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La Bible en cinq ans pour le 11 novembre 2016

La Bible de Jérusalem (fr)

Josué, Chapitre 13

II. Répartition du pays entre les tribus> 1 Pays qui restent à conquérir., 8 1. DESCRIPTION DES TRIBUS TRANSJORDANIENNES, 8 Esquisse d’ensemble., 15 La tribu de Ruben., 24 La tribu de Gad., 29 La demi-tribu de Manassé.
Or Josué était devenu vieux et avancé en âge. Yahvé lui dit : « Te voilà vieux, avancé en âge, et pourtant il reste à prendre possession d’un très grand pays.
Voici tout le pays qui reste :« Tous les districts des Philistins et tout le pays des Geshurites ;
depuis le Shihor qui fait face à l’Égypte jusqu’à la frontière d’Éqrôn au nord, c’est compté comme cananéen. Les cinq princes des Philistins sont celui de Gaza, celui d’Ashdod, celui d’Ashqelon, celui de Gat et celui d’Éqrôn ; les Avvites sont
au midi. Tout le pays des Cananéens, et Mearah qui est aux Sidoniens, jusqu’à Aphéqa et jusqu’à la frontière des Amorites ;
puis le pays du Giblite avec tout le Liban à l’orient, depuis Baal-Gad au pied du mont Hermon jusqu’à l’Entrée de Hamat.
« Tous les habitants de la montagne depuis le Liban jusqu’à Misrephot-Maïm, tous les Sidoniens, c’est moi qui les déposséderai devant les Israélites. Tu n’as qu’à distribuer le pays en héritage aux Israélites comme je te l’ai ordonné.
Le moment est venu de partager ce pays en héritage entre les neuf tribus et la demi-tribu de Manassé : depuis le Jourdain jusqu’à la Grande mer à l’occident, tu le leur donneras ; la Grande mer sera leur limite.
Quant à l’autre demi-tribu de Manassé, elle avait, avec les Rubénites et les Gadites, déjà reçu son héritage, celui que Moïse leur avait donné au-delà du Jourdain, à l’orient, comme Moïse, serviteur de Yahvé, le leur avait alors donné :
à partir d’Aroër qui est sur le bord de la vallée de l’Arnon, avec la ville qui est au fond de la vallée et tout le plateau depuis Médba jusqu’à Dibôn ;
10 toutes les villes de Sihôn, roi des Amorites, qui avait régné à Heshbôn, jusqu’à la frontière des Ammonites.
11 Puis le Galaad et le territoire des Geshurites et des Maakatites, avec tout le massif de l’Hermon et le Bashân en entier, jusqu’à Salka ;
12 et dans le Bashân, tout le royaume de Og qui avait régné à Ashtarot et à Édréï, et fut le dernier survivant des Rephaïm. Moïse les avait battus et les avait dépossédés.
13 Mais les Israélites ne dépossédèrent pas les Geshurites ni les Maakatites, aussi Geshur et Maaka habitent-ils au milieu d’Israël jusqu’à ce jour.
14 La tribu de Lévi fut la seule à laquelle on ne donna pas d’héritage : les dons faits à Yahvé, Dieu d’Israël, furent son héritage, comme il le lui avait dit.
15 Moïse avait donné à la tribu des fils de Ruben une part selon leurs clans.
16 Ils eurent donc pour territoire depuis Aroër qui est sur le bord de la vallée, avec la ville qui est au fond de la vallée, tout le plateau jusqu’à Médba,
17 Heshbôn avec toutes les villes qui sont sur le plateau : Dibôn, Bamot-Baal, Bet-Baal-Meôn,
18 Yahaç, Qedémot, Méphaat,
19 Qiryatayim, Sibma et, dans la montagne de la Araba, Çérèt-ha-Shahar ;
20 Bet-Péor, les pentes du Pisga, Bet-ha-Yeshimot,
21 toutes les villes du plateau et tout le royaume de Sihôn, roi des Amorites, qui régna à Heshbôn ; il avait été battu par Moïse ainsi que les princes de Madiân, Évi, Réqem, Çur, Hur, Réba, vassaux de Sihôn qui habitaient le pays.
22 Quant à Balaam, fils de Béor, le devin, les Israélites l’avaient tué par l’épée, avec d’autres victimes.
23 Ainsi la frontière des Rubénites était le Jourdain et son territoire. Tel fut l’héritage des fils de Ruben selon leurs clans, avec les villes et leurs villages.
24 Moïse avait donné à la tribu de Gad, aux fils de Gad, une part selon leurs clans.
25 Ils eurent pour territoire Yazèr, toutes les villes de Galaad, la moitié du pays des Ammonites jusqu’à Aroër qui est en face de Rabba,
26 et depuis Heshbôn jusqu’à Ramat-ha-Miçpé et Betonim ; à partir de Mahanayim jusqu’au territoire de Lo-Debar,
27 et dans la vallée : Bet-Haram, Bet-Nimra, Sukkot, Çaphôn — le reste du royaume de Sihôn, roi d’Heshbôn —, le Jourdain et le territoire allant jusqu’à l’extrémité de la mer de Kinnérèt, au-delà du Jourdain, à l’orient.
28 Tel fut l’héritage des fils de Gad, selon leurs clans, avec leurs villes et leurs villages.
29 Moïse avait donné à la demi-tribu de Manassé (et ce fut pour la demi-tribu des fils de Manassé) une part selon leurs clans.
30 Ils eurent pour territoire à partir de Mahanayim tout le Bashân, tout le royaume de Og, roi du Bashân, tous les douars de Yaïr en Bashân, soit soixante villes.
31 La moitié de Galaad ainsi qu’Ashtarot et Édréï, villes royales de Og en Bashân, passèrent aux fils de Makir, fils de Manassé, à la moitié des fils de Makir selon leurs clans.
32 Voici ce que Moïse avait donné en héritage dans les steppes de Moab, au-delà du Jourdain de Jéricho, à l’orient.
33 Mais à la tribu de Lévi, Moïse n’avait pas donné d’héritage : c’est Yahvé, le Dieu d’Israël, qui est son héritage, comme il le leur avait dit.
Lire la suite:Josué, Chapitre 14
Notes:
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Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

