Bible-Centre

La Bible en cinq ans pour le 5 janvier 2007

La Bible de Jérusalem (fr)

1 Samuel, Chapitre 5

I. Samuel> 1 Déboires des Philistins avec l’arche.
1 Lorsque les Philistins eurent pris l’arche de Dieu, ils la conduisirent d’Ében-ha-Ézèr à Ashdod.
2 Les Philistins prirent l’arche de Dieu, l’amenèrent dans le temple de Dagôn et la déposèrent à côté de Dagôn.
3 Quand les Ashdodites se levèrent le lendemain, voilà que Dagôn était tombé en avant, par terre, devant l’arche de Yahvé. Ils prirent Dagôn et le remirent à sa place.
4 Quand ils se levèrent de bon matin, le lendemain, voilà que Dagôn était tombé en avant, par terre, devant l’arche de Yahvé ; la tête de Dagôn et ses deux mains étaient coupées près du seuil ; il ne restait à sa place que Dagôn seul.
5 C’est pourquoi les prêtres de Dagôn et tous ceux qui entrent dans le temple de Dagôn ne marchent pas sur le seuil de Dagôn à Ashdod, jusqu’à ce jour.
6 La main de Yahvé s’appesantit sur les Ashdodites : il les ravagea et les affligea de tumeurs, Ashdod et son territoire.
7 Quand les gens d’Ashdod virent ce qui arrivait, ils dirent : « Que l’arche du Dieu d’Israël ne demeure pas chez nous, car sa main s’est durcie contre nous et contre Dagôn, notre dieu. »
8 Ils envoyèrent chercher et rassemblèrent auprès d’eux tous les princes des Philistins et dirent : « Que devons-nous faire de l’arche du Dieu d’Israël ? » Les princes dirent : « C’est à Gat que sera emmenée l’arche du Dieu d’Israël », et on emmena l’arche du Dieu d’Israël.
9 Mais après qu’ils l’eurent amenée, la main de Yahvé fut sur la ville ; ce fut une très grande panique. Il frappa les gens de la ville, du plus petit jusqu’au plus grand, et des tumeurs leur poussèrent.
10 Ils envoyèrent alors l’arche de Dieu à Éqrôn, mais lorsque l’arche de Dieu arriva à Éqrôn, les Éqrônites s’écrièrent : « Ils m’ont amené l’arche du Dieu d’Israël pour me faire mourir moi et mon peuple ! »
11 Ils envoyèrent chercher et rassemblèrent tous les princes des Philistins et dirent : « Renvoyez l’arche du Dieu d’Israël, et qu’elle retourne à son lieu et ne me fasse pas mourir, moi et mon peuple. » Il y avait en effet une panique mortelle dans toute la ville, tant s’y était appesantie la main de Dieu.
12 Les gens qui ne mouraient pas étaient affligés de tumeurs et le cri de détresse de la ville montait jusqu’au ciel.

