Jacques tient la longue patience en haute estime. Il donne en exemple à ses contemporains les anciens prophètes et Job, héros du livre biblique du même nom. Bien sûr, Jésus Lui-même a plus d'une fois averti...
Jacques tient la longue patience en haute estime. Il donne en exemple à ses contemporains les anciens prophètes et Job, héros du livre biblique du même nom. Bien sûr, Jésus Lui-même a plus d'une fois averti Ses disciples de l'inévitabilité de la souffrance. Et si l'on considère que les persécutions dont il était question étaient envisagées davantage comme la norme de la vie chrétienne que comme des épisodes, on comprend qu'il faut se préparer à endurer, et à endurer longtemps. Mais il ne s'agit pourtant pas, semble-t-il, de la seule inévitabilité et de la nécessité pratique de la longue patience. En effet, de quoi dépend-elle en général ? En principe, une souffrance brève, même intense, est souvent plus facile à supporter qu'une souffrance prolongée, même si celle-ci est moins forte. Rien d'étonnant à cela : les ressources d'un organisme humain sain sont d'ordinaire assez grandes, et, avec une motivation adéquate, leur mobilisation à court terme produit l'effet correspondant, permettant parfois de supporter même ce qui semblait auparavant insupportable. Bien sûr, cette motivation peut être la fidélité au Christ, mais pas seulement : il peut y avoir aussi un élan émotionnel, une conviction intellectuelle, une exaltation religieuse. On ne peut pas dire que tout cela soit sans rapport avec la vie spirituelle : il y a bien là un choix conscient et la fidélité à une décision prise une fois pour toutes. Mais une telle vie spirituelle ne dépasse pas encore les limites d'un monde qui n'est pas encore transfiguré. Or, quand il s'agit de fidélité au Christ, de relations avec Lui, il faut parler directement de la vie du Royaume, car les relations avec Lui ne sont possibles que dans le Royaume. Et là, nous recevons en réalité une ressource inépuisable, qui permet de supporter les difficultés et les épreuves non pas pendant cette courte période au terme de laquelle les forces humaines, malgré tout limitées, s'épuisent, mais pendant longtemps, bien au-delà de ce que permettraient des forces humaines. C'est pourquoi l'apôtre estime tant la longue patience dans les épreuves : il témoigne de la qualité de la vie spirituelle de celui qui les supporte. Une qualité qui tient au fait que sa vie, bien qu'elle se déroule encore en partie dans notre monde en voie de transfiguration mais pas encore pleinement transfiguré, est pourtant déterminée non par les lois de ce monde, mais par les lois du Royaume.