L'histoire des femmes païennes est révélatrice et peut, à première vue, devenir une bonne illustration de la représentation largement répandue du châtiment de Dieu pour le péché. Le péché est bien présent, et même l'un des...
L'histoire des femmes païennes est révélatrice et peut, à première vue, devenir une bonne illustration de la représentation largement répandue du châtiment de Dieu pour le péché. Le péché est bien présent, et même l'un des plus terribles: il s'agit en effet d'apostasie, de trahison envers Dieu, et la Torah estime la fidélité à Dieu plus précieuse que la vie. C'est pourquoi l'exécution ou le meurtre de l'apostat n'était pas considéré comme un péché: on pensait qu'il valait mieux pour l'apostat mourir immédiatement que continuer à vivre dans l'état où il s'était trouvé après l'apostasie.
Il semble que Dieu confirme aussi la justesse d'un tel regard: l'épidémie qui frappe le camp à cause du péché commis en est un excellent témoignage. Pourtant, déjà les prophètes de l'Ancien Testament disaient que Dieu ne veut pas la mort des pécheurs; Il veut leur conversion, leur repentir et leur salut. Pourquoi donc surviennent des malheurs semblables à ceux décrits dans ce chapitre? La réponse à cette question doit être cherchée moins dans la sphère religieuse que dans le domaine de l'esprit.
Car il n'est pas si important pour Dieu, et le plus souvent il ne l'est pas du tout, que nous suivions ou non telles ou telles règles religieuses. Les commandements sont autre chose: ici, il ne s'agit pas de règles, mais de la volonté de Dieu, des intentions de Dieu tournées vers nous afin que nous sachions quel chemin spirituel et vital Dieu considère comme optimal pour nous. Nous sommes libres de suivre ce chemin ou non; le choix nous appartient entièrement, mais Dieu ne peut nous garantir une vie spirituelle plénière dans le monde déchu et des relations normales avec Lui que sur le chemin qu'Il a Lui-même défini.
Le monde déchu est en général un lieu spirituellement dangereux, et Dieu marque spécialement de Ses signes le chemin sûr par lequel, en le suivant, nous viendrons à Lui au lieu de nous perdre dans le vide. C'est comme un sentier dans un marais: si l'on avance en suivant strictement les entailles laissées sur les arbres, on a une chance de sortir du marais ou du moins d'arriver là où l'on aidera et indiquera quoi faire ensuite. Mais si l'on néglige les entailles, l'équipe de secours (avec le Sauveur à sa tête) ne punira personne, mais la chance de se noyer dans le marais se rapproche alors de cent pour cent.
Et une fois dans le marais à cause de son propre mépris des repères, il n'a guère de sens d'accuser Celui qui a placé ces repères: Il ne voulait nuire à personne, mais Il ne peut pas non plus forcer quelqu'un à suivre les repères par contrainte. L'épidémie décrite dans le livre est donc l'un des nombreux malheurs auxquels le peuple se heurte lorsqu'il quitte le chemin de Dieu pour le marais spirituel. Là, tout peut réellement arriver; mais quel rapport avec Dieu?