L’heure de la victoire de David est arrivée ; il règne maintenant sur tout Israël. Après avoir uni le pays, il entre dans Jérusalem...
L’heure de la victoire de David est arrivée ; il règne maintenant sur tout Israël. Après avoir uni le pays, il entre dans Jérusalem, la ville qui doit désormais devenir le cœur de la Terre sainte.
David n’entre pas en paix dans la ville dont le nom signifie littéralement « Possession de la paix ». Il frappe cruellement non seulement les défenseurs de la forteresse, mais ordonne aussi, pour se venger de leurs moqueries, d’exterminer les aveugles et les boiteux, incapables d’opposer une résistance réelle. La ville conquise doit devenir la ville de la maison du Seigneur, et David applique la règle qui en exclut les aveugles et les boiteux avec une sévérité qui dépasse toutes les prescriptions.
Mais les années passeront et, dans le pays que David a uni, le Fils de David guérira les aveugles comme les boiteux. Et dans la ville conquise par David sera proclamée la Bonne Nouvelle du salut pour tous—les aveugles, les boiteux et tous les exclus...
David doit encore une fois combattre les Philistins. Mais cette guerre se distingue des nombreuses précédentes par une circonstance : pour la première fois, les ennemis veulent éprouver la solidité du royaume que David vient d’établir. Pourtant le cœur de David demeure, comme auparavant, ouvert au Seigneur, et cette fois encore le Seigneur donne la victoire à Son peuple.
5 e) David d’abord sacré par les Judéens, 2.4, est maintenant reconnu par les Israélites, mais les deux groupes restent distincts David est roi « sur tout Israël et sur Juda ». C’est une monarchie dualiste, un royaume uni, tiraillé par les luttes intérieures jusqu’à la scission, 1 R 12.
6 f) Cette conquête se situe chronologiquement après les victoires sur les Philistins racontées aux vv. 17-25.
6 g) La position est si forte, pensent-ils, que des infirmes suffiront à la défendre.
8 h) Le texte est incertain. Le « canal », si tel est bien le sens du mot, serait le puits creusé dans la colline de Jérusalem pour descendre à la source de Gihôn (1 R 1.33s) sans sortir de la ville. Rien n’est moins sûr, et le v. 8 peut être traduit et interprété autrement ; 1 Ch 11.6 a un texte simple « Quiconque frappera le premier les Jébuséens sera chef et prince. Le premier qui monta fut Joab. »
8 i) Cette phrase qui concerne le Temple, sans lien avec le contexte, manque dans Ch.
9 j) La situation de Jérusalem entre les tribus du Sud et celles du Nord explique le choix de David. Le nom de la ville est attesté depuis l’an 2000. L’ancienne ville des Jébuséens (Dt 7.1) occupait la colline d’Ophel ou Mont Sion entre les vallées du Cédron et du Tyropéon (voir la carte) ; elle était dominée au nord par le sommet où David élèvera un autel, 24.16s, et Salomon le Temple, 1 R 6 ; les palais de Salomon se dresseront au sud du sanctuaire, 1 R 7. La ville ne s’étendra que beaucoup plus tard sur la grande colline occidentale, et son rempart septentrional devra par deux fois être reporté plus au nord, 2 R 14.13. Le système des eaux (v. 8) fut perfectionné, surtout par Ézéchias, 2 R 20.20. Nabuchodonosor détruisit la ville en 587, 2 R 25, mais le Temple fut relevé dès 515, Esd 6.15, et les murailles en 445, Ne 2-6. Antiochus Épiphane fit construire l’Akra, face au Temple, 1 M 1.33, et les Asmonéens transformèrent cette citadelle en un palais, auquel Hérode substituera une résidence officielle plus à l’ouest. Hérode transforma l’ancienne citadelle du Temple, Ne 7.2, en une vaste forteresse, l’Antonia, et reconstruisit le Temple, Jn 2.20. Enfin la ville sera détruite en 70 ap. J.-C. par Titus, cf. Lc 21.20. — Apparue pour la première fois dans la Bible avec son prêtre-roi Melchisédech, Gn 14.18 ; Ps 76.3, devenue sous David la capitale politique et religieuse d’Israël, Jérusalem (ou Sion) en viendra à personnifier le peuple élu, Ez 23 ; Isa 62. Elle est la demeure de Yahvé, Ps 76.3, et de son Oint, Ps 2 et 110, le rendez-vous futur des nations, Isa 2.1-5 ; 60. C’est sur la vision de la Jérusalem nouvelle, Isa 54.11, que s’achève la Bible, Ap 21s.
9 k) Sur le « Millo », voir 1 R 9.15.
17 l) David, roi de Juda à Hébron, restait nominalement vassal des Philistins, 1 S 27.5-6. Maintenant, ils s’inquiètent de son pouvoir grandissant.
17 m) Peut-être celui d’Adullam ; 1 S 22.1-5 ; Jérusalem n’est pas encore conquise.
18 n) Plaine encaissée au sud-ouest de Jérusalem, Jos 15.8 ; 18.16, cf. Dt 1.28.
20 o) Pérèç signifie « brèche », cf. Gn 38.29.
24 p) Les pas de Yahvé qui s’avance.
