Nous lisons de nouveau la promesse du rétablissement d'Israël. Pourquoi donc le Seigneur fait-il cela encore et encore: permet-il que le royaume d'Israël soit détruit, puis le rétablit-il de nouveau?..
Nous lisons de nouveau la promesse du rétablissement d'Israël. Pourquoi donc le Seigneur fait-il cela encore et encore: permet-il que le royaume d'Israël soit détruit, puis le rétablit-il de nouveau? Nous avons déjà parlé bien des fois des causes de la destruction: ce sont les conséquences normales et logiques d'une vie sans Dieu. Mais pourquoi rétablit-il encore et encore la tente de David?
Dans la lecture d'aujourd'hui, Dieu ne dit rien du repentir d'Israël, ni du fait que quelqu'un lui aurait demandé de rétablir le royaume... Il pardonne et fait miséricorde encore et encore, non parce que nous lui demandons miséricorde, bien que cela aussi soit important pour que nous puissions recevoir sa miséricorde. Non, l'essentiel est qu'il est miséricordieux, qu'il aime faire miséricorde et sauver. Dans sa bonté, il pardonne encore et encore à chacun de nous, non parce que nous serions soudain devenus bons, mais parce qu'il nous aime.
1 g) Il s’agit sans doute du sanctuaire de Béthel, mais l’absence d’une localisation précise montre qu’Amos vise à travers lui tous les sanctuaires du royaume.
1 h) Ou « sur l’autel ».
1 i) Texte difficile. On propose « retranche-les tous par un tremblement de terre » (ra’ash , au lieu de r’sh « tête »). L’ordre s’adresse peut-être à un ange.
3 j) « là » conj. ; « de là » hébr.
5 k) Fragment d’hymne inséré ultérieurement, sans doute dans un but liturgique, cf. 4.13. Le début du v. (« Et le Seigneur Yahvé Sabaot ») est sans doute une glose explicitant le sujet de la phrase.
6 l) « chambres hautes » `aliyyataw conj. ; « son escalier » ma`alôtô hébr. ketib ; « ses escaliers » ma`alôtaw qerè.
7 m) C’est-à-dire des Nubiens, un peuple perdu aux extrémités du monde (le Soudan actuel). Israël a donc tort de se croire le « premier des peuples », 6.1.
7 n) Les Israélites n’ont pas à se prévaloir de leur élection, cf. Dt 7.6. Elle n’est pas un privilège mais une exigence, 3.2, et Dieu exerce sa sollicitude également sur les autres peuples, cf. Isa 19.22-25.
8 o) Le salut d’un « reste », cf. Isa 4.3, est ici clairement affirmé, après avoir été entrevu en 5.15.
9 p) Cet oracle date peut-être de la première déportation israélite (734). Cf. 2 R 15.29.
9 q) Le crible retient les grains (les justes) tandis que la poussière de paille est éliminée. À moins qu’il s’agisse du crible qui retient la pierraille (les pécheurs) et laisse passer le grain (les justes).
10 r) Amos affirme avec assurance que les pécheurs seront châtiés et les justes sauvés. Il se représente cette rétribution sous la forme d’une catastrophe qui frapperait seulement les pécheurs, ce que l’avenir démentira. Cette certitude et ce démenti seront utilisés par l’Esprit pour faire naître, six siècles plus tard, la foi en une rétribution après la mort, cf. Dn 12.2-3.
10 s) On suit le grec. Hébr. « Tu ne feras pas avancer le malheur et tu ne le feras pas nous atteindre ».
11 t) Les promesses d’avenir comprennent la restauration du royaume davidique, vv. 11-12 ; la prospérité matérielle, vv. 13-14 ; l’occupation sans fin de la patrie recouvrée, v. 15. Sur ce bonheur messianique, cf. Os 2.20. — Ce passage paraît être plus tardif, voir l’Introduction.
11 u) « ses brèches », « ses ruines » grec ; « leurs (fém.) brèches », « ses (masc.) ruines » hébr.
12 v) Littéralement « sur lesquelles mon nom a été prononcé », cf. 2 S 12.28. Il s’agit sans doute des nations vassales de David, 2 S 8. La LXX a interprété ce texte dans une perspective beaucoup plus universaliste, et cette relecture a été adoptée par Ac 15.16-17.
14 w) Ou « Je ferai revenir les captifs de mon peuple Israël ».
Amos était berger à Teqoa, sur la lisière du désert de Juda, 1.1 ; étranger aux confréries de prophètes, il a été pris par Yahvé de derrière son troupeau et envoyé pour prophétiser à Israël, 7.14. Après un court ministère qui eut pour cadre principal le sanctuaire schismatique de Béthel, 7.10s, et s’exerça probablement aussi à Samarie, cf. 3.9 ; 4.1 ; 6.1, il fut expulsé d’Israël et revint à ses occupations premières.
Il prêche sous le règne de Jéroboam II, 783-743, époque humainement glorieuse, où le royaume du Nord s’étend et s’enrichit, mais où le luxe des grands insulte à la misère des opprimés et où la splendeur du culte masque l’absence d’une religion vraie. Avec la rudesse simple et fière et avec la richesse d’images d’un homme de la campagne, Amos condamne au nom de Dieu la vie corrompue des cités, les injustices sociales, la fausse assurance qu’on met en des rites où l’âme ne s’engage pas, 5.21-22. Yahvé, souverain Seigneur du monde, qui punit toutes les nations, 1-2, châtiera durement Israël, que son élection oblige à une plus grande justice morale, 3.2. Le « Jour de Yahvé » (l’expression vient ici pour la première fois) sera ténèbres et non lumière, 5.18s, la vengeance sera terrible, 6.8s, exercée par un peuple que Dieu appelle, 6.14, l’Assyrie qui n’est pas nommée mais qui occupe l’horizon du prophète. Toutefois Amos ouvre une petite espérance, la perspective d’un salut pour la maison de Jacob, 9.8, pour le « reste » de Joseph, 5.15 (premier emploi prophétique de ce terme). Cette profonde doctrine sur Dieu, maître universel et tout-puissant, défenseur de la justice, est exprimée avec une assurance absolue, sans que jamais le prophète ait l’air d’innover : sa nouveauté est dans la force avec laquelle il rappelle les exigences du pur Yahvisme.
Le livre nous est parvenu dans un certain désordre ; en particulier, le récit en prose, 7.10-17, qui sépare deux visions, se placerait mieux à la fin des oracles. On peut hésiter sur l’attribution à Amos lui-même de quelques courts passages. Les doxologies, 4.13 ; 5.8-9 ; 9.5-6, ont peut-être été ajoutées pour la lecture liturgique. Les courts oracles contre Tyr, Édom, 1.9-12, et Juda, 2.4-5, semblent dater de l’Exil. La discussion porte davantage sur 9.8-10 et surtout sur 9.11-15. Il n’y a pas de raison sérieuse de suspecter le premier de ces passages, mais il est vraisemblable que le second a été ajouté : on ne doit pas tirer argument des promesses de salut qu’il contient et qui, dès le début, furent un thème de la prédication des prophètes, ici Amo 5.15 et à la même époque chez Osée, mais ce qui est dit de la hutte branlante de David, de la vengeance contre Édom, d’un retour et d’un rétablissement d’Israël, suppose l’époque de l’Exil et peut être attribué, avec quelques autres retouches, à une édition deutéronomiste du livre.