Bible-Centre

Lectures orthodoxes pour le 12 novembre 2007

La Bible de Jérusalem (fr)

2 Thessaloniciens, Chapitre 1,  vers 1-10

1 Adresse., 3 Action de grâces et encouragements. La rétribution dernière.
Paul, Silvain et Timothée, à l’Église des Thessaloniciens qui est en Dieu notre Père et dans le Seigneur Jésus Christ.
Que Dieu le Père et le Seigneur Jésus Christ vous accordent grâce et paix.
Nous devons rendre grâce à Dieu à tout moment à votre sujet, frères, et ce n’est que juste, parce que votre foi est en grand progrès et que l’amour de chacun pour les autres s’accroît parmi vous tous,
au point que nous-mêmes sommes fiers de vous parmi les Églises de Dieu, de votre constance et de votre foi dans toutes les persécutions et tribulations que vous supportez.
Par là se manifeste le juste jugement de Dieu, où vous serez trouvés dignes du Royaume de Dieu pour lequel vous souffrez vous aussi.
Car ce sera bien l’effet de la justice de Dieu de rendre la tribulation à ceux qui vous l’infligent,
et à vous, qui la subissez, le repos avec nous, quand le Seigneur Jésus se révélera du haut du ciel, avec les anges de sa puissance,
au milieu d’une flamme brûlante , et qu’il tirera vengeance de ceux qui ne connaissent pas Dieu et de ceux qui n’obéissent pas à l’Évangile de notre Seigneur Jésus.
Ceux-là seront châtiés d’une perte éternelle, éloignés de la face du Seigneur et de la gloire de sa force,
10 quand il viendra pour être glorifié dans ses saints et admiré en tous ceux qui auront cru — et vous, vous avez cru notre témoignage. Ainsi en sera-t-il en ce jour-là.
Notes:
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7 a) Paul aime à souligner que son sort est lié à celui de ses Églises, cf. 1 Th 2-3 ; 1 Co 4.8 ; Ph 1.30, etc.


8 b) Le ciel, cf. 1 Th 4.16, les anges, cf. Mt 13.39, 41, 49.16.27 ; 24.31 ; 25.31 ; Lc 12.8s (probablement les « saints » de 1 Th 3.13), le feu des théophanies, cf. Ex 13.22 ; 19.16, sont des traits de l’apocalyptique juive, cf. 1 Th 4.16.


8 c) C’est-à-dire les païens, 1 Th 4.5, et les juifs, Rm 10.16.


10 d) Paul paraît songer ici aux anges (les « saints », cf. Ac 9.13) et aux chrétiens (« ceux qui auront cru »).


10 e) La condamnation de ceux qui refusent l’Évangile est ici décrite, en vif contraste avec la glorification des croyants, dans des termes durs qu’explique peut-être une persécution insistante. — Après la parenthèse des vv. 6-10, la pensée revient à la suite du v. 5.


2 Th présente de frappantes ressemblances littéraires avec 1 Th, au point que des critiques y ont vu l’œuvre d’un faussaire qui se serait inspiré de saint Paul en imitant son style. Mais on ne voit guère le motif d’un tel faux, et il est plus simple de penser que l’Apôtre lui-même, voulant corriger certains éléments mal compris de son enseignement eschatologique 1 Th 5.2, 9, a écrit cette deuxième lettre en reprenant des formules de la première. Les deux écrits ne se contredisent pas mais se complètent ; et leur authenticité est également bien attestée par l’ancienne tradition de l’Église.

