Bible-Centre

Lectionnaire catholique pour le 23 juillet 2008

La Bible de Jérusalem (fr)

Judith, Chapitre 8,  vers 2-8

III. Judith> 1 Présentation de Judith.
Son mari, Manassé, de même tribu et de même famille, était mort à l’époque de la moisson des orges.
Il surveillait les lieurs de gerbes dans les champs quand, frappé d’insolation, il dut s’aliter et mourut dans sa ville, à Béthulie, où on l’ensevelit avec ses pères dans le champ situé entre Dotaïn et Balamôn.
Devenue veuve, Judith vécut en sa maison durant trois ans et quatre mois.
Sur la terrasse elle s’était aménagé une chambre haute. Elle portait un sac sur les reins, se vêtait d’habits de deuil
et jeûnait tous les jours de son veuvage, hormis les veilles de sabbat, les sabbats, les veilles de néoménies, les néoménies, ainsi que les jours de fête et de liesse de la maison d’Israël.
Or elle était très belle et d’aspect charmant. Son mari Manassé lui avait laissé de l’or, de l’argent, des serviteurs, des servantes, des troupeaux et des champs, et elle habitait au milieu de tous ses biens
sans que personne eût rien à lui reprocher, car elle craignait Dieu grandement.
Lire la suite:Judith, Chapitre 8
Notes:
Commentaire sur le fragment en cours
Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

Le livre de Judith est l’histoire d’une victoire du peuple élu contre ses ennemis, grâce à l’intervention d’une femme. La petite nation juive s’affronte à l’imposante armée d’Holopherne, qui doit soumettre le monde au roi Nabuchodonosor et détruire tout autre culte que celui de Nabuchodonosor déifié. Les Juifs sont assiégés dans Béthulie qui, privée d’eau, est sur le point de se rendre. Alors paraît Judith, une jeune veuve, belle, sage, pieuse et décidée, qui triomphera successivement de la veulerie de ses compatriotes et de l’armée assyrienne. Elle reproche aux chefs de la ville leur manque de confiance en Dieu, puis elle prie, se pare, sort de Béthulie et se fait conduire devant Holopherne. Elle emploie contre lui la séduction et la ruse et, laissée seule avec le soudard ivre, elle lui tranche la tête. Pris de panique, les Assyriens s’enfuient, leur camp est mis au pillage. Le peuple exalte Judith et se rend à Jérusalem pour une solennelle action de grâces.

Il semble que l’auteur ait multiplié délibérément les entorses à l’histoire pour détacher l’attention d’un contexte historique précis et la reporter tout entière sur le drame religieux et son dénouement. C’est un récit habilement composé, qui s’apparente étroitement aux apocalypses. Holopherne, serviteur de Nabuchodonosor, est une synthèse des puissances du mal, Judith, dont le nom signifie « la Juive », représente le parti de Dieu, identifié à celui de la nation. Ce parti paraît voué à l’extermination mais Dieu procure son triomphe par les faibles mains d’une femme, et le peuple saint monte vers Jérusalem. Ce livre a des contacts certains avec Daniel, Ézéchiel et Joël ; la scène se passe dans la plaine d’Esdrelon, près de cette plaine d’Harmagedôn où saint Jean placera la bataille eschatologique d’Ap 16.16. La victoire de Judith récompense sa prière, son observance scrupuleuse des règles de pureté légale, et cependant la perspective du livre est universaliste : le salut de Jérusalem est assuré à Béthulie, dans cette Samarie odieuse aux « bien pensants » du judaïsme étroit, le sens religieux du conflit est dégagé par Achior, qui est un Ammonite, Jdt 5.5-21, et se convertit au vrai Dieu, Jdt 14.5-10. Le livre a été écrit en Palestine vers le milieu du IIe siècle avant notre ère, dans l’atmosphère de ferveur nationale et religieuse qui fut créée par le soulèvement des Maccabées.

