ce n’est pas à dire qu’il ait pu donner aux matériaux reçus de la tradition un arrangement plus «sp;historique » que Matthieu et Marc ; son respect des sources et sa façon de les juxtaposer ne le lui permettaient pas. Son plan reprend les grandes lignes de celui de Marc avec quelques transpositions, ou omissions. Des épisodes sont déplacés, 3.19-20 ; 4.16-30 ; 5.1-11 ; 6.12-19 ; 22.31-34, etc., tantôt par soucis de clarté et de logique, tantôt par influence d’autres traditions, parmi lesquelles il faut noter celle qui se reflète également dans le quatrième évangile. D’autres épisodes sont omis, soit comme moins intéressants pour les lecteurs païens, cf. Mc 12.28-34, à comparer Lc 10.25-28. On remarquera surtout l’absence d’un correspondant à Mc 6.45-8.26. La différence la plus notable par rapport au deuxième évangile est la longue section médiane 9.51-18.14, qui est présentée sous la forme d’une montée vers Jérusalem à l’aide de notations répétées, 9.51 ; 13.22 ; 17.11, cf. Mc 10.1, et où l’on verra moins le souvenir réel de différents voyages que l’insistance voulue sur une idée théologique chère à Luc : la Ville sainte est le lieu où doit s’accomplir le salut 9.31 ; 13.33 ; 18.31 ; 19.11, c’est là que l’Évangile a commencé, 1.5s, et c’est là qu’il doit finir, 24.52s – par des apparitions et des entretiens qui n’ont pas lieu en Galilée, 24.13-51 ; et comp. 24.6 avec Mc 16.7, Mt 28.7, 16-20 – car c’est de là que doit partir l’évangélisation du monde, 24.47 ; Ac 1.8. Dans un sens plus large, c’est la montée de Jésus (et du chrétien) vers Dieu.
D’autres traits littéraires de Luc sont l’emploi des genres du symposium, 7.36-50 ; 11.37-54 ; 14.1-24, et du discours des adieux, 22.14-38, son goût des parallèles (Jean le Baptiste et Jésus, 1.5-2.52) et des inclusions, et le schéma promesse-accomplissement qui ponctue son récit.
Si l’on poursuit dans le détail la comparaison de Luc avec Marc et Matthieu, on observe sur le vif l’activité toujours en éveil d’un écrivain qui excelle à présenter les choses d’une façon qui lui est propre, évitant ou atténuant ce qui peut froisser sa sensibilité ou celle de ses lecteurs (8.43 comp. Mc 5.26 om. Mc 9.43-48 ; 13.32, etc.), ou bien leur être peu compréhensible (om. Mc 4.13 ; 8.32s ; 9.28s ; 14.50) ou les excluant (Lc 9.45 ; 18.24 ; 22.45), interprétant les termes obscurs (6.15) ou précisant la géographie (4.31 ; 19.28s, 37 ; 23.51), etc. Par ces nombreuses et fines touches, et surtout par le riche apport dû à son enquête personnelle, Luc nous livre les réactions et les tendances de son âme ; ou plutôt, par le moyen de cet instrument de choix, l’Esprit-Saint nous présente le message évangélique d’une façon originale, riche de doctrine. Il s’agit moins d’ailleurs de grandes thèses théologiques (les idées maîtresses sont les mêmes que chez Marc et Matthieu) que d’une psychologie religieuse où l’on trouve, mêlées à une influence très discrète de son maître Paul, les inclinations propres au tempérament de Luc. En vrai « scriba mansuetudinis Christi » (Dante), il aime à souligner la miséricorde de son Maître pour les pécheurs, 15.1s, 7, 10, et à raconter des scènes de pardon, 7.36-50 ; 15.11-32 ; 19.1-10 ; 23.34, 39-43. Il insiste volontiers sur la tendresse de Jésus pour les humbles et les pauvres, tandis que les orgueilleux et les riches jouisseurs sont sévèrement traités, 1.51-53 ; 6.20-26 ; 12.13-21 ; 14.7-11 ; 16.15, 19-31 ; 18.9-14. Cependant même la juste condamnation ne se fera qu’après les délais patients de la miséricorde, 13.6-9 ; comp. Mc 11.12-14. Il faut seulement qu’on se repente, qu’on se renonce, et ici la générosité exigeante de Luc tient à répéter l’exigences d’un détachement décidé et absolu, 14.25-34, notamment par l’abandon des richesses, 6.34s ; 12.33 ; 16.9-13. On notera encore les passages propres au troisième évangile sur la nécessité de la prière, 11.5-8 ; 18.1-8, et sur l’exemple qu’en a donné Jésus, 3.21 ; 5.16 ; 6.12 ; 9.28. Enfin, comme chez saint Paul et dans les Actes, l’Esprit Saint occupe une place de premier plan que Luc seul souligne en 1.15, 35, 41, 67 ; 2.25-27 ; 4.1, 14, 18 ; 10.21 ; 11.13 ; 24.49. Ceci, avec l’atmosphère de reconnaissance pour les bienfaits divins et d’allégresse spirituelle, qui enveloppe tout le troisième évangile, 2.14 ; 5.26 ; 10.17 ; 13.17 ; 18.43 ; 19.37 ; 24.51s, achève de donner à l’œuvre de Luc cette ferveur qui touche et réchauffe le cœur.

