Bible-Centre

La Bible en cinq ans pour le 7 février 2017

La Bible de Jérusalem (fr)

2 Samuel, Chapitre 2

IV. David> 1 1. DAVID ROI DE JUDA, 1 Sacre de David à Hébron., 4 Message aux gens de Yabesh., 8 Abner impose Ishboshet comme roi d’Israël., 12 Guerre entre Juda et Israël. Bataille de Gabaôn.
1 Après cela, David consulta Yahvé en ces termes : « Monterai-je dans l’une des villes de Juda ? », et Yahvé lui répondit « Monte ! » David dit : « Où monterai-je ? » Yahvé dit : « À Hébron. »
2 David y monta et aussi ses deux femmes, Ahinoam de Yizréel et Abigayil, la femme de Nabal de Karmel.
3 Quant aux hommes qui étaient avec lui, David les fit monter chacun avec sa famille et ils s’établirent dans les villes d’Hébron.
4 Les hommes de Juda vinrent et là, ils oignirent David comme roi sur la maison de Juda.On informa David : « Les gens de Yabesh de Galaad ont enterré Saül. »
5 David envoya des messagers aux gens de Yabesh et leur fit dire : « Soyez bénis de Yahvé pour avoir accompli cet acte de fidélité envers Saül votre seigneur et pour l’avoir enterré.
6 Maintenant, que Yahvé agisse envers vous avec fidélité et loyauté. Moi aussi, j’agirai avec vous selon la même bonté puisque vous avez agi ainsi.
7 Et maintenant, que vos mains soient fermes. Soyez forts, car Saül votre seigneur est mort. Quant à moi, la maison de Juda m’a oint pour être son roi. »
8 Abner, fils de Ner, le chef d’armée de Saül, avait emmené Ishboshet, fils de Saül, et l’avait fait passer à Mahanayim.
9 Il l’avait établi roi sur Galaad, sur les Ashurites, sur Yizréel, Éphraïm, Benjamin, et sur tout Israël.
10 Ishboshet, fils de Saül, avait quarante ans lorsqu’il devint roi d’Israël et il régna deux ans. Seule la maison de Juda se rallia à David.
11 Le temps que David régna à Hébron sur la maison de Juda fut de sept ans et six mois.
12 Abner, fils de Ner, et les serviteurs d’Ishboshet, fils de Saül, sortirent de Mahanayim en direction de Gabaôn.
13 Joab, fils de Çeruya, et les serviteurs de David sortirent aussi, et ils se rencontrèrent près du bassin de Gabaôn. Ils firent halte, ceux-ci d’un côté du bassin, ceux-là de l’autre côté.
14 Abner dit à Joab : « Que les jeunes gens se lèvent et luttent devant nous ! » Joab répondit : « Qu’ils se lèvent ! »
15 Ils se levèrent et furent dénombrés : douze pour Benjamin et pour Ishboshet, fils de Saül, et douze pris parmi les serviteurs de David.
16 Chacun saisit son adversaire par la tête et lui enfonça son épée dans le flanc, en sorte qu’ils tombèrent tous ensemble. C’est pourquoi on a appelé cet endroit le Champ des Rocs ; il se trouve à Gabaôn.
17 Le combat fut très dur ce jour-là. Abner et les hommes d’Israël furent battus devant les serviteurs de David.
18 Il y avait là les trois fils de Çeruya, Joab, Abishaï et Asahel. Or Asahel était agile à la course comme une gazelle sauvage.
19 Il se lança à la poursuite d’Abner et le suivit sans dévier ni à droite ni à gauche.
20 Abner se retourna et dit : « Est-ce toi, Asahel ? » Et celui-ci répondit : « C’est moi. »
21 Alors Abner dit : « Détourne-toi à droite ou à gauche, attrape l’un des jeunes gens et empare-toi de ses dépouilles. » Mais Asahel ne voulut pas s’écarter de lui.
22 Abner redit encore à Asahel : « Écarte-toi de moi. Faut-il que je te frappe à terre ? Mais comment pourrais-je regarder en face ton frère Joab ? »
23 Mais, comme il refusait de s’écarter, Abner le frappa au ventre avec le talon de sa lance et la lance sortit par derrière : il tomba là et mourut sur place. En arrivant à l’endroit où Asahel était tombé et était mort, tous s’arrêtaient.
24 Joab et Abishaï se mirent à la poursuite d’Abner et, au coucher du soleil, ils arrivèrent à la colline d’Amma, qui est à l’est de Giah sur le chemin du désert de Gabaôn.
25 Les Benjaminites se groupèrent derrière Abner, formèrent un seul bloc et s’arrêtèrent au sommet d’une colline.
26 Abner cria en direction de Joab et dit : « L’épée dévorera-t-elle toujours ? Ne sais-tu pas que cela finira dans l’amertume ? Qu’attends-tu pour dire à la troupe de cesser de poursuivre leurs frères ? »
27 Joab dit : « Par la vie de Dieu, si tu n’avais pas parlé, ce n’est qu’au matin que la troupe aurait renoncé à poursuivre chacun son frère. »
28 Joab fit sonner du cor ; toute la troupe s’arrêta ; on ne poursuivit plus Israël et on cessa le combat.
29 Abner et ses hommes marchèrent dans la Araba pendant toute cette nuit-là, ils passèrent le Jourdain et, après avoir parcouru tout le Bitrôn, ils arrivèrent à Mahanayim.
30 Joab, ayant cessé de poursuivre Abner, rassembla toute la troupe ; parmi les serviteurs de David, il manquait à l’appel dix-neuf hommes, plus Asahel,
31 mais les serviteurs de David avaient frappé à mort, parmi les Benjaminites et chez les hommes d’Abner, trois cent soixante hommes.
32 On emporta Asahel et on l’ensevelit dans le tombeau de son père, qui est à Bethléem. Joab et ses gens marchèrent toute la nuit et, au lever du jour, ils étaient à Hébron.
Lire la suite:2 Samuel, Chapitre 3
Notes:
Commentaire sur le fragment en cours
Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

