En lisant de nombreux passages de l'Écriture, il est parfois difficile de comprendre et de sentir aussitôt l'atmosphère de ce qui se passe, les dispositions des personnes, malgré le fait...
En lisant de nombreux passages de l'Écriture, il est parfois difficile de comprendre et de sentir aussitôt l'atmosphère de ce qui se passe, les dispositions des personnes, bien que les évangélistes les mentionnent souvent. La raison en est sans doute que ceux qui écrivent ne mettent pas dans leurs lignes leur propre attitude ni leurs émotions à propos de ce qu'ils décrivent.
Pour comprendre, il nous faut nous arrêter, peut-être relire encore plusieurs fois le passage, réfléchir et nous représenter la situation. La Parole de Dieu est plus vivante que n'importe quel autre livre précisément parce qu'elle n'est pas obscurcie par la personnalité de celui qui écrit et nous donne la possibilité de devenir participants de ces événements.
Pour « lire » le passage d'aujourd'hui des Actes, il ne suffit pas de lire la phrase : « ... boiteux dès le ventre de sa mère... » et de la comprendre comme nous comprenons d'ordinaire le mot « boiteux », c'est-à-dire quelqu'un qui peut marcher, mais avec effort et douleur ; il faut aussi voir ce qui se passait réellement. Cet homme, on « le portait et on le déposait » ; il ne pouvait donc pas se déplacer seul. Il faut voir son regard fixé sur les apôtres, attendant l'aumône. Cet homme, contrairement à d'autres guéris que nous connaissons (voir, par exemple,Mc 10:51), ne pensait pas demander la guérison.
Il est étonnant qu'un détail apparemment si peu important soit indiqué : la main par laquelle Pierre relève le boiteux. Mais ce détail rend le récit vivant et dit l'importance de ce qui arrive. Cet homme a sûrement gardé toute sa vie le souvenir de ce contact après lequel il a pu marcher. Et ensuite, celui qui mesurait chaque journée notamment à ce qu'on lui donnerait ce jour-là bondit et entre dans le Temple. Or auparavant il ne s'asseyait qu'à côté du Temple, et personne ne le portait à l'intérieur ; peut-être même ne le demandait-il pas...
Et voici que cet homme glorifie Dieu, qui désormais, pour lui, est lié à son Fils, le Christ, au nom duquel la guérison a été accomplie.