L'humanité a connu le repentir de tout temps, bien avant Abraham et les premières révélations yahvistes. Et de tout temps on a considéré que le repentir allège la faute. Il y avait, bien sûr, des exceptions : dans certaines situations, aucun repentir ne pouvait aider l'homme. Mais le plus souvent, il en allait autrement. Pourquoi ? La réponse la plus simple qui vient à l'esprit est celle-ci : l'homme qui se repent sincèrement de ce qu'il a fait ne recommencera sans doute pas. Ce qui est fait ne peut être défait, mais pour l'avenir on peut compter sur celui qui s'est repenti. Cela, bien sûr, seulement si le repentir est sincère. Mais comment s'assurer de la sincérité ? Pour Dieu, évidemment, ce problème n'existe pas : le cœur de chacun de nous est devant Lui comme dans la paume de la main. Mais pourquoi Lui faut-il notre repentir ? Il connaît parfaitement toutes nos capacités et nos possibilités, Il sait ce que nous pouvons et ce que nous ne pouvons pas ; aucun de nos écarts n'est pour Lui inattendu, si bien que notre repentir n'est pas pour Lui un témoignage en soi. Et pourtant il est nécessaire. Pourquoi ? Ou peut-être vaudrait-il mieux demander : à qui ? À Dieu ou à nous ? Qu'exprime devant Lui notre repentir ? Sans doute une seule chose : la déclaration de nos intentions. Dans nos promesses de ne plus pécher, ce qui Lui importe, c'est notre choix et notre résolution. Et la reconnaissance que nous avons eu tort et que nous voulons corriger la situation. Non parce que nos regrets Lui importent, mais parce qu'une telle reconnaissance Lui délie les mains, ouvrant la route vers notre cœur. Et pour le reste, Il s'en chargera.
