Il est bon de lire la lecture d'aujourd'hui en commençant par la fin. Les prophètes rêvaient réellement de voir la venue du Messie, de voir les démons terrassés, de voir venir le Royaume...
Il est bon de lire la lecture d'aujourd'hui en commençant par la fin. Les prophètes rêvaient réellement de voir la venue du Messie, de voir les démons terrassés, de voir venir le Royaume et Jérusalem restaurée. Et que voyaient-ils autour d'eux ? Des guerres et des ruines incessantes, le malheur et les souffrances du peuple de Dieu, l'exil et la mort. Ils voyaient le Temple détruit et, comme tout le peuple, ils étaient livrés aux mains de leurs ennemis. Ils expliquaient pourquoi cela était arrivé, et leur voix n'était pas toujours entendue. Pourtant, l'essentiel pour eux n'était pas le péché déjà commis ni le fait que le peuple s'était détourné de Dieu et en souffrait. Pour les prophètes, l'essentiel restait que Dieu veut être avec les hommes, qu'il se porte vers eux et qu'il viendra nécessairement, parce qu'il est fidèle à ses promesses. Et s'il a promis son Royaume sur la terre, alors il en sera ainsi. Que doit donc faire celui qui s'est détourné, mais s'est repenti, celui qui pleure de n'avoir pas su rester fidèle ? Le prophète Baruch leur donne une prescription : « Comme votre détermination fut de vous éloigner de Dieu, décuplez-la pour revenir et le chercher. »
Le livre de Baruch est un des livres deutérocanoniques absents de la Bible hébraïque. Il est placé par la Bible grecque entre Jérémie et les Lamentations, par la Vulgate après les Lamentations. D’après l’introduction, 1.1-14, il aurait été écrit par Baruch, le secrétaire de Jérémie, à Babylone après la déportation et envoyé à Jérusalem pour être lu dans les assemblées liturgiques. Il contient : une prière de confession et d’espoir, 1.15 – 3.8, un poème sapientiel, 3.9 – 4.4, où la Sagesse est identifiée à la Loi, une pièce prophétique, 4.5 – 5.9, où Jérusalem personnifiée s’adresse aux exilés et où le prophète l’encourage par le rappel des espoirs messianiques.
L’introduction a été écrite directement en grec ; la prière de 1.15 – 3.8, qui développe celle de Dn 9.4-19, remonte certainement à un original hébreu et la même conclusion est probable pour les deux autres pièces. La date de composition la plus vraisemblable est le milieu du Ier siècle av. J.-C.
La Bible grecque garde à part la Lettre de Jérémie, que la Vulgate rattache au livre de Baruch, chap. 6, avec un titre spécial. C’est une dissertation apologétique contre le culte des idoles, développant dans un style banal les thèmes déjà exploités par Jr 10.1-16 ; Isa 44.9-20. L’idolâtrie ici visée est celle de Babylone à une basse époque. La Lettre, qui semble avoir été écrite en hébreu, date de la période grecque, sans qu’on puisse préciser davantage ; 2 M 2.1-3 paraît y faire allusion.
Un petit fragment du texte grec a été découvert dans l’une des grottes de Qumrân ; la paléographie le date des environs de 100 av. J.-C.
L’intérêt du recueil composite qui porte le nom de Baruch est de nous introduire dans les communautés de la Dispersion et de nous montrer comment la vie religieuse y était maintenue par les rapports avec Jérusalem, la prière, le culte de la Loi, l’esprit de revanche et les rêves messianiques. Avec les Lamentations, il est aussi un témoin du grand souvenir laissé par Jérémie, puisqu’on rattacha les deux petits livres au prophète et à son disciple. Le souvenir de Baruch s’est perpétué ; au IIe siècle de notre ère, on mit sous son nom deux Apocalypses qui nous ont été conservées, l’une en grec, l’autre en syriaque (avec des fragments grecs).