Réduire

Matthieu, Chapitre 5,  vers 13-16

II. La promulgation du Royaume des Cieux> 1 2. DISCOURS : LE SERMON SUR LA MONTAGNE, 13 Sel de la terre et lumière du monde.
13 « Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel vient à s’affadir, avec quoi le salera-t-on ? Il n’est plus bon à rien qu’à être jeté dehors et foulé aux pieds par les gens.
14 « Vous êtes la lumière du monde. Une ville ne se peut cacher, qui est sise au sommet d’un mont.
15 Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais bien sur le lampadaire, où elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.
16 Ainsi votre lumière doit-elle briller devant les hommes afin qu’ils voient vos bonnes œuvres et glorifient votre Père qui est dans les cieux.
Lire la suite:Matthieu, Chapitre 5
Notes:
Commentaire sur le fragment en cours
Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

15 d) Dans l’Antiquité, le boisseau était un petit meuble à trois ou quatre pieds. Il ne serait donc question ici que de cacher la lampe sous ce meuble, un peu comme sous le lit de Mc 4.21, non de l’éteindre en la couvrant d’un boisseau moderne.


Les grandes lignes de la vie de Jésus que nous rencontrons chez saint Marc se retrouvent dans l’évangile de saint Matthieu, mais l’accent est mis de façon différente. Le plan d’abord est autre. Récits et discours alternent : 1-4, récit : enfance et début du ministère ; 5-7, discours : sermon sur la montagne (béatitudes, entrée dans le Royaume) ; 8-9, récit : dix miracles montrant l’autorité de Jésus, invitation aux disciples ; 10 : discours missionnaire ; 11-12, récit : Jésus rejeté par « cette génération »; 13, discours : sept paraboles sur le Royaume ; 14-17, récit : Jésus reconnu par les disciples ; 18, discours : la vie communautaire dans l’Église ; 9-22, récit : autorité de Jésus, dernière invitation ; 23-25, discours apocalyptique : malheurs, venue du Royaume ; 26-28, récit : mort et résurrection. On remarquera la correspondance des récits (nativité et vie nouvelle, autorité et invitation, refus et reconnaissance), et le rapport entre le premier et le cinquième discours, et entre le deuxième et le quatrième ; le troisième discours forme le centre de la composition. Comme par ailleurs Matthieu reproduit beaucoup plus complètement que Marc l’enseignement de Jésus (qu’il a en grande partie en commun avec Luc) et insiste sur le thème du « Royaume des Cieux », 3.2 ; 4.17, on peut caractériser son évangile comme une instruction narrative sur la venue du Royaume des Cieux.

Ce Royaume de Dieu (= des Cieux), qui doit rétablir parmi les hommes l’autorité souveraine de Dieu comme Roi enfin reconnu, servi et aimé, avait été préparé et annoncé par l’Ancienne Alliance. Aussi Matthieu, écrivant pour une communauté de chrétiens venus du judaïsme et sans doute discutant avec les rabbins, s’attache-t-il particulièrement à montrer dans la personne et l’œuvre de Jésus l’accomplissement des Écritures. À chaque tournant de son œuvre, il se réfère à l’AT pour prouver comment la Loi et les Prophètes sont « accomplis », c’est-à-dire non seulement réalisés dans leur attente, mais encore menés à une perfection qui les couronne et les dépasse. Il le fait pour la personne de Jésus, confirmant de textes scripturaires sa race davidique, 1.1-17, sa naissance d’une vierge, 1.23, à Bethléem, 2.6, son séjour en Égypte, son établissement à Capharnaüm, 4.14-16, son entrée messianique à Jérusalem, 21.5, 16 ; il le fait pour son œuvre, de guérisons miraculeuses, 11.4-5, d’enseignement qui « accomplit » la Loi, 5.17, en lui donnant une interprétation nouvelle et plus intérieure, 5.21-48 ; 19.3-9, 16-21. Et il ne souligne pas moins fortement comment l’humilité de cette personne et l’échec apparent de cette œuvre se trouvent aussi accomplir les Écritures : le massacre des Innocents, 2.17s, l’enfance cachée de Nazareth, 2.23, la mansuétude compatissante du « Serviteur », 12.17-21 ; cf. 8.17 ; 11.29 ; 12.7, l’abandon des disciples, 26.31, le prix dérisoire de la trahison, 27.9-10, l’arrestation, 26.54, l’ensevelissement durant trois jours, 12.40, tout cela était le dessein de Dieu annoncé par l’Écriture. Et de même l’incrédulité des foules, 13.13-15, et surtout des disciples des pharisiens, attachés à leurs traditions humaines, 15.7-9 et auxquels ne peut être donné qu’un enseignement mystérieux en paraboles, 13.14-15, 35, ceci encore était annoncé par les Écritures. Sans doute les autres synoptiques utilisent-ils aussi cet argument scripturaire, mais Matthieu le renforce notablement, au point d’en faire un trait marquant de son évangile. Ceci, joint à la construction systématique de son exposé, fait de son ouvrage la charte de l’économie nouvelle qui accomplit les desseins de Dieu dans le Christ.

