Bible-Centre

La réflexion principale pour le 7 février 2017

Comme on le sait, l'une des grandes questions du yahvisme comme du judaïsme était celle de la pureté rituelle. Rien d'étonnant à cela : c'était justement la pureté rituelle qui déterminait la possibilité, ou l'impossibilité, pour un homme de s'approcher de l'autel et d'être sanctifié. Cependant, avec le temps, le véritable sens des normes et des règles de pureté rituelle fut sinon complètement, du moins très largement oublié. À l'époque de Paul, pour beaucoup, elles avaient déjà une valeur en elles-mêmes et exigeaient une observance rigoureuse simplement parce que le respect de ces normes et de ces règles était devenu un devoir religieux. Leur transgression fut alors considérée presque comme un crime, non parce que l'attitude envers le sacré était devenue plus respectueuse, mais parce que la religiosité elle-même, du moins dans certains milieux pharisiens, était devenue sensiblement plus rigoriste. Or, dans le Royaume, les notions traditionnelles de pureté et d'impureté deviennent non pertinentes : le Royaume est sanctifié tout entier, sanctifié par ce souffle de Dieu qui le traverse jusqu'à ses extrémités. Et pour les habitants du Royaume, la séparation entre pur et impur n'a plus d'actualité : dans le Royaume, rien d'impur, c'est-à-dire rien qui ne puisse être sanctifié, ne peut exister par définition. Pourtant l'inertie religieuse pénétrait aussi les communautés ecclésiales composées aussi bien de Juifs que d'anciens païens. Et il était difficile aux Juifs profondément religieux, en général, d'accepter que les normes et les règles de pureté rituelle qui formaient le noyau de leur tradition religieuse deviennent soudain sans actualité. Ils continuaient donc d'insister sur l'observance de règles qui, dans le nouveau contexte, avaient perdu tout sens. Ils continuaient d'en exiger l'observance de chaque membre de l'Église, affirmant qu'on n'entre pas dans le Royaume sans elle. Et ils ne voulaient absolument pas accepter que, pour l'Église, leur religiosité soit leur affaire strictement personnelle. Paul, bien sûr, comprend parfaitement qu'il en est ainsi, que pour le Royaume la question de la pureté et de l'impureté se résout uniquement au niveau du cœur humain : s'il est pur, aucune impureté ne peut se trouver dans la vie d'un tel homme ; s'il est impur, il n'y a plus à craindre aucune autre impureté, car le pire est déjà arrivé. C'est ainsi que l'apôtre résout la question du pur et de l'impur par rapport au Royaume, et donc par rapport à l'Église.

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