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La Bible en cinq ans pour le 8 février 2017

La Bible de Jérusalem (fr)

2 Samuel, Chapitre 3

IV. David> 12 Guerre entre Juda et Israël. Bataille de Gabaôn., 2 Fils de David nés à Hébron., 6 Rupture entre Abner et Ishboshet., 12 Abner négocie avec David., 22 Meurtre d’Abner.
1 La guerre se prolongea entre la maison de Saül et celle de David, mais David allait se fortifiant, tandis que s’affaiblissait la maison de Saül.
2 Des fils naquirent à David, à Hébron ; ce furent : son aîné Amnon, né d’Ahinoam de Yizréel ;
3 son cadet Kiléab, né d’Abigayil, la femme de Nabal de Karmel ; le troisième Absalom, fils de Maaka, la fille de Talmaï roi de Geshur,
4 le quatrième Adonias, fils de Haggit ; le cinquième Shephatya, fils d’Abital ;
5 le sixième Yitréam, né d’Égla, femme de David. Ceux-là naquirent à David, à Hébron.
6 Or, pendant qu’il y avait la guerre entre la maison de Saül et celle de David, Abner renforçait de plus en plus sa position dans la maison de Saül.
7 Saül avait une concubine qui se nommait Riçpa, fille d’Ayya. Ishboshet, fils de Saül, dit à Abner : « Pourquoi es-tu allé vers la concubine de mon père ? »
8 Aux paroles d’Ishboshet, Abner entra dans une grande colère et dit : « Suis-je donc une tête de chien appartenant à Juda ? Aujourd’hui j’agis avec fidélité envers la maison de Saül, ton père, envers ses frères et ses amis. Je ne t’ai pas laissé tomber aux mains de David. Et tu me fais grief d’une faute à cause de cette femme, aujourd’hui !
9 Que Dieu fasse à Abner ceci et qu’il y ajoute cela si je n’agis pour David comme Yahvé le lui a juré :
10 enlever la royauté à la maison de Saül et établir le trône de David sur Israël et sur Juda depuis Dan jusqu’à Bersabée. »
11 Ishboshet ne put répliquer un seul mot à Abner parce qu’il avait peur de lui.
12 Abner envoya sur-le-champ des messagers à David pour dire : « À qui appartient le pays ? » Et encore : « Fais alliance avec moi et je te soutiendrai pour rallier autour de toi tout Israël. »
13 David répondit : « Bien ! Je ferai alliance avec toi. Je ne te demande qu’une chose : ne te présente devant moi que si tu m’amènes Mikal, fille de Saül, lorsque tu te présenteras devant moi. »
14 Et David envoya des messagers dire à Ishboshet, fils de Saül : « Rends-moi ma femme Mikal, que je me suis acquise pour cent prépuces de Philistins. »
15 Ishboshet l’envoya prendre chez son mari Paltiel, fils de Layish.
16 Son mari partit avec elle et la suivit en pleurant jusqu’à Bahurim. Alors Abner lui dit : « Retourne ! » et il s’en retourna.
17 Abner avait eu des pourparlers avec les anciens d’Israël et leur avait dit : « Voici longtemps que vous désirez avoir David pour votre roi.
18 Agissez donc maintenant, puisque Yahvé a dit ceci à propos de David : « Par la main de mon serviteur David je sauverai mon peuple Israël de la main des Philistins et de tous ses ennemis. » »
19 Abner parla aussi à Benjamin, puis il alla à Hébron pour exposer à David tout ce qu’avaient approuvé Israël et toute la maison de Benjamin.
20 Abner, accompagné de vingt hommes, arriva chez David à Hébron et David offrit un festin à Abner et aux hommes qui étaient avec lui.
21 Abner dit ensuite à David : « Allons ! Je vais rassembler tout Israël auprès de Monseigneur le roi : ils concluront un pacte avec toi et tu régneras sur tout ce que tu souhaites. » David congédia Abner, qui partit en paix.
22 Mais voici que les serviteurs de David revinrent d’une expédition, ramenant un énorme butin. Abner n’était plus auprès de David à Hébron, puisque David l’avait congédié et qu’il était parti en paix.
23 Lorsque arrivèrent Joab et toute son armée, on informa Joab : « Abner, fils de Ner, est venu chez le roi et celui-ci l’a laissé partir en paix. »
24 Alors Joab entra chez le roi et dit : « Qu’as-tu fait ? Abner est venu chez toi, pourquoi donc l’as-tu laissé partir ?
25 Tu connais Abner, fils de Ner. C’est pour te tromper qu’il est venu, pour connaître tes allées et venues, pour savoir tout ce que tu fais ! »
26 Joab sortit de chez David et envoya derrière Abner des messagers qui le firent revenir depuis la citerne de Sira, à l’insu de David.
27 Quand Abner arriva à Hébron, Joab le prit à l’écart à l’intérieur de la porte, sous prétexte de parler tranquillement avec lui, et là il le frappa mortellement au ventre, à cause du sang d’Asahel son frère.
28 Lorsque David apprit ensuite la chose, il dit : « Que Yahvé nous acquitte pour toujours, moi et mon royaume, du meurtre d’Abner, fils de Ner :
29 qu’il rejaillisse sur la tête de Joab et sur toute sa famille ! Qu’il ne cesse d’y avoir dans la maison de Joab des gens atteints d’écoulement ou de lèpre, des hommes bons à tenir le fuseau ou qui tombent sous l’épée, ou qui manquent de pain ! »
30 Joab et son frère Abishaï avaient assassiné Abner parce qu’il avait fait mourir leur frère Asahel au combat de Gabaôn.
31 David dit à Joab et à toute la troupe qui l’accompagnait : « Déchirez vos vêtements, mettez des sacs et faites le deuil devant Abner », et le roi David marchait derrière la civière.
32 On ensevelit Abner à Hébron ; le roi éclata en sanglots sur la tombe et tout le peuple pleura aussi.
33 Le roi fit cette complainte sur Abner :« Abner devait-il mourir comme meurt l’insensé ?
34 Tes mains n’étaient pas liées, tes pieds n’étaient pas mis aux fers,
tu es tombé comme on tombe devant des malfaiteurs ! »
et les larmes de tout le peuple redoublèrent.
35 Tout le peuple vint inviter David à prendre de la nourriture alors qu’il faisait encore jour, mais David fit ce serment : « Que Dieu me fasse ceci et y ajoute cela si je goûte à de la nourriture ou à quoi que ce soit avant le coucher du soleil. »
36 Tout le peuple remarqua cela et le trouva bien, car tout ce que faisait le roi était approuvé par le peuple.
37 Ce jour-là, tout le peuple et tout Israël comprirent que le roi n’était pour rien dans la mort d’Abner, fils de Ner.
38 Le roi dit à ses serviteurs : « Ne savez-vous pas qu’un chef et un grand homme est tombé aujourd’hui en Israël ?
39 Pour moi, je suis faible maintenant, tout roi que je sois par l’onction, et ces hommes, les fils de Çeruya, sont plus violents que moi. Que Yahvé rende au méchant selon sa méchanceté ! »
Lire la suite:2 Samuel, Chapitre 4
Notes:
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Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