1 r) Ce sont des territoires qui ne sont jamais devenus israélites, bien qu’ils soient dans le cadre de la Terre Sainte idéale de 1.4 et dans le tracé de Nb 34.1-12 au sud, le pays des Philistins, avec les Geshurites, cf. 1 S 27.8, et les Avvites, cf. Dt 2.23 ; au nord, le pays des Sidoniens, c’est-à-dire la Phénicie. Le passage 13.1-7 est du rédacteur, introduisant le document géographique.


2 s) D’après Dt 2.23 ; Am 9.7 ; Jr 47.4s, les Philistins sont originaires de Kaphtor, qui est la Crête plus probablement que l’Asie Mineure. De toute manière, ce ne fut qu’une étape dans leur migration, et leur origine demeure obscure. Ils faisaient partie du grand mouvement des « Peuples de la Mer » qui déferla jusqu’aux portes de l’Égypte, où il fut arrêté par Ramsès III, au début du XIIe s. Après leur défaite, les Philistins furent installés dans la plaine côtière de la Palestine (qui leur doit son nom). Leur mention en Gn 21.32-34 ; 26.1-8 et Ex 13.7 est une anticipation. Le v. 4 énumère leurs cinq districts, cf. Jg 3.3 ; Jl 4.4. Ce n’étaient pas des Sémites, et ils ne pratiquaient pas la circoncision. Ennemis acharnés des Israélites du temps des Juges et de Saül, ils furent refoulés par David mais se maintinrent sur la côte.


4 t) Texte corrompu. On attendait « depuis (tel lieu) ». Toutes les corrections proposées sont incertaines.


7 u) « depuis le Jourdain... leur limite » grec ; omis par hébr.


