Pourquoi le Christ a-t-il reçu la circoncision, quel est le sens spirituel de cet événement ? On peut bien sûr dire qu'Il était alors tout petit. Mais Il a laissé cela arriver, et donc...
Pourquoi le Christ a-t-il reçu la circoncision, quel est le sens spirituel de cet événement ? On peut bien sûr dire qu'Il était alors tout petit. Mais Il a laissé cela arriver, et donc, bien qu'Il fût petit, cet événement a un contenu spirituel. Lequel ? Était-ce pour confirmer que « le salut vient des Juifs » (Jn 4:22) ? Ou pour parcourir tout le chemin de Son abaissement, en Se limitant non seulement par l'apparence humaine, mais aussi par toute la finitude de la culture humaine ?
Il est également certain qu'Il savait qu'après Lui viendrait l'apôtre Paul, qui reprendrait sévèrement tous ceux qui ne comprennent pas toute la limite de ce rite, comme de tout rite en général. Dans la seule Épître aux Romains, il en parle plus d'une fois (voir les chapitres 2, 3, 4). Par exemple : « ce n'est pas celui qui en a les dehors qui est Juif, et la circoncision n'est pas celle qui est extérieure, dans la chair » (Rm 2:28), ou encore : « la circoncision n'est rien, et l'incirconcision n'est rien ; ce qui compte, c'est l'observation des commandements de Dieu » (1 Co 7:19).
Le Seigneur le savait et a pourtant permis que Sa circoncision ait lieu. C'est là Son humilité devant la Loi, qu'Il est venu accomplir (Mt 5:17), et c'est précisément ce qui permet à l'apôtre Paul de dire : « en Lui vous avez été circoncis d'une circoncision qui n'est pas faite de main d'homme, par le dépouillement du corps de la chair, par la circoncision du Christ » (Col 2:11).
22 u) La purification ne s’imposait qu’à la mère ; mais l’enfant devait être racheté. Luc note avec soin que les parents de Jésus, comme ceux de Jean, accomplissent toutes les observances de la Loi. La présentation de l’enfant au sanctuaire n’était pas prescrite, mais elle était possible, Nb 18.15, et devait paraître convenable aux gens pieux, cf. 1 S 1.24-28. Luc centre son récit sur ce premier acte cultuel de Jésus, dans la Ville sainte à laquelle il attache grande importance comme lieu de l’événement pascal et point de départ de la mission chrétienne. Cf. 2.38 ; Ac 1.14.
24 v) C’était l’offrande des pauvres.
26 w) « Le Christ du Seigneur » est celui que le Seigneur a oint, cf. Ex 30.22, c’est-à-dire consacré pour une mission de salut ainsi le roi d’Israël, un prince choisi par Yahvé ; enfin, à titre éminent, le Messie qui instaurera le règne de Dieu.
29 x) À la différence des cantiques précédents, ce cantique semble avoir été composé par Luc lui-même, en particulier à l’aide de textes d’Isaïe. Après un premier tristique qui concerne Syméon et sa mort prochaine, un deuxième définit le salut universel apporté par le Messie Jésus une illumination du monde païen qui, partie du peuple élu, tournera à sa gloire.
34 y) La mission de lumière dans le monde païen s’accompagnera pour Jésus d’hostilité et de persécution de la part de son propre peuple. Cf. Mt 2.1.
35 z) Vraie Fille de Sion, Marie portera en sa propre vie la destinée douloureuse de son peuple. Avec son Fils, elle sera au centre de cette contradiction où les cœurs devront se découvrir, pour ou contre Jésus. Le symbole de l’épée peut s’inspirer d’Ez 14.17, ou selon d’autres de Za 12.10.
36 a) Femme consacrée à Dieu et interprète de ses desseins. Cf. Ex 15.20 ; Jg 4.4 ; 2 R 22.14.
38 b) La délivrance messianique du peuple élu, 1.68 ; 24.21, intéressait au premier chef sa capitale ; cf. Isa 40.2 ; 52.9 (et voir 2 S 5.9). Jérusalem est pour Luc le centre prédestiné de l’œuvre du salut 9.31, 51, 53 ; 13.22, 23 ; 17.11 ; 18.31 ; 19.11 ; 24.47-49, 52 ; Ac 1.8.