25 q) Gézer est à la limite nord du territoire philistin l’ennemi est donc rejeté chez lui.
Les livres de Samuel ne formaient qu’un seul ouvrage dans la Bible hébraïque. La division en deux livres remonte à la traduction grecque, qui a également joint Samuel et Rois sous un même titre : les quatre livres des Règnes ; la Vulgate les appelle les quatre livres des Rois. Le Samuel hébreu correspond aux deux premiers. Ce titre provient de la tradition qui attribuait au prophète Samuel la composition de cet écrit.
Le texte est l’un des plus mal conservés de l’Ancien Testament. La traduction grecque des Septante donne un texte assez souvent différent, qui remonte à un prototype dont les grottes de Qumrân ont livré d’importants fragments. Il existait donc plusieurs recensions hébraïques des livres de Samuel.
On y distingue cinq parties : a) Samuel, 1 S 1-7 ; b) Samuel et Saül, 1 S 8-15 ; c) Saül et David, 1 S 16 à 2 S 1 ; d) David, 2 S 2-20 ; e) suppléments, 2 S 21-24.
L’ouvrage combine ou juxtapose des sources et des traditions diverses sur les débuts de la période monarchique. Il y a une histoire de l’arche et de sa captivité chez les Philistins, 1 S 4-6, où Samuel ne paraît pas et qui se continuera dans 2 S 6. Elle est encadrée par un récit de l’enfance de Samuel, 1 S 1-3, et par un récit qui présente Samuel comme le dernier des Juges et anticipe la libération du joug philistin, 7. Samuel joue un rôle essentiel dans l’histoire de l’institution de la royauté, 1 S 8-12, où l’on a distingué depuis longtemps deux groupes de traditions : 1 S 9 ; 10.1-16 ; 11 d’une part et 1 S 8 ; 10.17-24 ; 12 d’autre part. On a appelé le premier groupe une version « monarchiste » de l’événement et le second, une version « anti-monarchiste »; cette dernière serait postérieure. En fait, les deux traditions sont anciennes et représentent seulement des tendances différentes ; de plus, le second courant n’est pas si « anti-monarchiste » qu’on le dit, il est seulement opposé à une royauté qui ne respecterait pas les droits de Dieu. Les guerres de Saül contre les Philistins sont racontées dans 13-14, avec une première version du rejet de Saül, 13.7b-15a ; une seconde version de ce rejet est donnée dans 15, en liaison avec une guerre contre les Amalécites. Ce rejet prépare l’onction de David par Samuel, 1 S 16.1-13. Sur les débuts de David et ses démêlés avec Saül, des traditions parallèles et, semble-t-il, également anciennes ont été recueillies dans 1 S 16.14 – 2 S 1, où les doublets sont fréquents. La fin de cette histoire se trouve dans 2 S 2-5 : la royauté de David à Hébron, la guerre philistine et la prise de Jérusalem assurent la confirmation de David comme roi sur tout Israël, 2 S 5.12. Le chap. 6 reprend l’histoire de l’arche ; la prophétie de Natân, 7, est ancienne mais a été remaniée ; le chap. 8 est un sommaire rédactionnel. À partir de 2 S 9 commence un long récit qui ne s’achèvera qu’au début des Rois, 1 R 1-2. C’est l’histoire de la famille de David et des luttes autour de la succession au trône, écrite dans la première moitié du règne de Salomon peut-être en utilisant des témoignages directs. Elle est interrompue par 2 S 21-24, qui rassemble des pièces d’origine diverse sur le règne de David.
En dehors de la grande histoire de 2 S 9-20, il est possible que d’autres ensembles aient été constitués dès les premiers siècles de la monarchie : un premier cycle de Samuel, deux histoires de Saül et de David. Il se peut aussi que ces ensembles aient déjà été combinés aux environs de l’an 700, mais les livres ne reçurent leur forme définitive que dans la grande histoire deutéronomiste. Cependant l’influence du Deutéronome est ici beaucoup moins apparente que dans Juges et Rois. On la décèle en particulier dans les premiers chapitres de l’ouvrage, notamment 1 S 2.22-36 ; 7 et 12, peut-être dans un remaniement de la prophétie de Natân, 2 S 7, mais le récit de 2 S 9-20 a été conservé à peu près sans retouche.
Les livres de Samuel couvrent la période qui va des origines de la monarchie israélite à la fin du règne de David. L’expansion des Philistins – la bataille d’Apheq, 1 S 4, se situe vers 1050 – mettait en danger l’existence même d’Israël et imposa la monarchie. Saül, vers 1030, débute comme un continuateur des Juges, mais sa reconnaissance par toutes les tribus lui confère une autorité générale et permanente : la royauté est née. La guerre de libération commence et les Philistins sont rejetés chez eux, 1 S 14 ; les rencontres ultérieures se font en bordure du territoire israélite, 1 S 17 (Vallée du Térébinthe), 28 et 31 (Gelboé). Ce dernier combat tourne au désastre et Saül y meurt, vers 1010. L’unité nationale est à nouveau compromise, David est sacré roi à Hébron par les Judéens, et les tribus du Nord lui opposent Ishbaal, descendant de Saül, réfugié en Transjordanie. Cependant, le meurtre d’Ishbaal rend l’union possible et David est reconnu comme roi par Israël.