Bible-Centre

Lecture en trois ans pour le 23 octobre 2014

La Bible de Jérusalem (fr)

Joël, Chapitre 1,  vers 10-20

I. Le fléau des sauterelles> 2 1. LITURGIE DE DEUIL ET DE SUPPLICATION, 2 Complainte sur la désolation du pays., 13 Appel à la pénitence et à la prière.
10 La campagne est ravagée,
la terre est en deuil.
Car les blés sont ravagés,
le vin fait défaut,
l’huile fraîche tarit.
11 Soyez consternés, laboureurs,
lamentez-vous, vignerons,
sur le froment et sur l’orge,
car elle est perdue, la moisson des champs.
12 La vigne est étiolée
et le figuier flétri ;
grenadiers, palmiers et pommiers,
tous les arbres des champs ont séché.
Oui, la gaieté fait défaut
parmi les humains.
13 Prêtres, revêtez-vous du sac ! Poussez des cris de deuil !
Lamentez-vous, serviteurs de l’autel !
Venez, passez la nuit vêtus du sac,
serviteurs de mon Dieu !
Car la maison de votre Dieu est privée
d’oblation et de libation.
14 Prescrivez un jeûne,
publiez une solennité,
réunissez les anciens,
tous les habitants du pays
à la maison de Yahvé votre Dieu.
Criez vers Yahvé :
15 Ah ! Quel jour !
Car il est proche, le jour de Yahvé,
il arrive comme une dévastation venant de Shaddaï.
16 Les aliments n’ont-ils pas disparu
sous nos yeux,
la joie et l’allégresse
de la maison de notre Dieu ?
17 Les grains éparpillés
ont séché sous leurs mottes ;
les silos sont dévastés,
les greniers en ruine,
car le blé fait défaut.
18 Comme le bétail gémit !
Les troupeaux de bœufs errent affolés,
car ils n’ont plus de pâtures.
Même les troupeaux de brebis subissent le châtiment.
19 Yahvé, je crie vers toi !
car le feu a dévoré les pacages des landes,
la flamme a consumé tous les arbres des champs.
20 Même les bêtes des champs languissent après toi,
car les cours d’eau sont à sec,
le feu a dévoré les pacages des landes.
Lire la suite:Joël, Chapitre 2
Notes:
Commentaire sur le fragment en cours
Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

13 e) Dans le Temple, cf. 2.17.


14 f) Littéralement « Sanctifiez ». Mêmes appels à la pénitence et à la prière en 2.12-13, 15-17 ; cf. Jon 3.5-9. L’intérêt que porte Joël à ces manifestations religieuses comme aux éléments du culte, 1.9, 13, 16 ; 2.14, est en vif contraste avec l’attitude d’Amos, d’Osée, de Michée, de Jérémie, cf. Am 5.21. Joël pense d’ailleurs à la conversion du cœur, 2.13.


15 g) Jeu de mots entre « dévastation » (shôd) et le nom divin Shaddaï , cf. Gn 17.1. Le fléau des sauterelles est annonciateur du « Jour de Yahvé », jour terrible, cf. 2.1-2, 11 ; Am 5.18, même si dans le contexte de 3-4, cf. Ab 15, il apporte le triomphe final d’Israël.


17 h) Sens incertain trois des quatre mots hébreux de cette phrase n’apparaissent qu’ici.


19 i) Le feu, cf. 2.3, et la flamme images de la sécheresse, cf. Am 7.4.


Le livre de Joël se divise naturellement en deux parties. Dans la première, une invasion de sauterelles qui ravage Juda provoque une liturgie de deuil et de supplication ; Yahvé répond en promettant la fin du fléau et le retour de l’abondance, Jl 1.2–2.27. La seconde partie décrit dans un style apocalyptique le jugement des nations et la victoire définitive de Yahvé et d’Israël, 3-4. L’unité entre les deux parties est assurée par la référence au Jour de Yahvé, qui est proprement le thème des chap. 3-4 mais qui paraît déjà dans Jl 1.15 ; 2.1-2, 10-11. Les sauterelles sont l’armée de Yahvé, lancée pour exécuter son jugement, un Jour de Yahvé, dont on peut être sauvé par la pénitence et la prière ; le fléau devient le type du grand jugement final, le Jour de Yahvé qui ouvrira les temps eschatologiques. Il n’y a pas lieu de distinguer deux auteurs ni deux époques de composition. On a encore défendu récemment une date à la fin de l’époque monarchique. La majorité des exégètes opte pour la période postexilique, avec les arguments suivants : l’absence de référence à un roi, les allusions à l’Exil mais aussi au Temple reconstruit, les rapports avec le Deutéronome et les prophètes postérieurs, Ézéchiel, Sophonie, Malachie, Abdias, cité à Jl 3.5. Le livre aurait été composé aux environs de 400 av. J.-C.

Ses attaches avec le culte sont évidentes. Les chap. 1-2 ont les caractères d’une liturgie pénitentielle, qui s’achève par la promesse prophétique du pardon divin. On a donc considéré Joël comme un prophète cultuel, attaché au service du Temple. Cependant, ces traits peuvent s’expliquer par l’imitation littéraire de formes liturgiques. Le livret n’est pas le compte rendu d’une prédication dans le Temple, il est une composition écrite, faite pour être lue. On est à la fin du courant prophétique.

L’effusion de l’esprit prophétique sur tout le peuple de Dieu à l’ère eschatologique, Jl 3.1-5, répond au souhait de Moïse dans Nb 11.29. Le Nouveau Testament considère que l’annonce s’est réalisée lors de la venue de l’Esprit sur les Apôtres du Christ, et saint Pierre citera tout ce passage, Ac 2.16-21 : Joël est le prophète de la Pentecôte. Il est aussi le prophète de la pénitence et ses invitations au jeûne et à la prière, empruntées des cérémonies du Temple ou rédigées sur leur modèle, entreront naturellement dans la liturgie chrétienne du Carême.

Réduire

Après votre inscription, vous pourrez vous abonner à l’envoi des textes de n’importe quel plan de lecture de la Bible.

Nous prévoyons d’ajouter progressivement des paramètres personnalisés ainsi que d’autres services pour les utilisateurs inscrits. Nous vous conseillons donc de vous inscrire dès maintenant. C’est gratuit.