2
2:12 Were at that time without Christ - Having no faith in, or knowledge of, him. Being aliens from the commonwealth of Israel - Both as to their temporal privileges and spiritual blessings. And strangers to the covenants of promise - The great promise in both the Jewish and Christian covenant was the Messiah. Having no hope - Because they had no promise whereon to ground their hope. And being without God - Wholly ignorant of the true God, and so in effect atheists. Such in truth are, more or less, all men, in all ages, till they know God by the teaching of his own Spirit. In the world - The wide, vain world, wherein ye wandered up and down, unholy and unhappy.
2:13 Far off - From God and his people. Nigh - Intimately united to both.
2:14 For he is our peace - Not only as he purchased it, but as he is the very bond and centre of union. He who hath made both - Jews and gentiles, one church. The apostle describes,
- The conjunction of the gentiles with Israel, Eph 2:14-15. And,
- The conjunction of both with God, Eph 2:15-18.
Each description is subdivided into two parts. And the former part of the one, concerning abolishing the enmity, answers the former part of the other; the latter part of the one, concerning the evangelical decrees, the latter part of the other. And hath broken down the middle wall of partition - Alluding to that wall of old, which separated the court of Israel from the court of the gentiles. Such a wall was the ceremonial law, which Christ had now taken away.2:15 Having abolished by his suffering in the flesh the cause of enmity between the Jews and gentiles, even the law of ceremonial commandments, through his decrees - Which offer mercy to all; see Col 2:14.That he might form the two - Jew and gentile. Into one new man - one mystical body.
2:16 In one body - One church. Having slain - By his own death on the cross. The enmity - Which had been between sinners and God.
2:17 And he came - After his resurrection. And preached peace - By his ministers and his Spirit. To you - Gentiles. That were afar off - At the utmost distance from God. And to them that were nigh - To the Jews, who were comparatively nigh, being his visible church.
2:18 For through him, we both - Jews and gentiles. Have access - Liberty of approaching, by the guidance and aid of one Spirit toGod as our Father. Christ, the Spirit, and the Father, the three - one God, stand frequently in the same order.
2:19 Therefore ye are no longer strangers, but citizens of the heavenly Jerusalem; no longer foreigners, but received into the very family of God.
2:20 And are built upon the foundation of the apostles and prophets - As the foundation sustains the building, so the word of God, declaredby the apostles and prophets, sustains the faith of all believers.God laid the foundation by them; but Christ himself is the chief corner - stone of the foundation. Elsewhere he is termed the foundation itself, Co1 3:11.
2:21 On whom all the building fitly framed together - The whole fabric of the universal church rises up like a great pile of living materials.Into an holy temple in the Lord - Dedicated to Christ, and inhabited by him, in which he displays his presence, and is worshipped and glorified.What is the temple of Diana of the Ephesians, whom ye formerly worshipped, to this?
12 a) Sans messie.
12 b) Les alliances successives que Dieu a conclues avec Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, David, etc., cf. Gn 12.1 ; 15.1 ; Ex 19.1 ; Lv 26.42, 45 ; Si 44-45 ; Sg 18.22 ; 2 M 8.15 ; Rm 9.4, et qui contenaient la promesse du salut messianique.