Pour Matthieu Jésus est le Fils de Dieu et Emmanuel, Dieu avec nous dès le début. À la fin de l’évangile, Jésus en tant que Fils de l’homme est doté de toute autorité divine sur le Royaume de Dieu, aux cieux comme sur la terre. Le titre Fils de Dieu revient aux moments décisifs du récit : le baptême, 3.17 ; la confession de Pierre, 16.16 ; la transfiguration, 17.5 ; le procès de Jésus et sa crucifixion, 26.63 ; 27.40, 43, 54. Lié à ce titre-là, on trouve celui de Fils de David (dix fois, ainsi 9.27), en vertu duquel Jésus est le nouveau Salomon, guérisseur et sage. En effet Jésus parle comme la Sagesse incarnée, 11.25-30 et 23.37-39. Le titre Fils de l’homme, qui parcourt l’évangile, culminant à la dernière scène majestueuse, 28.18-20, vient de Dn 7.13-14, où il se trouve en rapport étroit avec le thème du Royaume.

L’annonce de la venue du Royaume entraîne une conduite humaine qui dans Matthieu s’exprime surtout par la poursuite de la justice et l’obéissance à la Loi. La justice, thème préféré de Matthieu (3.15 ; 5.6, 10, 20 ; 6.1, 33 ; 21.32), est ici la réponse humaine d’obéissance à la volonté du Père, plutôt que le don divin du pardon qu’elle est pour saint Paul. La validité de la Loi (Torah) mosaïque est affirmée, 5.17-20, mais son développement par les pharisiens est rejeté en faveur de son interprétation par Jésus, qui insiste surtout sur les préceptes éthiques, sur le Décalogue et sur les grands commandements de l’amour de Dieu et du prochain, et qui parle d’autres sujets (le divorce, 5.31-32 ; 19.1-10) dans la mesure où ils revêtent un aspect moral.

Parmi les évangélistes Matthieu se distingue aussi par son intérêt explicite pour l’Église, 16.18 ; 18.18 (deux fois). Il cherche à donner à la communauté des croyants des principes de conduite et des chefs autorisés. Ces principes sont évoqués dans les grands discours, surtout au chap. 18 qui contient des principes en vue de prendre des décisions et de résoudre des conflits : la sollicitude pour la brebis égarée et pour les petits, le pardon et l’humilité. Matthieu n’a pas le triple ministère des évêques, des presbytres et des diacres, mais il mentionne les sages ou les chefs instruits, et en particulier les apôtres, avec Pierre à leur tête, 10.2, qui participent à l’autorité de Jésus lui-même, 10.40 ; 9.8 ; il mentionne aussi les prophètes, les scribes, les sages, 10.41 ; 13.52 ; 23.34. Comme juge de dernière instance il y a Pierre, 16.19. Puisque le pouvoir, bien que nécessaire, est dangereux, les chefs ont besoin de l’humilité, 18.1-9. Matthieu ne se fait aucune illusion au sujet de l’Église. N’importe qui peut échouer (même Pierre, 26.69-75) ; les prophètes peuvent dire le faux, 7.15 ; dans l’Église saints et pécheurs sont mélangés jusqu’au dernier tri, 13.36-43 ; 22.11-14 ; 25. Néanmoins, les portes de l’Hadès ne prévaudront pas contre elle, 16.18, et elle est envoyée en mission au monde entier, 28.18-20. Le style de vie apostolique ou missionnaire est décrit en 9.36-11.1. Tout l’évangile est encadré par le formulaire selon lequel Dieu est uni avec son peuple par Jésus Christ, Mt 1.23 ; 28.18-20. Les rejetés de l’ancien Israël, 21.31-32, unis aux païens convertis, deviennent de nouveau le peuple de Dieu, 21.43. On comprend que cet évangile si complet et si bien organisé, rédigé dans une langue moins savoureuse mais plus correcte que celle de Marc, ait été reçu et utilisé par l’Église naissante avec une faveur marquée.

Réduire

Après votre inscription, vous pourrez vous abonner à l’envoi des textes de n’importe quel plan de lecture de la Bible.

Nous prévoyons d’ajouter progressivement des paramètres personnalisés ainsi que d’autres services pour les utilisateurs inscrits. Nous vous conseillons donc de vous inscrire dès maintenant. C’est gratuit.