1 Samuel, Chapitre 6

I. Samuel> 1 Renvoi de l’arche., 13 L’arche à Bet-Shémesh., 20 L’arche à Qiryat-Yéarim.
1 L’arche de Yahvé fut sept mois dans le territoire des Philistins.
2 Les Philistins en appelèrent aux prêtres et aux devins et dirent : « Que devons-nous faire de l’arche de Yahvé ? Indiquez-nous comment nous la renverrons en son lieu. »
3 Ils répondirent : « Si vous voulez renvoyer l’arche du Dieu d’Israël, ne la renvoyez pas sans rien, mais apportez-lui une réparation. Alors vous guérirez et vous saurez pourquoi sa main ne s’était pas détournée de vous. »
4 Ils dirent : « Quelle doit être la réparation que nous lui apporterons ? » Ils répondirent : « D’après le nombre des princes des Philistins, cinq tumeurs d’or et cinq rats d’or, car ce fut la même plaie pour vous et pour vos princes.
5 Faites des images de vos tumeurs et des images de vos rats, qui ravagent le pays, et rendez gloire au Dieu d’Israël. Peut-être sa main se fera-t-elle plus légère sur vous, vos dieux et votre pays.
6 Pourquoi endurciriez-vous votre cœur comme l’ont endurci les Égyptiens et Pharaon ? Ne les ont-ils pas renvoyés et laissés partir lorsqu’il s’est joué d’eux ?
7 Maintenant, prenez et préparez un chariot neuf et deux vaches qui allaitent et n’ont pas porté le joug : vous attellerez les vaches au chariot et vous ramènerez leurs petits en arrière à l’étable.
8 Vous prendrez l’arche de Yahvé et vous la placerez sur le chariot. Quant aux objets d’or que vous leur avez apporté comme réparation, vous les mettrez dans un coffre, à côté d’elle. Vous la renverrez et elle partira.
9 Puis vous regarderez si elle monte à Bet-Shémesh en prenant le chemin de son territoire, alors c’est lui qui nous a fait ce grand mal. Sinon, nous saurons que ce n’est pas sa main qui nous a frappés et pour nous ce n’était qu’un accident. »
10 Ainsi firent les gens : ils prirent deux vaches qui allaitaient et ils les attelèrent au chariot, mais ils retinrent les petits à l’étable.
11 Ils placèrent l’arche de Yahvé sur le chariot, ainsi que le coffre avec les rats d’or et les images de leurs tumeurs.
12 Les vaches prirent tout droit le chemin de Bet-Shémesh et elles marchaient sur une seule voie en meuglant, sans dévier ni à droite ni à gauche. Les princes des Philistins les suivirent jusqu’au territoire de Bet-Shémesh.
13 À Bet-Shémesh les gens faisaient la moisson des blés dans la plaine. Levant les yeux, ils virent l’arche et ils se réjouirent de la voir.
14 Lorsque le chariot arriva au champ de Josué, un habitant de Bet-Shémesh, il s’y arrêta. Il y avait là une grande pierre. On fendit le bois du chariot et les vaches on les offrit en holocauste à Yahvé.
15 Les lévites avaient descendu l’arche de Yahvé et le coffre qui était près d’elle et qui contenait les objets d’or, et ils les placèrent sur la grande pierre. Ce jour-là, les gens de Bet-Shémesh offrirent des holocaustes et firent des sacrifices à Yahvé.
16 Les cinq princes des Philistins virent cela et retournèrent à Éqrôn ce jour-là.
17 Voici les tumeurs d’or que les Philistins apportèrent en réparation à Yahvé : pour Ashdod une, pour Gaza une, pour Ashqelôn une, pour Gat une, pour Éqrôn une.
18 Et des rats d’or, autant que toutes les villes des Philistins, celles des cinq princes, depuis les villes fortes jusqu’aux villages ouverts, et jusqu’à la grande pierre où on déposa l’arche de Yahvé ; encore aujourd’hui elle est dans le champ de Josué, un habitant de Bet-Shémesh.
19 Dieu frappa parmi les hommes de Bet-Shémesh, car ils avaient regardé à l’intérieur de l’arche de Yahvé. Il frappa parmi le peuple soixante-dix hommes (cinquante mille hommes). Le peuple fut en deuil, car Yahvé avait frappé dans le peuple un grand coup.
20 Alors les gens de Bet-Shémesh dirent : « Qui pourrait tenir en face de Yahvé, ce Dieu Saint ? Chez qui montera-t-il loin de nous ? »
21 Ils envoyèrent des messagers aux habitants de Qiryat-Yéarim en disant : « Les Philistins ont rendu l’arche de Yahvé. Descendez et faites-la monter chez vous. »
Lire la suite:1 Samuel, Chapitre 7
Notes:
Commentaire sur le fragment en cours
Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

5:1 q) Les Philistins et leur dieu Dagôn, cf. Jg 16.23, qui vont subir les effets redoutables de la sainteté de l’arche, où Yahvé se rend présent, 6.7.


5:1 r) L’une des cinq villes philistines ; de même Gat, v. 8, et Eqrôn, v. 10. Cf. 6.17 et Jos 13.2.


5:2 s) Comme le trophée du dieu vaincu.


