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La Bible en cinq ans pour le 16 février 2017

La Bible de Jérusalem (fr)

2 Samuel, Chapitre 10

IV. David> 1 B. LA GUERRE AMMONITE. NAISSANCE DE SALOMON, 1 Insulte aux ambassadeurs de David., 6 Première campagne ammonite., 15 Victoire sur les Araméens.
Après cela, il advint que le roi des Ammonites mourut et que son fils Hanûn régna à sa place.
David dit : « J’agirai avec fidélité envers Hanûn, fils de Nahash, comme son père a agi envers moi avec fidélité. » David envoya ses serviteurs lui présenter des condoléances au sujet de son père. Mais lorsque les serviteurs de David arrivèrent au pays des Ammonites,
les chefs des Ammonites dirent à Hanûn leur maître : « T’imagines-tu que David veuille honorer ton père, parce qu’il t’a envoyé des porteurs de condoléances ? N’est-ce pas pour explorer la ville, l’espionner et la renverser que David t’a envoyé ses serviteurs ? »
Alors Hanûn se saisit des serviteurs de David, il leur fit raser la moitié de la barbe, et couper les vêtements à mi-hauteur jusqu’aux fesses, puis il les congédia.
Lorsque David en fut informé, il envoya quelqu’un à leur rencontre, car ces hommes étaient très humiliés. Le roi leur fit dire : « Restez à Jéricho jusqu’à ce que votre barbe ait repoussé, et vous reviendrez. »
Les Ammonites virent bien qu’ils s’étaient rendus odieux à David. Les Ammonites envoyèrent prendre à leur solde les Araméens de Bet-Rehob et les Araméens de Çoba, vingt mille fantassins, le roi de Maaka, mille hommes, et le chef de Tob, douze mille hommes.
David l’apprit et il envoya Joab avec toute l’armée, les preux.
Les Ammonites sortirent et se rangèrent en bataille à l’entrée de la porte, tandis que les Araméens de Çoba et de Rehob et les gens de Tob et de Maaka étaient à part en rase campagne.
Voyant qu’il avait un front de combat à la fois devant et derrière lui, Joab choisit des hommes dans toute l’élite d’Israël et il les mit en ligne face aux Araméens.
10 Il confia le reste de la troupe à son frère Abishaï et le mit en ligne face aux Ammonites.
11 Il dit : « Si les Araméens sont plus forts que moi, tu viendras à mon secours, mais si les Ammonites sont plus forts que toi, j’irai à ton secours.
12 Sois fort, montrons-nous forts pour notre peuple et pour les villes de notre Dieu. Que Yahvé fasse ce qui lui semblera bon ! »
13 Joab et la troupe qui était avec lui s’avancèrent pour combattre les Araméens. Ceux-ci s’enfuirent devant lui.
14 Quand les Ammonites virent que les Araméens avaient fui, ils s’enfuirent devant Abishaï et rentrèrent dans la ville. Alors Joab revint de la guerre contre les Ammonites et rentra à Jérusalem.
15 Voyant qu’ils avaient été battus devant Israël, les Araméens se réunirent tous ensemble.
16 Hadadézer envoya des messagers et mobilisa les Araméens qui sont de l’autre côté du Fleuve. Ceux-ci arrivèrent à Hélam, ayant à leur tête Shobak, le chef de l’armée de Hadadézer.
17 On l’annonça à David qui rassembla tout Israël, passa le Jourdain et arriva à Hélam. Les Araméens se mirent en ligne face à David et lui livrèrent bataille.
18 Les Araméens s’enfuirent devant Israël. David tua aux Araméens sept cents attelages et quarante mille cavaliers. Quant à Shobak, chef de leur armée, David le frappa et il mourut.
19 Lorsque tous les rois vassaux de Hadadézer virent qu’ils avaient été battus devant Israël, ils firent la paix avec Israël et le servirent. Les Araméens craignirent de porter encore secours aux Ammonites.
Lire la suite:2 Samuel, Chapitre 11
Notes:
Commentaire sur le fragment en cours
Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

3 z) C’est la capitale Rabba, 11.1 ; 12.26, aujourd’hui Amman.


6 a) Çoba et Bet-Rehob, au nord des sources du Jourdain, étaient unies sous le pouvoir de Hadadézer. Maaka et Tob étaient au nord de la Transjordanie.


7 b) L’apposition indique une distinction entre le groupe des preux et l’armée levée sur les tribus ; celle-ci n’interviendra qu’ensuite, v. 17 et 11.11.


15 c) Ce petit récit paraît venir d’une source différente.


Les livres de Samuel ne formaient qu’un seul ouvrage dans la Bible hébraïque. La division en deux livres remonte à la traduction grecque, qui a également joint Samuel et Rois sous un même titre : les quatre livres des Règnes ; la Vulgate les appelle les quatre livres des Rois. Le Samuel hébreu correspond aux deux premiers. Ce titre provient de la tradition qui attribuait au prophète Samuel la composition de cet écrit.