Le mérite particulier du troisième évangile lui vient de la personnalité très attachante de son auteur, qui y transparaît sans cesse. Saint Luc est un écrivain de grand talent et une âme délicate. Il a mené son œuvre de façon originale, avec un souci d’information et d’ordre, 1.3. Ce n’est pas à dire qu’il ait pu donner aux matériaux reçus de la tradition un arrangement plus «sp;historique » que Matthieu et Marc ; son respect des sources et sa façon de les juxtaposer ne le lui permettaient pas. Son plan reprend les grandes lignes de celui de Marc avec quelques transpositions, ou omissions. Des épisodes sont déplacés, 3.19-20 ; 4.16-30 ; 5.1-11 ; 6.12-19 ; 22.31-34, etc., tantôt par soucis de clarté et de logique, tantôt par influence d’autres traditions, parmi lesquelles il faut noter celle qui se reflète également dans le quatrième évangile. D’autres épisodes sont omis, soit comme moins intéressants pour les lecteurs païens, cf. Mc 12.28-34, à comparer Lc 10.25-28. On remarquera surtout l’absence d’un correspondant à Mc 6.45-8.26. La différence la plus notable par rapport au deuxième évangile est la longue section médiane 9.51-18.14, qui est présentée sous la forme d’une montée vers Jérusalem à l’aide de notations répétées, 9.51 ; 13.22 ; 17.11, cf. Mc 10.1, et où l’on verra moins le souvenir réel de différents voyages que l’insistance voulue sur une idée théologique chère à Luc : la Ville sainte est le lieu où doit s’accomplir le salut 9.31 ; 13.33 ; 18.31 ; 19.11, c’est là que l’Évangile a commencé, 1.5s, et c’est là qu’il doit finir, 24.52s – par des apparitions et des entretiens qui n’ont pas lieu en Galilée, 24.13-51 ; et comp. 24.6 avec Mc 16.7, Mt 28.7, 16-20 – car c’est de là que doit partir l’évangélisation du monde, 24.47 ; Ac 1.8. Dans un sens plus large, c’est la montée de Jésus (et du chrétien) vers Dieu.
D’autres traits littéraires de Luc sont l’emploi des genres du symposium, 7.36-50 ; 11.37-54 ; 14.1-24, et du discours des adieux, 22.14-38, son goût des parallèles (Jean le Baptiste et Jésus, 1.5-2.52) et des inclusions, et le schéma promesse-accomplissement qui ponctue son récit.
Si l’on poursuit dans le détail la comparaison de Luc avec Marc et Matthieu, on observe sur le vif l’activité toujours en éveil d’un écrivain qui excelle à présenter les choses d’une façon qui lui est propre, évitant ou atténuant ce qui peut froisser sa sensibilité ou celle de ses lecteurs (8.43 comp. Mc 5.26 om. Mc 9.43-48 ; 13.32, etc.), ou bien leur être peu compréhensible (om. Mc 4.13 ; 8.32s ; 9.28s ; 14.50) ou les excluant (Lc 9.45 ; 18.24 ; 22.45), interprétant les termes obscurs (6.15) ou précisant la géographie (4.31 ; 19.28s, 37 ; 23.51), etc. Par ces nombreuses et fines touches, et surtout par le riche apport dû à son enquête personnelle, Luc nous livre les réactions et les tendances de son âme ; ou plutôt, par le moyen de cet instrument de choix, l’Esprit-Saint nous présente le message évangélique d’une façon originale, riche de doctrine. Il s’agit moins d’ailleurs de grandes thèses théologiques (les idées maîtresses sont les mêmes que chez Marc et Matthieu) que d’une psychologie religieuse où l’on trouve, mêlées à une influence très discrète de son maître Paul, les inclinations propres au tempérament de Luc. En vrai « scriba mansuetudinis Christi » (Dante), il aime à souligner la miséricorde de son Maître pour les pécheurs, 15.1s, 7, 10, et à raconter des scènes de pardon, 7.36-50 ; 15.11-32 ; 19.1-10 ; 23.34, 39-43. Il insiste volontiers sur la tendresse de Jésus pour les humbles et les pauvres, tandis que les orgueilleux et les riches jouisseurs sont sévèrement traités, 1.51-53 ; 6.20-26 ; 12.13-21 ; 14.7-11 ; 16.15, 19-31 ; 18.9-14. Cependant même la juste condamnation ne se fera qu’après les délais patients de la miséricorde, 13.6-9 ; comp. Mc 11.12-14. Il faut seulement qu’on se repente, qu’on se renonce, et ici la générosité exigeante de Luc tient à répéter l’exigences d’un détachement décidé et absolu, 14.25-34, notamment par l’abandon des richesses, 6.34s ; 12.33 ; 16.9-13. On notera encore les passages propres au troisième évangile sur la nécessité de la prière, 11.5-8 ; 18.1-8, et sur l’exemple qu’en a donné Jésus, 3.21 ; 5.16 ; 6.12 ; 9.28. Enfin, comme chez saint Paul et dans les Actes, l’Esprit Saint occupe une place de premier plan que Luc seul souligne en 1.15, 35, 41, 67 ; 2.25-27 ; 4.1, 14, 18 ; 10.21 ; 11.13 ; 24.49. Ceci, avec l’atmosphère de reconnaissance pour les bienfaits divins et d’allégresse spirituelle, qui enveloppe tout le troisième évangile, 2.14 ; 5.26 ; 10.17 ; 13.17 ; 18.43 ; 19.37 ; 24.51s, achève de donner à l’œuvre de Luc cette ferveur qui touche et réchauffe le cœur.