Outre leur intérêt de présenter déjà en germe bien des thèmes que reprendront les épîtres ultérieures, celles-ci sont importantes surtout par leur doctrine sur l’eschatologie. En cette étape ancienne de son apostolat, la pensée de l’Apôtre apparaît toute centrée sur la résurrection du Christ et sur sa venue en gloire qui apportera le salut à ceux qui auront cru en lui, fussent-ils déjà morts, 1 Th 4.13-18. Cette venue glorieuse, il la décrit selon les traditions de l’apocalyptique juive et du christianisme primitif (discours eschatologique des Synoptiques, surtout de Mt). Conformément aux enseignements de Jésus, tantôt il insiste sur l’imminence imprévisible de cette venue qui requiert la vigilance, 1 Th 5.1-11, au point de donner l’impression que lui et eux la verront de leur vivant, 1 Th 4.17, tantôt il calme ses fidèles agités par cette perspective, en leur rappelant que le Jour n’est pas encore arrivé et doit être précédé de certains signes, 2 Th 2.1-12. Ceux-ci ne sont plus aussi clairs pour nous qu’ils devaient l’être pour les lecteurs. Il semble que Paul conçoive l’Antichrist comme un individu réservé pour la fin des temps. Quant à l’obstacle « qui le retient présentement », 2 Th 2.6, certains interprètes y ont vu l’Empire romain, d’autres la prédication évangélique, et la chose reste incertaine.

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Luc, Chapitre 11,  vers 29-33

IV. La montée vers Jérusalem> 23 Intransigeance de Jésus., 29 Le signe de Jonas., 33 Deux logia sur la lampe.
29 Comme les foules se pressaient en masse, il se mit à dire : « Cette génération est une génération mauvaise ; elle demande un signe, et de signe, il ne lui sera donné que le signe de Jonas.
30 Car, tout comme Jonas devint un signe pour les Ninivites, de même le Fils de l’homme en sera un pour cette génération.
31 La reine du Midi se lèvera lors du Jugement avec les hommes de cette génération et elle les condamnera, car elle vint des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici plus que Salomon !
32 Les hommes de Ninive se dresseront lors du Jugement avec cette génération et ils la condamneront, car ils se repentirent à la proclamation de Jonas, et il y a ici plus que Jonas !
33 « Personne, après avoir allumé une lampe, ne la met en quelque endroit caché ou sous le boisseau, mais bien sur le lampadaire, pour que ceux qui pénètrent voient la clarté.
Lire la suite:Luc, Chapitre 11
Notes:
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Notes sur la partie

29 o) C’est-à-dire un miracle qui exprime et justifie l’autorité de Jésus, cf. Jn 2.11 ; 1.18. Voir Mt 8.3.


30 p) Sur le « signe de Jonas », voir Mt 12.39.


Le mérite particulier du troisième évangile lui vient de la personnalité très attachante de son auteur, qui y transparaît sans cesse. Saint Luc est un écrivain de grand talent et une âme délicate. Il a mené son œuvre de façon originale, avec un souci d’information et d’ordre, 1.3. Ce n’est pas à dire qu’il ait pu donner aux matériaux reçus de la tradition un arrangement plus «sp;historique » que Matthieu et Marc ; son respect des sources et sa façon de les juxtaposer ne le lui permettaient pas. Son plan reprend les grandes lignes de celui de Marc avec quelques transpositions, ou omissions. Des épisodes sont déplacés, 3.19-20 ; 4.16-30 ; 5.1-11 ; 6.12-19 ; 22.31-34, etc., tantôt par soucis de clarté et de logique, tantôt par influence d’autres traditions, parmi lesquelles il faut noter celle qui se reflète également dans le quatrième évangile. D’autres épisodes sont omis, soit comme moins intéressants pour les lecteurs païens, cf. Mc 12.28-34, à comparer Lc 10.25-28. On remarquera surtout l’absence d’un correspondant à Mc 6.45-8.26. La différence la plus notable par rapport au deuxième évangile est la longue section médiane 9.51-18.14, qui est présentée sous la forme d’une montée vers Jérusalem à l’aide de notations répétées, 9.51 ; 13.22 ; 17.11, cf. Mc 10.1, et où l’on verra moins le souvenir réel de différents voyages que l’insistance voulue sur une idée théologique chère à Luc : la Ville sainte est le lieu où doit s’accomplir le salut 9.31 ; 13.33 ; 18.31 ; 19.11, c’est là que l’Évangile a commencé, 1.5s, et c’est là qu’il doit finir, 24.52s – par des apparitions et des entretiens qui n’ont pas lieu en Galilée, 24.13-51 ; et comp. 24.6 avec Mc 16.7, Mt 28.7, 16-20 – car c’est de là que doit partir l’évangélisation du monde, 24.47 ; Ac 1.8. Dans un sens plus large, c’est la montée de Jésus (et du chrétien) vers Dieu.