12 c) L’espérance messianique, jadis réservée à Israël, 1.12.
12 d) Les païens avaient beaucoup de dieux, mais non le Dieu vrai et unique, 1 Co 8.5s.
13 e) C’est la Croix de Jésus qui a opéré ce rapprochement d’abord des Juifs et des païens, vv. 14-15, ensuite d’eux tous avec le Père, vv. 16-18.
14 f) L’auteur parle, de façon abstraite, de la fusion des juifs et des Gentils réalisée par le Christ.
14 g) La haine réciproque des juifs et des Gentils est symbolisée par la barrière qui, dans le Temple de Jérusalem, excluait les Gentils des parties spécifiquement religieuses, ne leur autorisant que les cours extérieures.
15 h) Cet « Homme Nouveau » est le prototype de la nouvelle humanité que Dieu a recréée (cf. 2 Co 5.17) en la personne du Christ ressuscité, comme en un « second Adam », 1 Co 15.45, après avoir tué en lui, sur la Croix, la race du premier Adam corrompue par le péché, cf. Rm 5.12s ; 8.3 ; 1 Co 15.21. Créé « dans la justice et la sainteté de la vérité », 4.24, il est « unique », car en lui disparaissent toutes les divisions des hommes, Col 3.10s ; Ga 3.27s.
16 i) Ce Corps unique est d’abord le corps individuel et physique du Christ, sacrifié sur la Croix, Col 1.22, mais c’est aussi son Corps « mystique » où se groupent tous les membres enfin réconciliés, 1 Co 12.12.
17 j) Par ses apôtres, qui ont prêché en son nom l’Évangile du salut et de la paix.
18 k) Cet Esprit unique qui anime le Corps unique du Christ uni à son Église, c’est le Saint Esprit, qui a transformé son corps ressuscité et de là se déverse sur ses membres. La structure trinitaire est répétée au v. 22.
19 l) Après avoir décrit l’œuvre de rapprochement opérée par le Christ, vv. 14-18, Paul fait répondre au tableau des vv. 11-13 un tableau antithétique, vv. 19-22, de l’état nouveau des païens.
20 m) Plutôt que des prophètes de l’Ancien Testament, il s’agit ici de ceux du Nouveau Testament, 3.5 ; 4.11 ; Ac 11.27. Ils constituent, avec les apôtres, la génération des premiers témoins qui ont reçu la révélation du plan divin, 3.5, et qui ont prêché l’Évangile, cf. Lc 11.49 ; Mt 23.34 ; 10.41. Ils sont donc comme le fondement sur lequel s’édifie l’Église. Ce rôle de fondement est aussi attribué au Christ lui-même, 1 Co 3.10s.
21 n) « toute »; var. « toute la ».
Voir « Les Épîtres de Saint Paul » en introduction de « l’épître aux Romains ».
Les épîtres aux Éphésiens et aux Colossiens forment un groupe bien homogène : même mission de Tychique en Col 4.7s et Ep 6.21s ; frappantes ressemblances de style et de doctrine entre Col et Ep. Paul est encore prisonnier, Phm 1, 9s, 13, 23 ; Col 4.3, 10, 18 ; Ep 3.1 ; 4.1 ; 6.20, et cette fois tout suggère Rome comme lieu de sa captivité (de 61 à 63) plutôt que Césarée où l’on s’expliquerait mal la présence de Marc ou d’Onésime, et qu’Éphèse où Luc ne paraît pas avoir été aux côtés de Paul. D’ailleurs le changement du style et le progrès de la doctrine requièrent une certaine distance entre Col, Ep et les « grandes épîtres » Co, Ga, Rm. Une crise est survenue dans l’intervalle : de Colosses, que Paul n’a pas évangélisée lui-même, Col 1.4 ; 2.1, son représentant apostolique Épaphras, 1.7, est venu lui apporter des informations alarmantes. Aussitôt alerté, Paul répond par l’épître aux Colossiens qu’il confie à Tychique. Mais la réaction suscitée en son esprit par le nouveau péril a produit un approfondissement de sa pensée et, de même que Rm lui avait servi à mettre en ordre les idées jaillies dans Ga, de même il écrit cette fois encore une autre épître, pratiquement contemporaine de Col, où il organise sa doctrine en fonction du nouveau point de vue que vient de lui imposer la polémique. Cette admirable synthèse est notre épître « aux Éphésiens ». Une telle dénomination, qui n’est même pas textuellement garantie, cf. Ep 1.1, pourrait faire illusion. En fait, Paul ne s’adresse pas aux fidèles d’Éphèse, qu’il a fréquentés durant trois ans, Ep 1.15 ; 3.2-4, mais plutôt aux croyants en général, et plus particulièrement aux communautés de la vallée du Lycus parmi lesquelles il fait circuler sa lettre, Col 4.16.
