Dans la description de la venue du Royaume de Dieu, le mot «sera laissé» sonne de façon inhabituelle. Il est clair que la vie de l'humanité ressemble peu à ce que...
Dans la description de la venue du Royaume de Dieu, le mot «sera laissé» sonne de façon inhabituelle. Il est clair que la vie de l'humanité ressemble peu à ce que nous savons par les paroles de Jésus sur les propriétés et les manifestations du Royaume. Mais il apparaît que le choix pour nous sera précisément celui-ci: ou aller vers l'inconnu, ou rester ici, mais désormais pour toujours. L'inimitié, les guerres, le malheur, les maladies, la mort seront éternels, ce qui plaira à peu de gens. Et il faut choisir l'un des deux.
Il semble que ce soit seulement ainsi qu'on puisse comprendre la lecture évangélique d'aujourd'hui. Mais la mention de la femme de Lot nous donne une sorte d'instruction sur la manière dont il faut partir. Pourquoi s'est-elle alors retournée malgré l'interdiction? Peut-être était-ce une simple curiosité: que se passe-t-il là-bas après ton départ, comment vivent-ils, comment meurent-ils, que crient-ils quand la pluie de feu s'abat sur eux? Peut-être était-ce un dernier regard sur la ville où elle avait vécu toute sa vie, à laquelle tant de choses la rattachaient: maison, famille, enfants, tout était là, et tout ce qu'il y avait eu de bon là-bas, elle le regrettait. Ou bien c'était le désir humain ordinaire de revivre encore une fois le passé, de repasser plusieurs fois dans sa tête toutes les querelles après lesquelles on a encore envie de brandir les poings et de sortir vainqueur. Peut-être existe-t-il d'autres raisons, suffisantes de notre point de vue, pour se retourner et regarder ce qu'on ne verra plus jamais. Mais marcher la tête tournée en arrière est pratiquement impossible: même si l'on ne devient pas une colonne de sel, on se casse les jambes, voire le cou.