Bible-Centre

Lectionnaire catholique pour le 10 décembre 2006

La Bible de Jérusalem (fr)

Baruch, Chapitre 5

5 III. Plaintes et espoirs de Jérusalem
Jérusalem, quitte ta robe de tristesse et de misère,
revêts pour toujours la beauté de la gloire de Dieu,
prends la tunique de la justice de Dieu,
mets sur ta tête le diadème de gloire de l’Éternel ;
car Dieu veut montrer ta splendeur partout sous le ciel,
et ton nom sera de par Dieu pour toujours :
« Paix de la justice et gloire de la piété. »
Jérusalem, lève-toi, tiens-toi sur la hauteur,
et regarde vers l’Orient :
vois tes enfants du couchant au levant rassemblés
sur l’ordre du Saint, jubilants, car Dieu s’est souvenu.
Car ils t’avaient quittée à pied,
sous escorte d’ennemis,
mais Dieu te les ramène
portés glorieusement, comme un trône royal.
Car Dieu a décidé que soient abaissées
toute haute montagne et les collines éternelles,
et comblées les vallées pour aplanir la terre,
pour qu’Israël chemine en sécurité dans la gloire de Dieu.
Et les forêts, et tous arbres de senteur feront de l’ombre
pour Israël, sur l’ordre de Dieu ;
car Dieu guidera Israël dans la joie, à la lumière de sa gloire,
avec la miséricorde et la justice qui viennent de lui.
Notes:
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4 u) Cf. les autres noms messianiques de Jérusalem, Isa 1.26 ; 60.14 ; Jr 33.16 ; Ez 48.35.


6 v) C’est le thème du nouvel Exode, cf. Isa 40.3.


Le livre de Baruch est un des livres deutérocanoniques absents de la Bible hébraïque. Il est placé par la Bible grecque entre Jérémie et les Lamentations, par la Vulgate après les Lamentations. D’après l’introduction, 1.1-14, il aurait été écrit par Baruch, le secrétaire de Jérémie, à Babylone après la déportation et envoyé à Jérusalem pour être lu dans les assemblées liturgiques. Il contient : une prière de confession et d’espoir, 1.15 – 3.8, un poème sapientiel, 3.9 – 4.4, où la Sagesse est identifiée à la Loi, une pièce prophétique, 4.5 – 5.9, où Jérusalem personnifiée s’adresse aux exilés et où le prophète l’encourage par le rappel des espoirs messianiques.

L’introduction a été écrite directement en grec ; la prière de 1.15 – 3.8, qui développe celle de Dn 9.4-19, remonte certainement à un original hébreu et la même conclusion est probable pour les deux autres pièces. La date de composition la plus vraisemblable est le milieu du Ier siècle av. J.-C.

La Bible grecque garde à part la Lettre de Jérémie, que la Vulgate rattache au livre de Baruch, chap. 6, avec un titre spécial. C’est une dissertation apologétique contre le culte des idoles, développant dans un style banal les thèmes déjà exploités par Jr 10.1-16 ; Isa 44.9-20. L’idolâtrie ici visée est celle de Babylone à une basse époque. La Lettre, qui semble avoir été écrite en hébreu, date de la période grecque, sans qu’on puisse préciser davantage ; 2 M 2.1-3 paraît y faire allusion.

Un petit fragment du texte grec a été découvert dans l’une des grottes de Qumrân ; la paléographie le date des environs de 100 av. J.-C.

L’intérêt du recueil composite qui porte le nom de Baruch est de nous introduire dans les communautés de la Dispersion et de nous montrer comment la vie religieuse y était maintenue par les rapports avec Jérusalem, la prière, le culte de la Loi, l’esprit de revanche et les rêves messianiques. Avec les Lamentations, il est aussi un témoin du grand souvenir laissé par Jérémie, puisqu’on rattacha les deux petits livres au prophète et à son disciple. Le souvenir de Baruch s’est perpétué ; au IIe siècle de notre ère, on mit sous son nom deux Apocalypses qui nous ont été conservées, l’une en grec, l’autre en syriaque (avec des fragments grecs).