L’interprétation dont nous venons de donner les grandes lignes respecte la tradition qui attribue Col et Ep à Paul et garde une forte probabilité. Mais depuis le milieu du XIXe siècle, l’authenticité de ces deux épîtres a été contestée. Le style lourd et répétitif semble à certains n’être pas paulinien ; les idées théologiques, particulièrement celles qui concernent le Corps du Christ, le Christ, Tête du corps et l’Église universelle ne sont pas les mêmes que dans les lettres précédentes, les erreurs combattues sont postérieures à Paul et appartiennent plutôt au gnosticisme du IIe siècle. Ces objections méritent d’être prises au sérieux. Elles sont formulées par de nombreux critiques y compris catholiques. Mais elles ne sont pas irréfutables. En fait, en ce qui concerne Col, on penche plutôt à présent en faveur de l’authenticité – et cela pour de bonnes raisons. Car non seulement on y retrouve ses idées fondamentales, mais les idées nouvelles s’expliquent de façon satisfaisante par les circonstances rapportées plus haut. La même chose peut se dire pour Ep mais là, le doute subsiste. Parmi les arguments en faveur de l’authenticité paulinienne, on note : 1° Ep est l’œuvre d’un auteur doué d’une pensée créatrice, non de quelqu’un qui utilise la pensée d’un autre. 2° Le style lent, riche, voire pesant de Col et Ep qui contraste tant avec les discussions rapides, heurtées des lettres antérieures peut s’expliquer par le fait que Paul ouvrait là de nouveaux et larges horizons. 3° Le style des lettres antérieures n’est lui-même pas totalement cohérent et on peut trouver deux exemples de ce style tardif, contemplatif et quasi liturgique en Rm 3.23-26 et 2 Co 9.8-14. La seule véritable difficulté vient de ce qu’en plusieurs passages Ep semble emprunter des phrases à Col de manière servile et parfois maladroite mais cela peut venir du fait que Paul n’était pas habitué à composer intégralement ses lettres et qu’il peut dans le cas présent avoir permis à un disciple de jouer une part plus grande que d’habitude. Mais il faut reconnaître que les phénomènes notés en 2 et 3 s’expliqueraient plus facilement par l’hypothèse d’un auteur qui ne serait pas Paul si un tel auteur existe, qui fût un penseur au génie créateur semblable à celui de Paul, et qui, en même temps, acceptât d’emprunter servilement des phrases entières à d’autres lettres pauliniennes. La difficulté qu’il y a à postuler un être aussi hybride que l’auteur d’Éphésiens est l’un des principaux facteurs qui ont poussé certains critiques à supposer que Colossiens, d’où sont tirées la plupart des phrases empruntées, était elle aussi non paulinienne. Sachant donc que l’authenticité paulinienne de ces deux épîtres est l’hypothèse la plus probable mais pas la seule possible, nous pouvons tenter de reconstituer la genèse de la pensée paulinienne dans Col et Ep. Les erreurs à Colosses, contre lesquelles se dresse Paul, ne sont pas encore celles des gnostiques du IIe siècle mais plutôt les idées communément rencontrées parmi les juifs esséniens. Le péril y venait de spéculations fondamentalement juives (Col 2.16) sur les puissances célestes ou cosmiques. On accordait à celles-ci le pouvoir de contrôler le mouvement du Cosmos et les Colossiens tendaient à exagérer leur importance, jusqu’à compromettre la suprématie du Christ.