3 r) À l’est du lac de Tibériade.


7 s) Le sujet du verbe est rétabli à partir de quelques manuscrits et du grec qui ajoute « fils de Saül ». — En s’appropriant l’une des concubines de Saül, Abner fait figure de prétendant au trône, car le harem du roi défunt passait à son successeur, voir 12.8 ; 16.20-22 et 1 R 2.22.


8 t) Les mots « appartenant à Juda » sont peut-être une addition ; ils sont omis en grec.


10 u) On ne dit pas en quelle occasion cette promesse fut faite à David, mais cf. 5.2 et 1 S 28.3.


12 v) Par la première question, Abner laisse entendre qu’il est le vrai maître du royaume de Saül. La phrase suivante propose à David un pacte pour l’aider à s’emparer de ce royaume.


17 w) Les vv. 17-19 sont d’une rédaction postérieure, mais il est vraisemblable que bien des cœurs en Israël se tournaient vers David, déjà du vivant de Saül, 1 S 18.7, 16, 28, et surtout sous son pâle héritier Ishboshet/Ishbaal.


18 x) « Je sauverai » versions ; « il a sauvé » hébr.


34 y) Abner est mort sans se défendre, tout libre qu’il fût de ses mouvements — ce qui prouverait un manque de sens, s’il n’avait pas été assassiné par traîtrise.


39 z) Sens incertain. David semble s’excuser de ne pouvoir, si tôt après son sacre, agir contre les meurtriers, et il remet le châtiment à Dieu ; il léguera finalement ce soin à Salomon, 1 R 2.5-6, cf. 31-34.


Les livres de Samuel ne formaient qu’un seul ouvrage dans la Bible hébraïque. La division en deux livres remonte à la traduction grecque, qui a également joint Samuel et Rois sous un même titre : les quatre livres des Règnes ; la Vulgate les appelle les quatre livres des Rois. Le Samuel hébreu correspond aux deux premiers. Ce titre provient de la tradition qui attribuait au prophète Samuel la composition de cet écrit.

