Bible-Centre

La réflexion principale pour le 11 octobre 2018

En parlant des relations entre chrétiens, Paul attire particulièrement l’attention sur la nécessité d’éviter l’ambition et la vanité. Bien sûr, en toute affaire, l’ambition et la vanité font plus de mal que de bien. L’une et l’autre peuvent pousser l’homme à l’activité et même parfois le rendre efficace. Mais le bénéfice apporté par un homme dans un tel état est généralement plus que compensé par le déséquilibre que son ambition et sa vanité introduisent dans l’œuvre commune et dans l’atmosphère de l’équipe. Toutefois, l’apôtre ne vise pas seulement cet aspect du problème. Il s’agit aussi de l’état intérieur, spirituel, de l’homme.

Ce n’est pas par hasard que Paul mentionne ce que l’on traduit d’ordinaire en russe par « humilité de pensée » : une intelligence abaissée, devenue petite et discrète. Il ne s’agit pas ici du fait que l’apôtre serait opposé à la raison ou que l’activité intellectuelle comme telle lui répugnerait. Il comprend simplement qu’aucune activité humaine ne peut être laissée à elle-même, y compris l’activité intellectuelle. Et lorsqu’il s’agit de disputes et de discussions, c’est précisément et surtout l’activité intellectuelle. En effet, l’intelligence, comme toute capacité psychique de l’homme, est un phénomène purement naturel. Si l’on parle de la vie intérieure de l’homme, seule la volonté peut être considérée comme sa composante spirituelle.

C’est précisément la volonté, l’intention, qui détermine l’état spirituel de l’homme et son activité spirituelle. L’intelligence, tout comme les sentiments, est liée à des processus purement naturels, psychiques. Or la nature, on le sait, a horreur du vide, et toute substance naturelle remplit tout l’espace qui lui est accessible. Les émotions, l’imagination et les constructions intellectuelles, si on les laisse faire, peuvent s’emparer entièrement du monde intérieur de l’homme.

Et alors tout ce qui se trouve au-delà de leurs limites cesse d’être important : le prochain, le problème discuté comme tel, et même la réalité elle-même. L’appel à placer le prochain au-dessus de soi dans une discussion n’est qu’un moyen de limiter l’activité intellectuelle autosuffisante, de faire sortir la volonté de l’homme au-delà de ses frontières. Et il ne s’agit pas seulement du prochain, qu’il est facile de ne pas remarquer. Il s’agit aussi du fait qu’en se laissant emporter par sa propre activité intérieure, on peut facilement ne pas remarquer la vie elle-même. Y compris la vie du Royaume. Or c’est déjà une question de salut, qu’il est mortellement dangereux de négliger.

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