L’auteur de la lettre accepte le terrain de la lutte et ne met pas en doute l’activité de ces Puissances ; il les assimile même aux Anges de la tradition juive, cf. Col 2.15. Mais c’est précisément pour les remettre à leur juste place dans le grand plan du salut. Ils ont joué leur rôle comme intermédiaires et administrateurs de la Loi. Aujourd’hui ce rôle est fini. En instaurant l’ordre nouveau, le Christ Kyrios a pris en main le gouvernement du monde. Son exaltation céleste l’a placé au-dessus des Puissances cosmiques qu’il a dépouillées de leurs anciennes attributions, 2 .15. Lui qui les dominait déjà de par la première création, à titre de Fils Image du Père, il les domine définitivement comme leur chef dans la nouvelle création où il a assumé en lui tout le Plérôme, c’est-à-dire toute la plénitude de l’Être, de Dieu et du monde en Dieu, Col 1.13-20. Affranchis de ces « éléments du monde », Col 2.8, 20, par leur union au Chef et la participation à sa Plénitude, Col 2.10, les chrétiens n’ont plus à se remettre sous leur tyrannie par des observances désuètes et inefficaces, Col 2.16-23. Unis par le baptême au Christ mort et ressuscité, Col 2.11-13, ils sont les membres de son Corps et ne reçoivent leur vie nouvelle que de lui comme de leur Tête vivifiante, Col 2.19. C’est bien toujours ce salut chrétien qui intéresse l’auteur au premier chef, mais les besoins de la polémique l’ont amené à préciser l’extension cosmique de l’œuvre du Christ en y intégrant aux côtés de l’humanité sauvée ce vaste cosmos qui en est le cadre et qui se trouve lui aussi rangé, de façon indirecte, sous la mouvance du seul Seigneur. De là cet épanouissement du thème du « Corps du Christ », déjà esquissé naguère, 1 Co 12: 12, avec une insistance nouvelle sur le Christ comme Tête ; de là cet élargissement cosmique de l’œuvre du salut ; de là cet horizon dilaté où le Christ est davantage considéré dans son triomphe céleste, tandis que l’Église dans son unité collective se construit vers lui ; de là enfin cet accent plus marqué sur l’eschatologie déjà réalisée, cf. Ep 2.6.
Ces perspectives sont reprises dans l’épître aux Éphésiens. Mais l’effort polémique pour remettre les Puissances à leur place a porté ses fruits, Ep 1.20-22, et le regard se dirige davantage sur l’Église, Corps du Christ dilaté aux dimensions de l’univers nouveau, « Plénitude de Celui qui est rempli, tout en tout », Ep 1.23. Dans cette contemplation suprême qui est comme le sommet de son œuvre, l’auteur reprend bien des thèmes anciens pour les ordonner dans la synthèse plus vaste à laquelle il est parvenu. Il repense particulièrement les problèmes de l’épître aux Romains, cet autre sommet qui couronnait l’étape antérieure de sa pensée. Non seulement il en évoque d’un mot les aperçus sur le passé pécheur de l’humanité et sur la gratuité du salut par le Christ, Col 2 1-10, mais encore il reconsidère le problème des Juifs et des païens qui angoissait Paul naguère, Rm 9-11. Et cette fois, c’est sous la lumière apaisée de l’eschatologie réalisée dans le Christ céleste : désormais les deux peuples lui apparaissent unis, réconciliés en une seule humanité nouvelle, et marchant de concert vers le Père, Ep 2.11-22. Cet accès des païens au salut d’Israël dans le Christ est le grand « mystère », Ep 1.9 ; 3.3-6, 9 ; 6.19 ; Col 1.27 ; 2.2 ; 4.3, dont la contemplation lui inspire des accents inimitables : sur l’infinie sagesse divine qu’il y voit déployée, Col 3.9s ; Col 2.3, sur la charité insondable du Christ qui s’y manifeste, Ep 3.18s, sur l’élection toute gratuite qui l’a choisi pour en être le ministre, Col 3.2-8. Ce plan du salut s’est déroulé par étapes selon les desseins éternels de Dieu, Col 1.3-14, et son terme est le mariage du Christ avec l’humanité sauvée qui est l’Église, Ep 5.22-32.