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Philippiens, Chapitre 1,  vers 4-6, 8-11

3 Action de grâces et prière.
en tout temps dans toutes mes prières pour vous tous, prières que je fais avec joie ;
car je me rappelle la part que vous avez prise à l’Évangile depuis le premier jour jusqu’à maintenant ;
j’en suis bien sûr d’ailleurs, Celui qui a commencé en vous cette œuvre excellente en poursuivra l’accomplissement jusqu’au Jour du Christ Jésus.
...
Oui, Dieu m’est témoin que je vous aime tous tendrement dans le cœur du Christ Jésus !
Et voici ma prière : que votre charité croissant toujours de plus en plus s’épanche en cette vraie science et ce tact affiné
10 qui vous donneront de discerner ce qui est important et de vous rendre purs et sans reproche pour le Jour du Christ,
11 dans la pleine maturité de ce fruit de justice que nous portons par Jésus Christ, pour la gloire et la louange de Dieu.
Notes:
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4 b) La joie est une des notes caractéristiques de cette épître voir 1.18, 25 ; 2.2, 17, 18, 28, 29 ; 3.1 ; 4.1, 4, 10.


5 c) Non seulement par des secours pécuniaires, 4.15-16, mais encore par leur contribution à son témoignage apostolique, 1.7 ; cf. 2.15-16, quand ils ont souffert avec lui pour l’Évangile, 1.29-30.


5 d) Le jour de leur conversion, cf. Ac 16.12-40.


Philippes, ville importante de Macédoine et colonie romaine, avait été évangélisée par Paul lors de son deuxième voyage, entre l’automne 48 et l’été 49, Ac 16.12-40. Il y repassa à deux reprises au cours du troisième voyage, en hiver 54-55, Ac 20.1-2, et à Pâques 56, Ac 20.3-6. Les fidèles qu’il y gagna au Christ témoignèrent d’une affection touchante pour leur apôtre en lui envoyant des secours à Thessalonique, 4.16, puis à Corinthe, 2 Co 11.9. Et quand Paul leur écrit, c’est précisément pour les remercier de nouveaux subsides qu’il vient de recevoir par l’intermédiaire de leur délégué, Épaphrodite, 4.10-20 ; en agréant leur offrande, lui qui craignait d’ordinaire de paraître intéressé, Ac 18.3, il marque à leur égard une confiance toute particulière.

Paul est prisonnier au moment où il leur écrit, 1.7, 12-17, et l’on a longtemps pensé qu’il s’agissait de sa première captivité romaine. Cependant les échanges fréquents et apparemment très faciles que les Philippiens ont avec lui, et avec Épaphrodite alors près de lui, 2.25-30, surprennent s’il se trouve dans la lointaine Rome. Surtout on comprend mal, si Paul est à Rome (ou à la rigueur à Césarée de Palestine, autre lieu d’une captivité connue de nous), que leur envoi d’argent par Épaphrodite soit la première occasion qu’ils aient trouvée d’aider l’Apôtre depuis leurs charités du deuxième voyage, 4.10, 16, puisqu’il est repassé deux fois chez eux au cours du troisième voyage. Tout s’explique mieux si Paul écrit avant ces deux nouvelles visites, c’est-à-dire à Éphèse entre 52 et 54. Les allusions au « Prétoire », 1.13, et à la « maison de César », 4.22, ne font pas difficulté, car il y avait des détachements de prétoriens dans les grandes villes, en particulier à Éphèse, aussi bien qu’à Rome. Notre ignorance d’une captivité de Paul à Éphèse n’est pas non plus un obstacle insurmontable, car Luc nous a dit fort peu de choses sur ce séjour de presque trois ans, et Paul laisse entendre qu’il y rencontra de bien graves difficultés, 1 Co 15.32 ; 2 Co 1.8-10.

Si l’on admet cette hypothèse, il faut dissocier Ph de Col, Ep, Phm et la rapprocher des « grandes épîtres », en particulier de 1 Co. Loin de s’y opposer, le style et la doctrine de l’épître favorisent plutôt ce rapprochement. Aussi bien cet écrit est-il peu doctrinal. C’est plutôt une effusion du cœur, un échange de nouvelles, une mise en garde contre les « mauvais ouvriers » qui ravagent ailleurs les travaux de l’Apôtre et pourraient bien s’attaquer aussi à ses chers Philippiens, enfin et surtout un appel à l’unité dans l’humilité qui nous vaut l’admirable passage sur les souffrances du Christ, 2.6-11 : que cette hymne rythmée soit citée par saint Paul ou qu’elle soit bien de lui, de toute façon elle apporte un témoignage de première valeur sur la foi primitive.

