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La Bible en cinq ans pour le 24 avril 2018

La Bible de Jérusalem (fr)

1 Chroniques, Chapitre 2

I. Autour de David : Les généalogies> 1 2. JUDA, 1 Fils d’Israël., 3 Descendants de Juda., 9 Origines de David., 18 Caleb., 25 Yerahméel., 42 Caleb., 50 Hur.
Voici les fils d’Israël : Ruben, Siméon, Lévi, Juda, Issachar et Zabulon,
Dan, Joseph et Benjamin, Nephtali, Gad et Asher.
Fils de Juda : Ér, Onân et Shéla. Tous trois lui naquirent de Bat-Shua, la Cananéenne. Er, premier-né de Juda, déplut à Yahvé ; il le fit mourir.
Tamar, la belle-fille de Juda, lui enfanta Pérèç et Zérah. Il y eut en tout cinq fils de Juda.
Fils de Pérèç : Heçrôn et Hamul.
Fils de Zérah : Zimri, Étân, Hémân, Kalkol et Darda, cinq en tout.
Fils de Karmi : Akar, qui fit le malheur d’Israël pour avoir violé l’anathème.
Fils d’Étân : Azarya.
Fils de Heçrôn : lui naquirent : Yerahméel, Ram, Kelubaï.
10 Ram engendra Amminadab, Amminadab engendra Nahshôn, prince des fils de Juda,
11 Nahshôn engendra Salma et Salma engendra Booz.
12 Booz engendra Obed, et Obed engendra Jessé.
13 Jessé engendra Éliab son premier-né, Abinadab le second, Shiméa le troisième,
14 Netanéel le quatrième, Raddaï le cinquième,
15 Oçem le sixième, David le septième.
16 Ils eurent pour sœurs Çeruya et Abigayil. Fils de Çeruya : Abishaï, Joab et Asahel : trois.
17 Abigayil enfanta Amasa ; le père d’Amasa fut Yéter l’Ismaélite.
18 Caleb, fils de Heçrôn, engendra Yeriot d’Azuba sa femme ; en voici les fils : Yésher, Shobab et Ardôn.
19 Azuba mourut et Caleb épousa Éphrata, qui lui enfanta Hur.
20 Hur engendra Uri et Uri engendra Beçaléel.
21 Puis Heçrôn s’unit à la fille de Makir, père de Galaad. Il l’épousa alors qu’il avait soixante ans et elle lui enfanta Segub.
22 Segub engendra Yaïr qui détint vingt-trois villes dans le pays de Galaad.
23 Puis Aram et Geshur leur prirent les Douars de Yaïr, Qenat et ses dépendances, soixante villes. Tous ceux-là étaient fils de Makir père de Galaad.
24 Après la mort de Heçrôn, Caleb s’unit à Éphrata, femme de son père Heçrôn, qui lui enfanta Ashehur, père de Teqoa.
25 Yerahméel, fils aîné de Heçrôn, eut des fils : Ram son premier-né, Buna, Orèn, Oçem, Ahiyya.
26 Yerahméel eut une autre femme du nom de Atara ; elle fut la mère d’Onam.
27 Les fils de Ram, premier-né de Yerahméel, furent Maaç, Yamîn et Éqer.
28 Les fils d’Onam furent Shammaï et Yada. Fils de Shammaï : Nadab et Abishur.
29 La femme d’Abishur s’appelait Abihayil ; elle lui enfanta Ahbân et Molid.
30 Fils de Nadab : Séled et Appaïm. Séled mourut sans fils.
31 Fils d’Appaïm : Yishéï ; fils de Yishéï : Shéshân ; fils de Shéshân : Ahlaï.
32 Fils de Yada, frère de Shammaï : Yéter et Yonatân. Yéter mourut sans fils.
33 Fils de Yonatân : Pélèt et Zaza.Tels furent les fils de Yerahméel.
34 Shéshân n’eut pas de fils, mais des filles. Il avait un serviteur égyptien dénommé Yarha,
35 auquel Shéshân donna sa fille pour épouse. Elle lui enfanta Attaï.
36 Attaï engendra Natân, Natân engendra Zabad,
37 Zabad engendra Ephlal, Ephlal engendra Obed,
38 Obed engendra Yéhu, Yéhu engendra Azarya,
39 Azarya engendra Héleç, Héleç engendra Éléasa,
40 Éléasa engendra Sismaï, Sismaï engendra Shallum,
41 Shallum engendra Yeqamya, Yeqamya engendra Élishama.
42 Fils de Caleb, frère de Yerahméel : Mésha, son premier-né ; c’est le père de Ziph ; et les fils de Maresha, père de Hébrôn.
43 Fils de Hébrôn : Qorah, Tappuah, Réqem et Shéma.
44 Shéma engendra Raham, père de Yorqéam. Réqem engendra Shammaï.
45 Le fils de Shammaï fut Maôn et Maôn fut le père de Bet-Çur.
46 Épha, concubine de Caleb, enfanta Harân, Moça et Gazèz. Harân engendra Gazèz.
47 Fils de Yahdaï : Régem, Yotam, Geshân, Pélèt, Épha et Shaaph.
48 Maaka, concubine de Caleb, enfanta Shéber et Tirhana.
49 Elle enfanta Shaaph, père de Madmanna, et Sheva, père de Makbena et père de Gibéa.La fille de Caleb était Aksa.
50 Tels furent les descendants de Caleb.
Fils de Hur, premier-né d’Éphrata : Shobal, père de Qiryat-Yéarim,
51 Salma, père de Bethléem, Harèph, père de Bet-Gader.
52 Shobal, père de Qiryat-Yéarim, eut des fils : Haroé, soit la moitié des Manahatites,
53 et les clans de Qiryat-Yéarim, Yitrites, Putites, Shumatites et Mishraïtes. Les gens de Çoréa et d’Eshtaol en sont issus.
54 Fils de Salma : Bethléem, les Netophatites, Atrot Bet-Yoab, la moitié des Manahatites, les Çoréatites,
55 les clans Sophrites habitant Yabèç, les Tiréatites, les Shiméatites, les Sukatites. Ce sont les Qénites qui viennent de Hammat, père de la maison de Rékab.
Notes:
Commentaire sur le fragment en cours
Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