1 f) Hébron était la ville la plus importante de Juda. Lors de la conquête, elle avait été prise et occupée par les Calébites, Jos 15.13s ; Jg 1.20, mais ceux-ci avaient bientôt été assimilés par les Judéens.


3 g) Les villages dépendant d’Hébron.


4 h) David avait gagné des sympathies en Juda, 1 S 27.10-12 ; 30.26-31. Plus tard, David sera oint par les anciens d’Israël, 5.3. Cette tradition ignore l’onction de David enfant par Samuel, 1 S 16.1-13.


7 i) David invite les Yabéshites à le reconnaître pour successeur de Saül. Nous n’avons pas leur réponse, mais ils ne pouvaient que rester dans l’orbite d’Israël.


8 j) Ce fils de Saül est appelé tantôt Ishbaal (cf. 1 Ch 8.33 ; 9.39), tantôt, comme ici et au chap. 3, Ishboshet où le mot baal est remplacé par le mot boshet, honte, tantôt Ishyo, cf. 1 S 14.49, mais c’est le même individu.


8 k) Ville de Transjordanie, cf. Gn 32.3 et 17.24.


9 l) Gentilice d’origine inconnue, à moins qu’il ne faille lire « Ashérites », cf. Jg 1.32.


13 m) Une dizaine de km au nord de Jérusalem, cf. Jr 41.12.


14 n) Abner propose de régler l’affaire par un combat entre quelques guerriers des deux camps, cf. 1 S 17.8-9. Mais, tous les champions étant tombés ensemble, rien n’est décidé et une bataille générale s’engage, v. 17.


22 o) Abner ne veut pas attirer sur lui la vengeance du sang. mais cf. 3.27.


27 p) Joab accepte la trêve.


29 q) Le terme désigne ici la vallée du Jourdain. — Bitrôn est un toponyme qui peut désigner la vallée du Yabboq.


Les livres de Samuel ne formaient qu’un seul ouvrage dans la Bible hébraïque. La division en deux livres remonte à la traduction grecque, qui a également joint Samuel et Rois sous un même titre : les quatre livres des Règnes ; la Vulgate les appelle les quatre livres des Rois. Le Samuel hébreu correspond aux deux premiers. Ce titre provient de la tradition qui attribuait au prophète Samuel la composition de cet écrit.

Le texte est l’un des plus mal conservés de l’Ancien Testament. La traduction grecque des Septante donne un texte assez souvent différent, qui remonte à un prototype dont les grottes de Qumrân ont livré d’importants fragments. Il existait donc plusieurs recensions hébraïques des livres de Samuel.

On y distingue cinq parties : a) Samuel, 1 S 1-7 ; b) Samuel et Saül, 1 S 8-15 ; c) Saül et David, 1 S 16 à 2 S 1 ; d) David, 2 S 2-20 ; e) suppléments, 2 S 21-24.