Le texte est l’un des plus mal conservés de l’Ancien Testament. La traduction grecque des Septante donne un texte assez souvent différent, qui remonte à un prototype dont les grottes de Qumrân ont livré d’importants fragments. Il existait donc plusieurs recensions hébraïques des livres de Samuel.

On y distingue cinq parties : a) Samuel, 1 S 1-7 ; b) Samuel et Saül, 1 S 8-15 ; c) Saül et David, 1 S 16 à 2 S 1 ; d) David, 2 S 2-20 ; e) suppléments, 2 S 21-24.

L’ouvrage combine ou juxtapose des sources et des traditions diverses sur les débuts de la période monarchique. Il y a une histoire de l’arche et de sa captivité chez les Philistins, 1 S 4-6, où Samuel ne paraît pas et qui se continuera dans 2 S 6. Elle est encadrée par un récit de l’enfance de Samuel, 1 S 1-3, et par un récit qui présente Samuel comme le dernier des Juges et anticipe la libération du joug philistin, 7. Samuel joue un rôle essentiel dans l’histoire de l’institution de la royauté, 1 S 8-12, où l’on a distingué depuis longtemps deux groupes de traditions : 1 S 9 ; 10.1-16 ; 11 d’une part et 1 S 8 ; 10.17-24 ; 12 d’autre part. On a appelé le premier groupe une version « monarchiste » de l’événement et le second, une version « anti-monarchiste »; cette dernière serait postérieure. En fait, les deux traditions sont anciennes et représentent seulement des tendances différentes ; de plus, le second courant n’est pas si « anti-monarchiste » qu’on le dit, il est seulement opposé à une royauté qui ne respecterait pas les droits de Dieu. Les guerres de Saül contre les Philistins sont racontées dans 13-14, avec une première version du rejet de Saül, 13.7b-15a ; une seconde version de ce rejet est donnée dans 15, en liaison avec une guerre contre les Amalécites. Ce rejet prépare l’onction de David par Samuel, 1 S 16.1-13. Sur les débuts de David et ses démêlés avec Saül, des traditions parallèles et, semble-t-il, également anciennes ont été recueillies dans 1 S 16.14 – 2 S 1, où les doublets sont fréquents. La fin de cette histoire se trouve dans 2 S 2-5 : la royauté de David à Hébron, la guerre philistine et la prise de Jérusalem assurent la confirmation de David comme roi sur tout Israël, 2 S 5.12. Le chap. 6 reprend l’histoire de l’arche ; la prophétie de Natân, 7, est ancienne mais a été remaniée ; le chap. 8 est un sommaire rédactionnel. À partir de 2 S 9 commence un long récit qui ne s’achèvera qu’au début des Rois, 1 R 1-2. C’est l’histoire de la famille de David et des luttes autour de la succession au trône, écrite dans la première moitié du règne de Salomon peut-être en utilisant des témoignages directs. Elle est interrompue par 2 S 21-24, qui rassemble des pièces d’origine diverse sur le règne de David.

En dehors de la grande histoire de 2 S 9-20, il est possible que d’autres ensembles aient été constitués dès les premiers siècles de la monarchie : un premier cycle de Samuel, deux histoires de Saül et de David. Il se peut aussi que ces ensembles aient déjà été combinés aux environs de l’an 700, mais les livres ne reçurent leur forme définitive que dans la grande histoire deutéronomiste. Cependant l’influence du Deutéronome est ici beaucoup moins apparente que dans Juges et Rois. On la décèle en particulier dans les premiers chapitres de l’ouvrage, notamment 1 S 2.22-36 ; 7 et 12, peut-être dans un remaniement de la prophétie de Natân, 2 S 7, mais le récit de 2 S 9-20 a été conservé à peu près sans retouche.

Les livres de Samuel couvrent la période qui va des origines de la monarchie israélite à la fin du règne de David. L’expansion des Philistins – la bataille d’Apheq, 1 S 4, se situe vers 1050 – mettait en danger l’existence même d’Israël et imposa la monarchie. Saül, vers 1030, débute comme un continuateur des Juges, mais sa reconnaissance par toutes les tribus lui confère une autorité générale et permanente : la royauté est née. La guerre de libération commence et les Philistins sont rejetés chez eux, 1 S 14 ; les rencontres ultérieures se font en bordure du territoire israélite, 1 S 17 (Vallée du Térébinthe), 28 et 31 (Gelboé). Ce dernier combat tourne au désastre et Saül y meurt, vers 1010. L’unité nationale est à nouveau compromise, David est sacré roi à Hébron par les Judéens, et les tribus du Nord lui opposent Ishbaal, descendant de Saül, réfugié en Transjordanie. Cependant, le meurtre d’Ishbaal rend l’union possible et David est reconnu comme roi par Israël.

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