5:3 t) On notera la brièveté du texte et son ironie. Le texte joue sur le verbe « prendre »; à la prise de l’arche par les Philistins se substitue la prise de Dagôn, le dieu des Philistins, ce qui révèle la puissance de Yahvé.


5:5 u) En réalité, c’était une coutume assez répandue dans l’Antiquité de sauter le seuil, considéré comme l’habitation des esprits. Mais ici l’explication donnée est très ironique.


5:6 v) Les « tumeurs » peuvent se comprendre soit comme des hémorroïdes, soit comme des abcès provoqués par la dysenterie, cf. Dt 28.27. Le récit se veut très ironique à l’égard des Philistins.


5:8 w) Le verbe suggère l’idée d’une procession.


6:4 x) La mention de « rats » est étonnante, car elle n’est préparée par rien. On ne peut y voir des animaux propagateurs de la peste, car cette transmission du fléau n’était pas connue dans l’Antiquité. En 6.5 est évoquée une invasion de rats des champs. Il se peut que le chap. 6 mentionne deux fléaux l’un qui atteint les hommes, l’autre qui ravage le pays en combinant deux traditions.


6:5 y) Expression qui invite les Philistins à reconnaître la puissance du Dieu d’Israël tout autant que leur faute, cf. Jos 7.19.


6:7 z) Un chariot neuf (cf. 2 S 6.3), des vaches qui n’ont pas porté le joug (cf. Nb 19.2 ; Dt 21.3) sont choisis pour accomplir une action sacrée selon un procédé qui est proche de celui de la divination. Si Dieu le veut, les vaches prendront la direction d’Israël malgré leur instinct maternel.


6:7 a) Littéralement « à la maison ». L’intervention de Dieu est d’autant plus éclatante que les obstacles sont plus nombreux, cf. 1 R 18.


6:9 b) Dans le récit, les pronoms se rapportent à l’arche (masculin en hébreu) et non au chariot (féminin en hébreu). On passe facilement de Dieu à l’arche, signe de sa présence.


6:14 c) Toute grande pierre peut servir d’autel, 14.33.


6:15 d) Le v. 15 interrompt le récit et précise qui peut toucher l’arche et la transporter.


6:18 e) « et jusqu’à la grande pierre » corr. d’après le grec ; « jusqu’à la grande prairie » hébr.


6:19 f) Verset de traduction difficile. Le verbe « frapper » a comme sujet Dieu, ce qui est implicite dans le texte. La faute commise n’est pas claire ; on l’a interprétée comme la volonté de découvrir le contenu de l’arche. « Cinquante mille hommes » peut être une glose, à moins de comprendre « soixante-dix hommes sur cinquante mille ».


6:19 g) Après les Philistins, les Israélites éprouvent combien l’arche est redoutable à qui ne la respecte pas, cf. 2 S 6.7.


6:21 h) Ville, appelée aussi Baala (Jos 15.9) où l’arche demeurera jusqu’à ce que David la fasse venir à Jérusalem (2 S 6.1-8).


Les livres de Samuel ne formaient qu’un seul ouvrage dans la Bible hébraïque. La division en deux livres remonte à la traduction grecque, qui a également joint Samuel et Rois sous un même titre : les quatre livres des Règnes ; la Vulgate les appelle les quatre livres des Rois. Le Samuel hébreu correspond aux deux premiers. Ce titre provient de la tradition qui attribuait au prophète Samuel la composition de cet écrit.

Le texte est l’un des plus mal conservés de l’Ancien Testament. La traduction grecque des Septante donne un texte assez souvent différent, qui remonte à un prototype dont les grottes de Qumrân ont livré d’importants fragments. Il existait donc plusieurs recensions hébraïques des livres de Samuel.

On y distingue cinq parties : a) Samuel, 1 S 1-7 ; b) Samuel et Saül, 1 S 8-15 ; c) Saül et David, 1 S 16 à 2 S 1 ; d) David, 2 S 2-20 ; e) suppléments, 2 S 21-24.

