Pourquoi «il n’y a pas de crainte dans l’amour»? Pourquoi le fait que la crainte comporte un tourment fait-il de la crainte un obstacle sur le chemin de l’amour...
Pourquoi «il n’y a pas de crainte dans l’amour»? Pourquoi le fait que la crainte comporte un tourment fait-il de la crainte un obstacle sur le chemin de l’amour? Après tout, il semblerait que nous souffrions souvent en aimant. Si l’on y réfléchit, non, pas souvent.
Nous souffrons si la personne ne répond pas à notre amour, c’est-à-dire lorsque nous craignons de ne pas être assez aimés en retour, de ne pas être appréciés à notre juste valeur. Alors ce n’est pas l’amour, mais le désir de l’autre et l’amour-propre blessé; l’amour parfait souhaiterait simplement le bonheur de l’autre, sans regret pour soi-même.
Nous souffrons par peur pour celui que nous aimons... mais une telle peur est d’abord un doute envers la personne aimée, s’il s’agit d’un adulte, et une défiance envers Dieu, s’il s’agit d’un enfant.
La responsabilité envers un enfant, qui oblige à le protéger du danger, fait partie de l’amour parental; mais la panique à l’idée qu’il arrive quelque chose à l’enfant n’est pas du tout le signe de sentiments maternels ou paternels plus grands.
Dans les relations, on rencontre souvent la peur: peur de blesser ou d’être blessé, peur de ne pas donner assez d’amour ou de manifester trop d’ardeur, peur d’être soi-même, peur de ne pas être accueilli... Les peurs sont très nombreuses, et elles ont toutes ceci en commun: la peur crée un obstacle, comme une petite cloison; elle augmente automatiquement la distance entre les personnes et la rend difficile à traverser pour le courant chaud du véritable amour, celui qui est Dieu, celui qui crée la rencontre de l’homme avec l’homme et de l’homme avec Dieu.
18 q) L’amour assume l’élément filial de la crainte religieuse, Dt 6.2 ; Pr 1.7, mais il exclut la crainte servile, la peur d’être condamné par Dieu, 3.20, qui a donné en son Fils de telles preuves d’amour, cf. v. 8.
En plus de l’évangile, trois épîtres nous ont été conservées par la tradition sous le nom de Jean. Elles offrent avec l’évangile sous sa forme actuelle une telle parenté littéraire et doctrinale qu’il est difficile de ne pas les attribuer au même auteur, probablement ce « Jean l’Ancien » dont parlait Papias (cf. 2 Jn 1 ; 3 Jn 1). La troisième épître est vraisemblablement la première en date ; elle tend à régler un conflit d’autorité qui avait surgi dans une des Églises relevant de l’autorité de Jean. La deuxième épître met en garde une autre Église particulière contre la propagande de faux docteurs niant la réalité de l’Incarnation. Quant à la première épître, de beaucoup la plus importante, elle se présente plutôt comme une lettre encyclique destinée aux communautés d’Asie, menacées par les déchirements des premières hérésies. Jean y a condensé l’essentiel de son expérience religieuse ; partant de thèmes parallèles successifs (lumière, 1 Jn 1.5s ; justice, 1 Jn 2.29s ; amour, 1 Jn 4.7-8s ; vérité, 1 Jn 5.6s), il veut montrer le lien intime qui existe entre notre état d’enfants de Dieu et la rectitude de notre vie morale, considérée comme fidélité au double commandement de la foi en Jésus et de l’amour fraternel (1 Jn 3.23-24). C’est un des écrits du NT les plus marqués par la pensée qui s’exprime dans les écrits de la secte de Qumrân : le double dualisme « lumière-ténèbres » et « vérité-mensonge » (1 Jn 1.5-7 ; 2.9-11 ; 2.21-22) ; le discernement des « esprits » (2 Jn 4.1-6) qui se termine par l’opposition entre « esprit de vérité et esprit d’erreur », comme à Qumrân. Dans l’évangile, une telle influence qumranienne est limitée à de rares passages, spécialement 3.19-21.
1 Jn 2.18-21 fait état d’un schisme qui se serait produit dans les milieux « johanniques ». Face à des dissidents tentés par la gnose, pour qui seul le message du Fils de Dieu compte, l’épître rappelle que le Sauveur du monde (1 Jn 4.14) était aussi un homme de chair (1 Jn 4.2 ; 2 Jn 7) et de sang (1 Jn 1.7 ; 5.5-6), avec un nom bien humain, Jésus (1 Jn 1.7 ; 2.22 ; 4.3 ; 5.1, 5), et que le disciple doit suivre son exemple (1 Jn 2.6 ; 3.16-18 ; 4.11, 20). De fait, la première épître contient une des affirmations les plus bouleversantes de toute la Bible : « Dieu est Amour » (1 Jn 4.8, 16).