L’ouvrage combine ou juxtapose des sources et des traditions diverses sur les débuts de la période monarchique. Il y a une histoire de l’arche et de sa captivité chez les Philistins, 1 S 4-6, où Samuel ne paraît pas et qui se continuera dans 2 S 6. Elle est encadrée par un récit de l’enfance de Samuel, 1 S 1-3, et par un récit qui présente Samuel comme le dernier des Juges et anticipe la libération du joug philistin, 7. Samuel joue un rôle essentiel dans l’histoire de l’institution de la royauté, 1 S 8-12, où l’on a distingué depuis longtemps deux groupes de traditions : 1 S 9 ; 10.1-16 ; 11 d’une part et 1 S 8 ; 10.17-24 ; 12 d’autre part. On a appelé le premier groupe une version « monarchiste » de l’événement et le second, une version « anti-monarchiste »; cette dernière serait postérieure. En fait, les deux traditions sont anciennes et représentent seulement des tendances différentes ; de plus, le second courant n’est pas si « anti-monarchiste » qu’on le dit, il est seulement opposé à une royauté qui ne respecterait pas les droits de Dieu. Les guerres de Saül contre les Philistins sont racontées dans 13-14, avec une première version du rejet de Saül, 13.7b-15a ; une seconde version de ce rejet est donnée dans 15, en liaison avec une guerre contre les Amalécites. Ce rejet prépare l’onction de David par Samuel, 1 S 16.1-13. Sur les débuts de David et ses démêlés avec Saül, des traditions parallèles et, semble-t-il, également anciennes ont été recueillies dans 1 S 16.14 – 2 S 1, où les doublets sont fréquents. La fin de cette histoire se trouve dans 2 S 2-5 : la royauté de David à Hébron, la guerre philistine et la prise de Jérusalem assurent la confirmation de David comme roi sur tout Israël, 2 S 5.12. Le chap. 6 reprend l’histoire de l’arche ; la prophétie de Natân, 7, est ancienne mais a été remaniée ; le chap. 8 est un sommaire rédactionnel. À partir de 2 S 9 commence un long récit qui ne s’achèvera qu’au début des Rois, 1 R 1-2. C’est l’histoire de la famille de David et des luttes autour de la succession au trône, écrite dans la première moitié du règne de Salomon peut-être en utilisant des témoignages directs. Elle est interrompue par 2 S 21-24, qui rassemble des pièces d’origine diverse sur le règne de David.

En dehors de la grande histoire de 2 S 9-20, il est possible que d’autres ensembles aient été constitués dès les premiers siècles de la monarchie : un premier cycle de Samuel, deux histoires de Saül et de David. Il se peut aussi que ces ensembles aient déjà été combinés aux environs de l’an 700, mais les livres ne reçurent leur forme définitive que dans la grande histoire deutéronomiste. Cependant l’influence du Deutéronome est ici beaucoup moins apparente que dans Juges et Rois. On la décèle en particulier dans les premiers chapitres de l’ouvrage, notamment 1 S 2.22-36 ; 7 et 12, peut-être dans un remaniement de la prophétie de Natân, 2 S 7, mais le récit de 2 S 9-20 a été conservé à peu près sans retouche.

Les livres de Samuel couvrent la période qui va des origines de la monarchie israélite à la fin du règne de David. L’expansion des Philistins – la bataille d’Apheq, 1 S 4, se situe vers 1050 – mettait en danger l’existence même d’Israël et imposa la monarchie. Saül, vers 1030, débute comme un continuateur des Juges, mais sa reconnaissance par toutes les tribus lui confère une autorité générale et permanente : la royauté est née. La guerre de libération commence et les Philistins sont rejetés chez eux, 1 S 14 ; les rencontres ultérieures se font en bordure du territoire israélite, 1 S 17 (Vallée du Térébinthe), 28 et 31 (Gelboé). Ce dernier combat tourne au désastre et Saül y meurt, vers 1010. L’unité nationale est à nouveau compromise, David est sacré roi à Hébron par les Judéens, et les tribus du Nord lui opposent Ishbaal, descendant de Saül, réfugié en Transjordanie. Cependant, le meurtre d’Ishbaal rend l’union possible et David est reconnu comme roi par Israël.

Réduire

Après votre inscription, vous pourrez vous abonner à l’envoi des textes de n’importe quel plan de lecture de la Bible.

Nous prévoyons d’ajouter progressivement des paramètres personnalisés ainsi que d’autres services pour les utilisateurs inscrits. Nous vous conseillons donc de vous inscrire dès maintenant. C’est gratuit.