Le texte est l’un des plus mal conservés de l’Ancien Testament. La traduction grecque des Septante donne un texte assez souvent différent, qui remonte à un prototype dont les grottes de Qumrân ont livré d’importants fragments. Il existait donc plusieurs recensions hébraïques des livres de Samuel.

On y distingue cinq parties : a) Samuel, 1 S 1-7 ; b) Samuel et Saül, 1 S 8-15 ; c) Saül et David, 1 S 16 à 2 S 1 ; d) David, 2 S 2-20 ; e) suppléments, 2 S 21-24.

L’ouvrage combine ou juxtapose des sources et des traditions diverses sur les débuts de la période monarchique. Il y a une histoire de l’arche et de sa captivité chez les Philistins, 1 S 4-6, où Samuel ne paraît pas et qui se continuera dans 2 S 6. Elle est encadrée par un récit de l’enfance de Samuel, 1 S 1-3, et par un récit qui présente Samuel comme le dernier des Juges et anticipe la libération du joug philistin, 7. Samuel joue un rôle essentiel dans l’histoire de l’institution de la royauté, 1 S 8-12, où l’on a distingué depuis longtemps deux groupes de traditions : 1 S 9 ; 10.1-16 ; 11 d’une part et 1 S 8 ; 10.17-24 ; 12 d’autre part. On a appelé le premier groupe une version « monarchiste » de l’événement et le second, une version « anti-monarchiste »; cette dernière serait postérieure. En fait, les deux traditions sont anciennes et représentent seulement des tendances différentes ; de plus, le second courant n’est pas si « anti-monarchiste » qu’on le dit, il est seulement opposé à une royauté qui ne respecterait pas les droits de Dieu. Les guerres de Saül contre les Philistins sont racontées dans 13-14, avec une première version du rejet de Saül, 13.7b-15a ; une seconde version de ce rejet est donnée dans 15, en liaison avec une guerre contre les Amalécites. Ce rejet prépare l’onction de David par Samuel, 1 S 16.1-13. Sur les débuts de David et ses démêlés avec Saül, des traditions parallèles et, semble-t-il, également anciennes ont été recueillies dans 1 S 16.142 S 1, où les doublets sont fréquents. La fin de cette histoire se trouve dans 2 S 2-5 : la royauté de David à Hébron, la guerre philistine et la prise de Jérusalem assurent la confirmation de David comme roi sur tout Israël, 2 S 5.12. Le chap. 6 reprend l’histoire de l’arche ; la prophétie de Natân, 7, est ancienne mais a été remaniée ; le chap. 8 est un sommaire rédactionnel. À partir de 2 S 9 commence un long récit qui ne s’achèvera qu’au début des Rois, 1 R 1-2. C’est l’histoire de la famille de David et des luttes autour de la succession au trône, écrite dans la première moitié du règne de Salomon peut-être en utilisant des témoignages directs. Elle est interrompue par 2 S 21-24, qui rassemble des pièces d’origine diverse sur le règne de David.

En dehors de la grande histoire de 2 S 9-20, il est possible que d’autres ensembles aient été constitués dès les premiers siècles de la monarchie : un premier cycle de Samuel, deux histoires de Saül et de David. Il se peut aussi que ces ensembles aient déjà été combinés aux environs de l’an 700, mais les livres ne reçurent leur forme définitive que dans la grande histoire deutéronomiste. Cependant l’influence du Deutéronome est ici beaucoup moins apparente que dans Juges et Rois. On la décèle en particulier dans les premiers chapitres de l’ouvrage, notamment 1 S 2.22-36 ; 7 et 12, peut-être dans un remaniement de la prophétie de Natân, 2 S 7, mais le récit de 2 S 9-20 a été conservé à peu près sans retouche.

Les livres de Samuel couvrent la période qui va des origines de la monarchie israélite à la fin du règne de David. L’expansion des Philistins – la bataille d’Apheq, 1 S 4, se situe vers 1050 – mettait en danger l’existence même d’Israël et imposa la monarchie. Saül, vers 1030, débute comme un continuateur des Juges, mais sa reconnaissance par toutes les tribus lui confère une autorité générale et permanente : la royauté est née. La guerre de libération commence et les Philistins sont rejetés chez eux, 1 S 14 ; les rencontres ultérieures se font en bordure du territoire israélite, 1 S 17 (Vallée du Térébinthe), 28 et 31 (Gelboé). Ce dernier combat tourne au désastre et Saül y meurt, vers 1010. L’unité nationale est à nouveau compromise, David est sacré roi à Hébron par les Judéens, et les tribus du Nord lui opposent Ishbaal, descendant de Saül, réfugié en Transjordanie. Cependant, le meurtre d’Ishbaal rend l’union possible et David est reconnu comme roi par Israël.

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