En parlant de la fin des temps et du jour du retour du Sauveur, Paul, à la suite de Jésus lui-même, rappelle qu’il est impossible d’en fixer les délais. À première vue, cela peut...
En parlant de la fin des temps et du jour du retour du Sauveur, Paul, à la suite de Jésus lui-même, rappelle qu’il est impossible d’en fixer les délais. À première vue, cela peut paraître étrange : Dieu n’a-t-il pas révélé au Messie ce qu’il connaît, surtout quand il s’agit de choses si importantes, dont dépend le salut de beaucoup ? À en juger par les propres paroles du Christ, il en résulte que non, bien que son Père céleste, lui, connaisse les délais. Pourtant, la réponse peut être plus simple qu’il ne paraît à beaucoup : il n’y a tout simplement pas de date précise. Elle se déplace selon l’état spirituel des personnes particulières, de l’Église, de l’humanité dans son ensemble.
Car le salut est un processus divino-humain, et Dieu voit la situation aussi bien avec les personnes particulières qu’avec l’Église, avec les autres communautés spirituelles et avec l’humanité dans son ensemble, et il agit en fonction d’elle. Cela paraît étrange : pourquoi Dieu devrait-il se laisser guider par les hommes ? Pourtant il s’agit bien du salut d’hommes dotés de libre arbitre et déjà abîmés par la chute. De tels hommes, non seulement il n’est pas simple de les sauver, mais même de les persuader de se laisser sauver, de les convaincre de la nécessité même du salut.
Dieu, quant à lui, veut sauver, idéalement, tous les hommes, et en réalité, le plus grand nombre possible. Et il est prêt à modifier son plan si un tel changement permet d’en sauver encore au moins un, si autrement cet unique homme ne peut être sauvé. Mais dans ce cas, dire exactement à l’avance quand le processus s’achèvera est impossible par principe, bien que Dieu voie sans aucun doute toutes les variantes possibles de son déroulement et de son achèvement. Mais le chrétien concret, pris individuellement, n’a nul besoin de cette connaissance. Il n’est pas nécessaire de savoir ici, il importe d’être prêt. Comprendre la logique du processus ne garantit nullement en soi une telle disponibilité ; ici, tout dépend uniquement de l’état spirituel de l’homme.
On peut tout savoir et tout comprendre, et pourtant se trouver non prêt au moment où il faudra agir ; et l’on peut être pleinement prêt à agir sans connaître aucun détail ni aucune précision de ce qui se passe. C’est compréhensible : dans la vie spirituelle, tout ce qui arrive n’arrive pas « en général » ni dans une perspective globale, mais ici et maintenant. Et l’action demandée à l’homme dans une situation concrète est elle aussi requise ici et maintenant, tandis que la compréhension de « la situation en général » ne lui sera d’aucun secours. C’est cela que l’apôtre rappelle aux chrétiens de Thessalonique, bien qu’il soit convaincu que tout ce qu’il leur dit doit déjà leur être connu.
1 h) Reprenant les affirmations du Seigneur sur l’incertitude de la date de son Avènement dernier, Mt 24.36 ; Ac 1.7, qu’il faut attendre en veillant, Mt 24.42, 50 ; 25.13, Paul se défend de connaître ce terme. Le Jour du Seigneur, 1 Co 1.8, viendra comme un voleur, cf. Mt 24.43 ; il faut veiller, v. 6 ; cf. Rm 13.11 ; 1 Co 16.13 ; Col 4.2 ; 1 P 1.13 ; 5.8 ; Ap 3.2s ; 16.15, le temps est court, 2 Co 6.2. Bien qu’il se range d’abord par hypothèse parmi ceux qui verront ce Jour, 4.17 ; cf. 1 Co 15.51, il en vient à envisager de mourir auparavant, 2 Co 5.3 ; Ph 1.23, et met en garde ceux qui le croient imminent, 2 Th 2.1s. Les vues sur la conversion des païens, Rm 11.25, donnent même à penser que l’attente pourra être longue, cf. Mt 25.19 ; Lc 20.9 ; 2 P 3.4, 8-10.
1 i) Expression reçue, cf. Ac 1.7, qui dit la maîtrise de Dieu sur le temps, et ses initiatives successives qui marquent les divisions de ce temps, cf. Ac 17.26.
2 j) Si la persécution avait cessé, 2.14 ; 3.3-5, on aurait pu interpréter ceci en comprenant que la Parousie avait déjà eu lieu, secrètement. 2 Th 2.1-2 corrige cette interprétation erronée.
4 k) La mention du Jour (tout court, 1 Co 1.8) facilite le glissement du sens. La lumière et le jour, l’état de veille s’opposent aux ténèbres et à la nuit, au sommeil (qui n’est plus la mort comme en 4.13s). De même les « fils de lumière », les chrétiens, s’opposent aux « fils des ténèbres ». Cf. Jn 8.12 ; Ph 2.15.
9 l) Ceci peut également être interprété de façon gravement erronée en lisant le v. 10 à la lumière du v. 6, on peut tirer du v. 9 l’idée que les croyants étaient prédestinés au salut, et pouvaient donc faire tout ce qu’ils voulaient impunément. 2 Th 2.13—3.15 rectifie cette mauvaise interprétation.
10 m) Nouveau rappel très concis de la prédication de Paul Dieu nous sauve par Jésus Christ mort pour nous. — « Éveillés ou endormis » signifie de nouveau « vivants ou morts », comme en 4.14-17 tous les fidèles auront part au salut final.
Les premières épîtres en date sont adressées aux Thessaloniciens, que Paul a évangélisés au cours du deuxième voyage, Ac 17.1-10, de l’automne 49 au printemps 50. Obligé par les attaques des Juifs de partir pour Bérée, d’où il gagna Athènes et Corinthe, c’est sans doute de cette dernière ville, durant l’été 50, qu’il écrivit 1 Th. Silas et Timothée sont à ses côtés et les bonnes nouvelles rapportées par ce dernier d’une deuxième visite à Thessalonique sont l’occasion pour Paul d’une effusion du cœur, 1 Th 1-3, suivie d’exhortations pratiques, 1 Th 4.1-12 ; 5.12-28, entre lesquelles s’insère une réponse sur le sort des défunts et la Parousie du Christ, 1 Th 4.13–5.11. Écrite sans doute de Corinthe quelques mois plus tard (2 Th 2.15), 2 Th donne, avec d’autres exhortations pratiques, 1 ; 2 Th 2.13–3.15, de nouvelles instructions sur la date de la Parousie et les signes qui doivent la précéder, 2 Th 2.1-12.