3 d) Le Chroniste commence par Juda, la tribu de David, vv. 3-17. Tout le reste du chap. rassemble des listes d’origines diverses (deux généalogies des Calébites), sur les groupes qui furent intégrés à Juda. Ce sont vraisemblablement des additions.


9 e) Kelubaï, comme Kelub, 4.11, doit être identifié avec Caleb, 2.18, cf. Jos 14.6.


18 f) « d’Azuba sa femme » d’après les versions ; « engendra Azuba, femme » hébr., mais cf. v. 19.


24 g) « Caleb s’unit à Éphrata » grec ; « dans Caleb, Éphrata » hébr.


34 h) Tradition différente de celle du v. 31.


42 i) Autre registre généalogique des descendants de Caleb, cf. vv. 18s, correspondant sans doute à une époque différente, lorsque les rapports des clans avaient changé.


50 j) Hur, « premier-né d’Éphrata », n’est mentionné qu’une seule fois comme fils de Caleb, v. 19, mais cf. vv. 24, 42 ; 3.15. En contraste avec le groupe de ce dernier, cf. Jos 14.6, il semble que Hur représente une pure lignée judéenne qui, d’Éphrata-Bethléem, s’est étendue vers le nord-ouest (Qiryat-Yéarim, Çoréa, Eshtaol).