L’authenticité de Ph ne fait pas de doute mais son unité a été sérieusement mise en question. Pour beaucoup de critiques, ce pourrait être le résultat du regroupement de trois lettres. La division probablement la plus satisfaisante est la suivante : lettre A : 4.10-20 ; lettre B : 1.1–3.1, 4.2-9, 21-23 ; lettre C : 3.2 – 4.1. La lettre A, antérieure aux deux autres, aura été envoyée dès la réception du don apporté par Épaphrodite. La lettre C est probablement la dernière. C’est une brûlante polémique contre des missionnaires judéo-chrétiens dont il n’apparaît aucune trace dans la lettre B ; celle-ci est un appel serein à l’unité et à la persévérance, ainsi qu’au témoignage résolu à la vérité.

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Luc, Chapitre 3,  vers 1-6

II. Préparation du ministère de Jésus> 1 Prédication de Jean-Baptiste.
L’an quinze du principat de Tibère César, Ponce Pilate étant gouverneur de Judée, Hérode tétrarque de Galilée, Philippe son frère tétrarque du pays d’Iturée et de Trachonitide, Lysanias tétrarque d’Abilène,
sous le pontificat d’Anne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée à Jean, fils de Zacharie, dans le désert.
Et il vint dans toute la région du Jourdain, proclamant un baptême de repentir pour la rémission des péchés,
comme il est écrit au livre des paroles d’Isaïe le prophète :Voix de celui qui crie dans le désert :
Préparez le chemin du Seigneur,
rendez droits ses sentiers ;
tout ravin sera comblé,
et toute montagne ou colline sera abaissée ;
les passages tortueux deviendront droits
et les chemins raboteux seront nivelés.
Et toute chair verra le salut de Dieu.
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Notes:
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1 e) Comme en 1.5 et 2.1-3, Luc établit un synchronisme entre l’histoire profane et l’histoire du salut. Tibère a succédé à Auguste, 2.1, le 19 août de l’an 14 ap. J.-C. La quinzième année va donc du 19 août 28 au 18 août 29, ou, selon la manière de calculer les années de règne en usage en Syrie, de septembre-octobre 27 à septembre-octobre 28. Jésus est alors âgé d’au moins trente-trois ans, peut-être même trente-cinq ou trente-six. L’indication du v. 23 est approximative et souligne peut-être seulement que Jésus avait l’âge requis pour exercer une mission publique. L’« ère chrétienne » (fixée par Denys le Petit, au VIe siècle) vient de ce qu’on a pris le chiffre de trente ans avec rigueur les 29 ans accomplis de Jésus, retranchés de l’an 782 de Rome (15e année de Tibère), ont donné 753 comme début de notre ère.


1 f) Procurateur de Judée (et d’Idumée et de Samarie) de 26 à 36 ap. J.-C.


1 g) Antipas, fils d’Hérode le Grand et de Malthaké, tétrarque de Galilée (et de Pérée) de 4 av. J.-C. à 39 ap. J.-C.


1 h) Fils d’Hérode le Grand et de Cléopâtre, tétrarque de 4 av. J.-C. à 34 ap. J.-C.


1 i) Connu par deux inscriptions. L’Abilène était située dans l’Antiliban.


2 j) Le grand prêtre en fonction était Joseph, dit Caïphe, qui exerça le pontificat de 18 à 36, et joua un rôle prépondérant dans le complot contre Jésus, cf. Mt 26.3 ; Jn 11.49 ; 18.14. Anne, son beau-père, qui avait été grand prêtre de 6 (?) à 15, lui est associé et même figure en premier, cf. Ac 4.6 et Jn 18.13, 24 comme jouissant d’un tel prestige qu’il était grand prêtre de fait.


6 k) Luc prolonge plus que Mt et Mc la citation d’Isaïe pour la mener jusqu’à l’annonce d’un salut universel.


Le mérite particulier du troisième évangile lui vient de la personnalité très attachante de son auteur, qui y transparaît sans cesse. Saint Luc est un écrivain de grand talent et une âme délicate. Il a mené son œuvre de façon originale, avec un souci d’information et d’ordre, 1.3. Ce n’est pas à dire qu’il ait pu donner aux matériaux reçus de la tradition un arrangement plus «sp;historique » que Matthieu et Marc ; son respect des sources et sa façon de les juxtaposer ne le lui permettaient pas. Son plan reprend les grandes lignes de celui de Marc avec quelques transpositions, ou omissions. Des épisodes sont déplacés, 3.19-20 ; 4.16-30 ; 5.1-11 ; 6.12-19 ; 22.31-34, etc., tantôt par soucis de clarté et de logique, tantôt par influence d’autres traditions, parmi lesquelles il faut noter celle qui se reflète également dans le quatrième évangile. D’autres épisodes sont omis, soit comme moins intéressants pour les lecteurs païens, cf. Mc 12.28-34, à comparer Lc 10.25-28. On remarquera surtout l’absence d’un correspondant à Mc 6.45-8.26. La différence la plus notable par rapport au deuxième évangile est la longue section médiane 9.51-18.14, qui est présentée sous la forme d’une montée vers Jérusalem à l’aide de notations répétées, 9.51 ; 13.22 ; 17.11, cf. Mc 10.1, et où l’on verra moins le souvenir réel de différents voyages que l’insistance voulue sur une idée théologique chère à Luc : la Ville sainte est le lieu où doit s’accomplir le salut 9.31 ; 13.33 ; 18.31 ; 19.11, c’est là que l’Évangile a commencé, 1.5s, et c’est là qu’il doit finir, 24.52s – par des apparitions et des entretiens qui n’ont pas lieu en Galilée, 24.13-51 ; et comp. 24.6 avec Mc 16.7, Mt 28.7, 16-20 – car c’est de là que doit partir l’évangélisation du monde, 24.47 ; Ac 1.8. Dans un sens plus large, c’est la montée de Jésus (et du chrétien) vers Dieu.