8 v) Cette section prend ses éléments dans Nb 32 et Dt 3.12-17, en y ajoutant des noms de lieux, mais ne donne pas une description du territoire des tribus comme il sera fait pour le groupe de Cisjordanie. La géographie de ces tribus était incertaine pour les Israélites eux-mêmes, et Ruben et Gad sont généralement traités comme une unité, Nb 32.1s ; Dt 3.12 ; 1.12, etc. Les deux tribus ont bientôt été diminuées par le développement des royaumes ammonite et moabite, cf. pour Ruben Gn 49.4 ; Dt 33.6, et pour Gad Gn 49.19. Les origines de la demi-tribu de Manassé sont obscures ; il semble que son installation en Galaad du nord ne date pas de cette première période, cf. Nb 32.1.


8 w) « Quant à l’autre demi-tribu de Manassé », restitué d’après le grec.


14 x) « Yahvé, Dieu d’Israël fut » grec.


29 y) Cette glose est omise par le grec.


Le livre de Josué se divise en trois parties : a) la conquête de la Terre Promise, 1-12 ; b) la répartition du territoire entre les tribus, 13-21 ; c) la fin de la carrière de Josué, et spécialement son dernier discours et l’assemblée de Sichem, 22-24. Il est certain que ce livre n’a pas été écrit par Josué lui-même, comme l’a admis la tradition juive, et qu’il met en œuvre des sources variées. Dans la première partie, on reconnaît, dans les chap. 2-9, un groupe de traditions qui se rattachent très probablement au sanctuaire benjaminite de Gilgal. Les chap. 2 et 9, l’histoire d’une femme, Rahab, et celle d’un groupe d’étrangers, les Gabaonites, encadrent ce premier ensemble littéraire. Dans les chap. 10-11, on trouve deux histoires de batailles, celle de Gabaôn et celle de Mérom, auxquelles est rattachée la conquête de tout le sud puis de tout le nord du pays. L’histoire des Gabaonites, chap. 9, en enjambant sur 10.1-6, fait le lien entre ces deux groupes de chapitres, vraisemblablement réunis avant la fin de l’époque monarchique.

Les traditions recueillies dans les chap. 3-8 ont été conservées à Gilgal, un sanctuaire de Benjamin ; la figure de Josué, qui est un Éphraïmite, pourrait bien y être secondaire ; sa présence dans les récits veut souligner que, dès avant la royauté, l’entrée en Canaan s’est faite sous un chef unique. L’aspect étiologique de ces récits, c’est-à-dire leur souci d’expliquer des faits ou des situations qui restent observables, est indéniable et obéit à une motivation historique. Dans les récits relatifs à Jéricho, chap. 6, et à Aï, chap. 8, l’historicité des événements rapportés est difficile à prouver et ne reçoit pas l’appui des découvertes archéologiques.

La seconde partie est un exposé géographique d’un genre tout différent. Le chap. 13 localise les tribus de Ruben et de Gad et la demi-tribu de Manassé, déjà installées par Moïse en Transjordanie, d’après Nb 32, cf. Dt 3.12-17. Les chap. 14-19 concernent les tribus à l’ouest du Jourdain et combinent deux sortes de documents : une description des limites des tribus, qui est d’une précision très inégale et qui remonte pour le fond à l’époque prémonarchique, et des listes de villes qui ont été ajoutées. La plus détaillée est celle des villes de Juda, 15, qui, complétée par une partie de villes de Benjamin, Jos 18.25-28, répartit les villes en douze districts ; elle reflète une division administrative du royaume de Juda, probablement sous Josaphat. En manière de compléments, le chap. 20 énumère les villes de refuge dont la liste n’est pas antérieure au règne de Salomon ; le chap. 21, sur les villes lévitiques, est une addition postérieure à l’Exil, qui utilise cependant les souvenirs de l’époque monarchique.

Dans la troisième partie, le chap. 22, sur le retour des tribus d’outre-Jourdain et l’érection d’un autel au bord du fleuve, porte les marques de rédactions deutéronomiste et sacerdotale ; il a pour origine une tradition particulière dont l’âge et le sens sont incertains. Le chap. 24 préserve le vieux et authentique souvenir d’une assemblée à Sichem et du pacte religieux qui y fut conclu.