L’Ancien Testament comprend un second groupe de livres historiques, qui doublent en grande partie et ensuite prolongent l’histoire deutéronomiste qui s’étend de Josué à la fin des Rois. Ce sont les deux livres des Chroniques, puis celui d’Esdras et, selon l’opinion commune, celui de Néhémie. Les deux livres des Chroniques n’en formaient primitivement qu’un seul et les livres d’Esdras et de Néhémie faisaient partie du même ensemble, œuvre d’un seul auteur. Non seulement on y retrouve le même style et les mêmes idées fondamentales, mais la répétition, au début de Esd 1, des versets qui terminent 2 Ch 36 certifie l’unité de composition.

Les livres des Chroniques (d’après le titre hébreu ; la Bible grecque et la Vulgate les appellent « Paralipomènes », c’est-à-dire les livres qui donnent les « choses omises », qui apportent un complément) sont donc une œuvre du judaïsme postexilique, d’une époque où le peuple, privé de son indépendance politique, jouissait cependant d’une sorte d’autonomie reconnue par les maîtres de l’Orient : il vivait sous la direction de ses prêtres, selon les règles de sa loi religieuse. Le Temple et ses cérémonies étaient le centre de la vie nationale. Mais ce cadre légaliste et rituel est vivifié par un courant de piété personnelle, par les doctrines de sagesse, par le souvenir des gloires ou des défaillances du passé et la confiance dans les promesses des prophètes.

L’auteur des Chroniques, un lévite de Jérusalem, appartient profondément à ce milieu.

Il écrit après Esdras et Néhémie, notablement plus tard puisqu’il peut combiner à sa guise les sources qui les concernent. Le début de l’époque grecque, avant 300 av. J.-C., paraît être la date la plus vraisemblable. L’ouvrage reçut ensuite des additions, venant d’une ou de plusieurs mains, en particulier les tables généalogiques de 1 Ch 2-9 furent augmentées et des listes nominatives furent ajoutées, probablement celles des partisans de David, 12, celles des prêtres et des lévites, 15, et la longue addition de 1 Ch 23.3 – 27.34, qui recense le personnel cultuel et administratif de David.

Ces compléments, qui peuvent avoir utilisé de bons documents, restent dans la ligne de pensée du Chroniste.

Il manifeste un grand intérêt pour le Temple. Le clergé joue dans son œuvre un rôle prééminent, non seulement les prêtres et les lévites, selon l’esprit du Deutéronome et des textes sacerdotaux du Pentateuque, mais les classes inférieures du clergé, les portiers et les chantres, désormais assimilés aux lévites. La sanctification du clergé s’étend aux laïcs par leur participation aux sacrifices de communion, qui retrouvent chez le Chroniste leur importance ancienne. Cette communauté sainte n’est pas restreinte aux seuls Judéens : par-delà l’apostasie du royaume d’Israël, dont il parle le moins possible, il retrouve les Douze Tribus unies sous le sceptre de David et, au-delà des circonstances présentes, il attend la réunion de tous les fils d’Israël. Les païens eux-mêmes ne sont pas exclus de la prière du Temple. « Israël » est pour lui tout le peuple fidèle, avec qui Dieu avait fait alliance autrefois, avec qui il a renouvelé cette alliance en la personne de David. C’est sous David que se sont le mieux réalisées les conditions du règne de Dieu sur la terre, de la théocratie ; c’est dans l’esprit de David que la communauté doit vivre, avec un constant souci de réforme qui est un retour aux traditions, pour que Dieu lui garde sa faveur et accomplisse les promesses.

Le centre permanent d’intérêt de cette longue histoire est le Temple de Jérusalem et son culte, depuis les préparations sous David jusqu’à la restauration accomplie par la communauté revenue de l’Exil.

