Chacun connaît des moments de choix qui déterminent toute la suite de sa vie. Dans une telle situation, chacun se laisse naturellement guider par ses propres motifs. Il arrive souvent que ceux-ci conduisent la personne dans la direction même que le dessein de Dieu a fixée pour sa...
Chacun connaît des moments de choix qui déterminent toute la suite de sa vie. Dans une telle situation, chacun se laisse naturellement guider par ses propres motifs. Il arrive souvent que ceux-ci conduisent la personne dans la direction même que le dessein de Dieu a fixée pour sa propre vie, bien qu'elle-même puisse ne jamais penser à rien de tel. En effet, qu'est-ce que Ruth pouvait savoir du Dieu de sa belle-mère, même si celle-ci avait essayé de lui en parler ?
Elle ne savait probablement rien de Lui qui dépassât le cadre d'une religiosité extérieure. Les paroles « ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu » ne sont qu'une formule traditionnelle exprimant la disponibilité de Ruth à suivre sa belle-mère dans son pays natal en quittant son propre peuple. Mais Dieu a Son dessein, et Ruth entrera réellement dans Son peuple, si pleinement que l'un de ses descendants deviendra un jour roi d'Israël, pays qu'il créera lui-même.
C'est probablement ce que les théologiens appellent parfois « synergie », l'action conjointe de Dieu et de l'homme. Elle n'est sans doute pas toujours pleinement consciente. Mais celui qui agit ainsi part toujours de quelque chose qui est pour lui un mouvement profond du cœur, sincère dans sa pureté.
En effet, selon tous les calculs humains, Ruth aurait dû quitter sa belle-mère : elle n'avait aucune raison de rester avec elle, et Noémi elle-même le comprenait parfaitement. Mais l'attachement à une personne devenue proche a été plus fort que les calculs de la vie quotidienne. Le choix fait par Ruth est devenu le fondement spirituel qui lui a permis de devenir membre du peuple de Dieu.
Bien sûr, Dieu a encore dû accomplir quelque chose sans quoi cette entrée aurait été impossible. Mais Il avait de quoi travailler dans le cœur de Ruth. C'est probablement l'essentiel dans les relations entre Dieu et l'homme, l'essentiel à partir duquel commence tout chemin spirituel. Dieu a besoin d'au moins une chance, d'au moins une possibilité, lorsqu'il s'agit du cœur humain. Il Se chargera du reste. Dieu ne manque jamais Sa chance de sauver un être humain.
16 e) À l’encontre d’Orpa, qui retourne en Moab et à son dieu Kemosh, Ruth, entrant dans le domaine et dans le peuple de Yahvé, n’aura plus d’autre Dieu que lui. À l’inverse, Dt 23.4 exclut les Moabites du culte.
17 f) C’est la formule du serment imprécatoire, cf. Nb 5.21s ; 1 S 3.17 ; 14.44 ; 1 S 20.13 ; 25.22 ; 2 S 3.9, 35 ; 19.14 ; 1 R 2.23 ; 2 R 6.31. En le prononçant, on précisait les maux qu’on appelait sur la personne visée, mais, l’efficacité des malédictions étant redoutable, le narrateur use pour les rapporter de cette formule indéterminée.
20 g) Mara, « l’amère » ou, en corrigeant, Mari, « mon amertume », correspondant à Noémi, « ma douceur ».
Le livret de Ruth est placé à la suite des Juges dans la Septante, la Vulgate et les traductions modernes. Dans la Bible hébraïque, il est rangé avec les Hagiographes comme l’un des cinq rouleaux, les « megillôt », qu’on lisait aux principales fêtes, Ruth servant pour la fête de la Pentecôte. Bien que son sujet rattache le livre à la période des Juges, cf. 1.1, il ne faisait pas partie de la rédaction deutéronomiste qui s’est étendue de Josué à la fin des Rois.
C’est l’histoire de Ruth la Moabite qui, après la mort de son mari, un homme de Bethléem émigré en Moab, revient en Juda avec sa belle-mère Noémi et épouse Booz, un parent de son mari, en application de la loi du lévirat ; de ce mariage naît Obed qui sera le grand-père de David.
Une addition, 4.18-22, donne une généalogie de David, parallèle à celle de 1 Ch 2.5-15.
La date de composition est très discutée et l’on a proposé toutes les périodes depuis David et Salomon jusqu’à Néhémie. Les arguments avancés pour une date tardive : place dans le canon hébreu, langue, coutumes familiales, doctrine, ne sont pas décisifs et le livret, moins les derniers versets, pourrait avoir été composé à l’époque monarchique. C’est une histoire édifiante, dont l’intention principale est de montrer comment est récompensée la confiance qu’on met en Dieu, dont la miséricorde s’étend jusque sur une étrangère, 2.12. Cette foi en la Providence et cet esprit universaliste sont l’enseignement durable du récit. Le fait que Ruth a été reconnue comme la bisaïeule de David a donné un prix particulier au livret, et saint Matthieu a inclus le nom de Ruth dans la généalogie du Christ, Mt 1.5.