L’ouvrage combine ou juxtapose des sources et des traditions diverses sur les débuts de la période monarchique. Il y a une histoire de l’arche et de sa captivité chez les Philistins, 1 S 4-6, où Samuel ne paraît pas et qui se continuera dans 2 S 6. Elle est encadrée par un récit de l’enfance de Samuel, 1 S 1-3, et par un récit qui présente Samuel comme le dernier des Juges et anticipe la libération du joug philistin, 7. Samuel joue un rôle essentiel dans l’histoire de l’institution de la royauté, 1 S 8-12, où l’on a distingué depuis longtemps deux groupes de traditions : 1 S 9 ; 10.1-16 ; 11 d’une part et 1 S 8 ; 10.17-24 ; 12 d’autre part. On a appelé le premier groupe une version « monarchiste » de l’événement et le second, une version « anti-monarchiste »; cette dernière serait postérieure. En fait, les deux traditions sont anciennes et représentent seulement des tendances différentes ; de plus, le second courant n’est pas si « anti-monarchiste » qu’on le dit, il est seulement opposé à une royauté qui ne respecterait pas les droits de Dieu. Les guerres de Saül contre les Philistins sont racontées dans 13-14, avec une première version du rejet de Saül, 13.7b-15a ; une seconde version de ce rejet est donnée dans 15, en liaison avec une guerre contre les Amalécites. Ce rejet prépare l’onction de David par Samuel, 1 S 16.1-13. Sur les débuts de David et ses démêlés avec Saül, des traditions parallèles et, semble-t-il, également anciennes ont été recueillies dans 1 S 16.14 – 2 S 1, où les doublets sont fréquents. La fin de cette histoire se trouve dans 2 S 2-5 : la royauté de David à Hébron, la guerre philistine et la prise de Jérusalem assurent la confirmation de David comme roi sur tout Israël, 2 S 5.12. Le chap. 6 reprend l’histoire de l’arche ; la prophétie de Natân, 7, est ancienne mais a été remaniée ; le chap. 8 est un sommaire rédactionnel. À partir de 2 S 9 commence un long récit qui ne s’achèvera qu’au début des Rois, 1 R 1-2. C’est l’histoire de la famille de David et des luttes autour de la succession au trône, écrite dans la première moitié du règne de Salomon peut-être en utilisant des témoignages directs. Elle est interrompue par 2 S 21-24, qui rassemble des pièces d’origine diverse sur le règne de David.

En dehors de la grande histoire de 2 S 9-20, il est possible que d’autres ensembles aient été constitués dès les premiers siècles de la monarchie : un premier cycle de Samuel, deux histoires de Saül et de David. Il se peut aussi que ces ensembles aient déjà été combinés aux environs de l’an 700, mais les livres ne reçurent leur forme définitive que dans la grande histoire deutéronomiste. Cependant l’influence du Deutéronome est ici beaucoup moins apparente que dans Juges et Rois. On la décèle en particulier dans les premiers chapitres de l’ouvrage, notamment 1 S 2.22-36 ; 7 et 12, peut-être dans un remaniement de la prophétie de Natân, 2 S 7, mais le récit de 2 S 9-20 a été conservé à peu près sans retouche.

Les livres de Samuel couvrent la période qui va des origines de la monarchie israélite à la fin du règne de David. L’expansion des Philistins – la bataille d’Apheq, 1 S 4, se situe vers 1050 – mettait en danger l’existence même d’Israël et imposa la monarchie. Saül, vers 1030, débute comme un continuateur des Juges, mais sa reconnaissance par toutes les tribus lui confère une autorité générale et permanente : la royauté est née. La guerre de libération commence et les Philistins sont rejetés chez eux, 1 S 14 ; les rencontres ultérieures se font en bordure du territoire israélite, 1 S 17 (Vallée du Térébinthe), 28 et 31 (Gelboé). Ce dernier combat tourne au désastre et Saül y meurt, vers 1010. L’unité nationale est à nouveau compromise, David est sacré roi à Hébron par les Judéens, et les tribus du Nord lui opposent Ishbaal, descendant de Saül, réfugié en Transjordanie. Cependant, le meurtre d’Ishbaal rend l’union possible et David est reconnu comme roi par Israël.

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