Ces grandes pensées du Chroniste expliquent la composition de son ouvrage. Les premiers chapitres, 1 Ch 1-9, donnent des listes généalogiques qui s’attardent davantage sur la tribu de Juda et la descendance de David, sur les lévites, sur les habitants de Jérusalem. Cela sert d’introduction à l’histoire de David qui occupe toute la fin du premier livre, 10-29. Les démêlés avec Saül sont omis, comme la faute avec Bethsabée, les drames de famille et les révoltes, mais la prophétie de Natân est mise en relief, 1 Ch 17, et une place considérable est faite aux institutions religieuses : transport de l’arche et organisation du culte à Jérusalem, 13, 15-16, préparatifs pour la construction du Temple, 21-29. David a dressé le plan, assemblé les matériaux, réglé les fonctions du clergé jusque dans les détails, et il a laissé la réalisation à son fils Salomon. Dans l’histoire de celui-ci, 2 Ch 1-9, la construction du Temple, la prière du roi lors de la dédicace et les promesses que Dieu fait en réponse occupent la plus grande place. À partir du schisme, le Chroniste ne se préoccupe que du royaume de Juda et de la dynastie davidique. Les rois sont jugés d’après leur fidélité ou leur infidélité aux principes de l’alliance, selon qu’ils se rapprochent ou s’écartent du modèle donné par David, 2 Ch 10-36. Les désordres sont suivis de réformes, dont les plus profondes sont celles d’Ézéchias et de Josias ; ce dernier roi a des successeurs impies qui précipitent le désastre, mais les Chroniques s’achèvent par la permission donnée par Cyrus de reconstruire le Temple. On a dit qu’elles se continuaient par les livres d’Esdras et de Néhémie.

Pour écrire cette histoire, l’auteur s’est servi d’abord des livres canoniques, ceux de la Genèse et des Nombres pour les listes du début, surtout ceux de Samuel et des Rois. Il les utilise librement, il choisit ce qui va à son propos, il ajoute et retranche. Cependant il ne cite jamais ces sources essentielles que nous pouvons vérifier. En revanche, il se réfère à un certain nombre d’autres ouvrages, des « livres » des rois d’Israël ou des rois d’Israël et de Juda, un « midrash » du livre des Rois, des « paroles » ou des « visions » de tel ou tel prophète. Ces écrits nous sont inconnus et on discute sur leur contenu et leurs relations mutuelles. Ils décrivaient probablement les différents règnes à la lumière des interventions prophétiques. Il est douteux que le Chroniste ait utilisé aussi des traditions orales.

Puisque le Chroniste a eu des sources que nous ignorons et qui pouvaient être dignes de foi, il n’y a pas lieu de suspecter en principe tout ce qu’il ajoute aux livres canoniques que nous connaissons. Chaque cas doit être examiné pour lui-même et des recherches récentes ont, sur plusieurs points, vengé le Chroniste du discrédit où le tenaient beaucoup d’exégètes. Mais il arrive aussi qu’il donne des informations incompatibles avec le tableau que tracent Samuel ou les Rois, ou bien qu’il modifie sciemment ce que disent ces derniers livres. Ce procédé – qui serait inexcusable chez un historien moderne dont la mission est de raconter, en l’expliquant, l’enchaînement des faits – se justifie par l’intention de l’auteur : il n’est pas un historien, il est un théologien qui, à la lumière des expériences anciennes et d’abord de l’expérience davidique, « pense » les conditions du royaume idéal ; il fait confluer dans une synthèse le passé, le présent et l’avenir : il projette à l’époque de David toute l’organisation cultuelle qu’il a sous les yeux, il omet tout ce qui pourrait amoindrir son héros. En dehors des informations nouvelles qu’il contient et dont on peut éprouver la valeur, son ouvrage vaut moins pour une reconstitution du passé que comme un tableau de l’état et des préoccupations de son époque.

Car il écrit pour ses contemporains. Il leur rappelle que la vie de la nation dépend de sa fidélité à Dieu et que cette fidélité s’exprime par l’obéissance à la Loi et la régularité d’un culte animé par la vraie piété. Il veut faire de son peuple une communauté sainte, pour laquelle se réaliseront les promesses faites à David. Les hommes religieux du judaïsme contemporain du Christ vivront de son esprit, avec parfois des déviations qu’il n’avait pas prévues. Son enseignement sur la primauté du spirituel et sur la conduite par Dieu de tous les événements du monde a une valeur permanente.

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