À la rédaction deutéronomiste, on peut attribuer, outre des retouches de détail, les passages suivants : 1 (en grande partie) ; 8.30-35 ; 10.28-43 ; 11.11-24 ; 12 (sauf la liste) ; 22.1-8 ; 23 ; la révision de 24. La manière dont le chap. 24, retouché dans l’esprit du Deutéronome, a été maintenu à côté du chap. 23, qui s’en inspire mais est d’une autre main, fournit l’indice de deux éditions successives du livre.

Celui-ci présente la conquête de toute la Terre Promise comme le résultat d’une action d’ensemble des tribus sous la conduite de Josué. Le récit de Jg 1 offre un tableau différent : on y voit chaque tribu luttant pour son territoire et souvent mise en échec ; c’est une tradition d’origine judéenne, dont les éléments ont pénétré dans la partie géographique de Josué, Jos 13.1-6 ; 14.6-15 ; 15.13-19 ; 17.12-18. Cette image d’une conquête dispersée et incomplète est plus proche de la réalité historique, que l’on ne peut restituer que d’une manière conjecturale. L’installation dans le Sud de la Palestine se fit à partir de Cadès et du Négeb et surtout par des groupes qui ne furent que progressivement intégrés à Juda : les Calébites, Qenizzites, etc., et les Siméonites. L’installation en Palestine centrale fut l’œuvre des groupes qui traversèrent le Jourdain sous la conduite de Josué et qui comprenaient les éléments des tribus d’Éphraïm-Manassé et de Benjamin. L’installation dans le Nord eut une histoire particulière : les tribus de Zabulon, Issachar, Asher et Nephtali étaient établies depuis un temps indéterminé et ne sont pas descendues en Égypte. À Sichem, elles se rallièrent à la foi yahviste que le groupe de Josué avait apportée et elles acquirent leurs territoires définitifs en luttant contre les Cananéens qui les avaient asservies ou qui les menaçaient. Dans ces différentes régions, l’installation se fit en partie par des actions guerrières, en partie par une infiltration pacifique et par des alliances avec les précédents occupants du pays. Il faut retenir comme historique le rôle de Josué dans l’installation en Palestine centrale, depuis le passage du Jourdain jusqu’à l’assemblée de Sichem. Considérant la date qui a été indiquée pour l’Exode (Introduction au Pentateuque), on peut proposer la chronologie suivante : entrée des groupes du Sud vers 1250, occupation de la Palestine centrale par les groupes venant d’outre-Jourdain à partir de 1225, expansion des groupes du Nord vers 1200 av. J.-C.

De cette histoire complexe, que nous ne restituons que par hypothèse, le livre de Josué donne un tableau idéalisé et simplifié. Il est idéalisé : l’épopée de la sortie d’Égypte se continue dans cette conquête où Dieu intervient miraculeusement en faveur de son peuple. Il est simplifié : tous les épisodes se sont polarisés autour de la grande figure de Josué, qui mène les combats de la Maison de Joseph, 1-12, et à qui est attribuée une répartition du territoire qui ne s’effectua pas par lui ni d’un coup, 13-21. Le livre s’achève par les adieux et la mort de Josué, 23, 24 ; ainsi, du début à la fin, il en est le personnage principal. En lui, les Pères de l’Église ont reconnu une préfiguration de Jésus : non seulement il porte le même nom sauveur, mais le passage du Jourdain, introduisant avec lui dans la Terre Promise, est le type du baptême en Jésus qui introduit à Dieu, et la conquête et la répartition du territoire sont devenues l’image des victoires et de l’expansion de l’Église.

Cette terre de Canaan est bien, dans l’horizon de l’Ancien Testament, le vrai sujet du livre : le peuple, qui avait trouvé son Dieu au désert, reçoit maintenant sa terre, et il la reçoit de son Dieu. Car c’est Yahvé qui a combattu pour les Israélites, Jos 23.3-10 ; 24.11-12, et leur a donné en héritage le pays qu’il avait promis aux Pères, 23.5, 14.

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