D’autres traits littéraires de Luc sont l’emploi des genres du symposium, 7.36-50 ; 11.37-54 ; 14.1-24, et du discours des adieux, 22.14-38, son goût des parallèles (Jean le Baptiste et Jésus, 1.5-2.52) et des inclusions, et le schéma promesse-accomplissement qui ponctue son récit.

Si l’on poursuit dans le détail la comparaison de Luc avec Marc et Matthieu, on observe sur le vif l’activité toujours en éveil d’un écrivain qui excelle à présenter les choses d’une façon qui lui est propre, évitant ou atténuant ce qui peut froisser sa sensibilité ou celle de ses lecteurs (8.43 comp. Mc 5.26 om. Mc 9.43-48 ; 13.32, etc.), ou bien leur être peu compréhensible (om. Mc 4.13 ; 8.32s ; 9.28s ; 14.50) ou les excluant (Lc 9.45 ; 18.24 ; 22.45), interprétant les termes obscurs (6.15) ou précisant la géographie (4.31 ; 19.28s, 37 ; 23.51), etc. Par ces nombreuses et fines touches, et surtout par le riche apport dû à son enquête personnelle, Luc nous livre les réactions et les tendances de son âme ; ou plutôt, par le moyen de cet instrument de choix, l’Esprit-Saint nous présente le message évangélique d’une façon originale, riche de doctrine. Il s’agit moins d’ailleurs de grandes thèses théologiques (les idées maîtresses sont les mêmes que chez Marc et Matthieu) que d’une psychologie religieuse où l’on trouve, mêlées à une influence très discrète de son maître Paul, les inclinations propres au tempérament de Luc. En vrai « scriba mansuetudinis Christi » (Dante), il aime à souligner la miséricorde de son Maître pour les pécheurs, 15.1s, 7, 10, et à raconter des scènes de pardon, 7.36-50 ; 15.11-32 ; 19.1-10 ; 23.34, 39-43. Il insiste volontiers sur la tendresse de Jésus pour les humbles et les pauvres, tandis que les orgueilleux et les riches jouisseurs sont sévèrement traités, 1.51-53 ; 6.20-26 ; 12.13-21 ; 14.7-11 ; 16.15, 19-31 ; 18.9-14. Cependant même la juste condamnation ne se fera qu’après les délais patients de la miséricorde, 13.6-9 ; comp. Mc 11.12-14. Il faut seulement qu’on se repente, qu’on se renonce, et ici la générosité exigeante de Luc tient à répéter l’exigences d’un détachement décidé et absolu, 14.25-34, notamment par l’abandon des richesses, 6.34s ; 12.33 ; 16.9-13. On notera encore les passages propres au troisième évangile sur la nécessité de la prière, 11.5-8 ; 18.1-8, et sur l’exemple qu’en a donné Jésus, 3.21 ; 5.16 ; 6.12 ; 9.28. Enfin, comme chez saint Paul et dans les Actes, l’Esprit Saint occupe une place de premier plan que Luc seul souligne en 1.15, 35, 41, 67 ; 2.25-27 ; 4.1, 14, 18 ; 10.21 ; 11.13 ; 24.49. Ceci, avec l’atmosphère de reconnaissance pour les bienfaits divins et d’allégresse spirituelle, qui enveloppe tout le troisième évangile, 2.14 ; 5.26 ; 10.17 ; 13.17 ; 18.43 ; 19.37 ; 24.51s, achève de donner à l’œuvre de Luc cette ferveur qui touche et réchauffe le cœur.

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