Que signifie être le peuple de Dieu? La réponse de la Torah et des prophètes est évidente: cela signifie garder l'alliance conclue avec Dieu et vivre comme prescrit la Torah, vivre auprès de Dieu : car le peuple de Dieu est avant tout un peuple consacré par la présence de Dieu, cette présence, grâce à laquelle est apparu sur la terre consacrée par Dieu et donnée au peuple...
Que signifie être le peuple de Dieu? La réponse de la Torah et des prophètes est évidente: cela signifie garder l'alliance conclue avec Dieu et vivre comme prescrit la Torah, vivre auprès de Dieu : car le peuple de Dieu est avant tout un peuple consacré par la présence de Dieu, cette présence, grâce à laquelle est apparu sur la terre consacrée par Dieu et donnée au peuple par Lui au départ le Tabernacle, et ensuite le Temple. Et alors il s’avère qu'être le peuple de Dieu est avant tout une immense responsabilité: responsabilité pour le sanctuaire, pour la Torah, pour la Révélation.
Mais, comme on voit, à l'époque d’après captivité, quand prêchait Malachie, certains (peut être et plusieurs) ont commencé à trouver qu'être peuple de Dieu est un privilège, que cela donne auprès Dieu certains droits spéciaux, que Dieu doit être indulgent envers Son peuple, lui pardonnant beaucoup de choses pour cette fidélité, que Lui a gardée le reste, Lui ayant vraiment été fidèle à Babylone au temps de la captivité. D'ailleurs, Malachie prêchait déjà non pas à la première génération des rapatriés qui sont revenus de la Babylone après le décret de Cyrus le Grand, mais à leurs descendants, qui, peut-être étaient fiers de leur fidélité à Dieu, mais ne connaissaient pas la captivité.
Cependant ils se sentaient héritiers de ceux qui ont été fidèles à Dieu à Babylone, et étaient convaincus qu’ils sont maintenant sur un certain compte spécial chez Dieu, en négligeant même parfois les prescriptions de la Torah, en particulier, lorsqu’il s’agissait du sacrifice: selon les mots du prophète, il ne leur coûtait par exemple rien d’apporter en sacrifice un animal aveugle ou boiteux, bien qu'un tel sacrifice était directement interdit par la Torah. Probablement, ces présomptueux descendants des héros de la foi qui sont restés fidèles à Dieu au temps de la captivité, pensaient que Dieu avait besoin d’eux pas moins, qu’ils en avaient besoin de Lui: car probablement raisonnaient-ils en fin de compte Dieu a retourné leurs pères sur la terre promise autrefois encore à Abraham, donc Il n’a pas trouvé un autre peuple, avec lequel Il aurait pu remplacer ceux qu'Il avait élus autrefois.
Et si tel est le cas, alors Il va probablement continuer à être indulgent envers eux-mêmes, et envers leurs enfants: puisqu’Il n’a pas dans tous les cas un autre peuple, et le Temple, où on Lui offre les sacrifices, est un seul sur terre. Mais Dieu à travers Son prophète rappelle que toute la terre Lui appartient, et qu’il y a dans chaque peuple ceux qui L'adorent, bien que n'appartiennent pas au peuple élu par Lui. C'est pourquoi le peuple de Dieu n'a aucun droit spécial devant Dieu, mais a seulement la responsabilité, dont il ne faut pas oublier.
1 a) « Malachie » signifie « mon messager », et c’est ainsi qu’a traduit le grec en ajoutant « mettez donc (cela) sur votre cœur ». Targ. « mon messager dont le nom est Esdras, le scribe ».
2 b) Esaü est l’éponyme d’Édom, cf. Gn 36.1 ; Dt 2.1, 5.
11 c) Plutôt qu’au culte, répandu dans l’Empire perse, cf. Esd 1.2, du « Dieu du ciel », Ne 1.4s ; 2.4, 20 ; Esd 1.2 ; 5.11s ; 6.9s ; 7.12, 21, 23 ; Dn 2.18 ; 4.34 ; 5.23, culte que le prophète considérerait comme adressé à Yahvé, c’est au sacrifice parfait de l’ère messianique que Malachie songe ici ; le concile de Trente a adopté cette interprétation.
12 d) Au lieu de « vous le profanez », le texte primitif devait porter « vous me profanez », que les scribes ont corrigé par respect pour la grandeur divine. De même au v. suivant où l’on rétablit « vous me dédaignez », au lieu de l’hébr. « vous le dédaignez ». Autre exemple de ces corrections de scribes (tiqqun sopherîm) en Za 2.12. — Avant « méprisable » on omet « et son fruit »(?).
Le livre dit de « Malachie » était probablement anonyme, car ce nom signifie « mon messager » et paraît être tiré de 3.1. Il se compose de six morceaux bâtis sur le même type : Yahvé, ou son prophète, lance une affirmation, qui est discutée par le peuple ou par les prêtres et qui est développée dans un discours où voisinent menaces et promesses de salut. Il y a deux grands thèmes : les fautes cultuelles des prêtres et aussi des fidèles, 1.6–2.9 et 3.6-12, le scandale des mariages mixtes et des divorces, 2.10-16. Le prophète annonce le Jour de Yahvé, qui purifiera les membres du sacerdoce, dévorera les méchants et assurera le triomphe des justes, 3.1-5, 13-21. Le passage 3.22-24 est ajouté, peut-être aussi 2 11-13.
Le contenu du livre permet de déterminer sa date : il est postérieur au rétablissement du culte dans le Temple rebâti, 515, et antérieur à l’interdiction des mariages mixtes sous Néhémie, 445, probablement assez proche de cette dernière date. L’élan qu’Aggée et Zacharie avaient donné est brisé et la communauté se laisse aller. En s’inspirant du Deutéronome, et aussi d’Ézéchiel, le prophète affirme qu’on ne se moque pas de Dieu, qui exige de son peuple religion intérieure et pureté. Il attend la venue de l’Ange de l’Alliance, préparée par un mystérieux envoyé, 3.1, dans lequel Mt 11.10, cf. Lc 7.27 et Mc 1.2, a reconnu Jean-Baptiste, le Précurseur. Cette ère messianique verra le rétablissement de l’ordre moral, 3.5, et de l’ordre cultuel, 3.4, culminant dans le sacrifice parfait offert à Dieu par toutes les nations, 1.11.