D’autres traits littéraires de Luc sont l’emploi des genres du symposium, 7.36-50 ; 11.37-54 ; 14.1-24, et du discours des adieux, 22.14-38, son goût des parallèles (Jean le Baptiste et Jésus, 1.5-2.52) et des inclusions, et le schéma promesse-accomplissement qui ponctue son récit.

Si l’on poursuit dans le détail la comparaison de Luc avec Marc et Matthieu, on observe sur le vif l’activité toujours en éveil d’un écrivain qui excelle à présenter les choses d’une façon qui lui est propre, évitant ou atténuant ce qui peut froisser sa sensibilité ou celle de ses lecteurs (8.43 comp. Mc 5.26 om. Mc 9.43-48 ; 13.32, etc.), ou bien leur être peu compréhensible (om. Mc 4.13 ; 8.32s ; 9.28s ; 14.50) ou les excluant (Lc 9.45 ; 18.24 ; 22.45), interprétant les termes obscurs (6.15) ou précisant la géographie (4.31 ; 19.28s, 37 ; 23.51), etc. Par ces nombreuses et fines touches, et surtout par le riche apport dû à son enquête personnelle, Luc nous livre les réactions et les tendances de son âme ; ou plutôt, par le moyen de cet instrument de choix, l’Esprit-Saint nous présente le message évangélique d’une façon originale, riche de doctrine. Il s’agit moins d’ailleurs de grandes thèses théologiques (les idées maîtresses sont les mêmes que chez Marc et Matthieu) que d’une psychologie religieuse où l’on trouve, mêlées à une influence très discrète de son maître Paul, les inclinations propres au tempérament de Luc. En vrai « scriba mansuetudinis Christi » (Dante), il aime à souligner la miséricorde de son Maître pour les pécheurs, 15.1s, 7, 10, et à raconter des scènes de pardon, 7.36-50 ; 15.11-32 ; 19.1-10 ; 23.34, 39-43. Il insiste volontiers sur la tendresse de Jésus pour les humbles et les pauvres, tandis que les orgueilleux et les riches jouisseurs sont sévèrement traités, 1.51-53 ; 6.20-26 ; 12.13-21 ; 14.7-11 ; 16.15, 19-31 ; 18.9-14. Cependant même la juste condamnation ne se fera qu’après les délais patients de la miséricorde, 13.6-9 ; comp. Mc 11.12-14. Il faut seulement qu’on se repente, qu’on se renonce, et ici la générosité exigeante de Luc tient à répéter l’exigences d’un détachement décidé et absolu, 14.25-34, notamment par l’abandon des richesses, 6.34s ; 12.33 ; 16.9-13. On notera encore les passages propres au troisième évangile sur la nécessité de la prière, 11.5-8 ; 18.1-8, et sur l’exemple qu’en a donné Jésus, 3.21 ; 5.16 ; 6.12 ; 9.28. Enfin, comme chez saint Paul et dans les Actes, l’Esprit Saint occupe une place de premier plan que Luc seul souligne en 1.15, 35, 41, 67 ; 2.25-27 ; 4.1, 14, 18 ; 10.21 ; 11.13 ; 24.49. Ceci, avec l’atmosphère de reconnaissance pour les bienfaits divins et d’allégresse spirituelle, qui enveloppe tout le troisième évangile, 2.14 ; 5.26 ; 10.17 ; 13.17 ; 18.43 ; 19.37 ; 24.51s, achève de donner à l’œuvre de Luc cette ferveur qui touche et réchauffe le cœur.

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