Voici la faim que le Seigneur envoie : la faim de la parole de Dieu. Un moment vient dans la vie de chacun où Sa parole devient vitale...
Voici la faim que le Seigneur envoie : la faim de la parole de Dieu. Un moment vient dans la vie de chacun où Sa parole devient vitale. Bien sûr, on ne peut pas dire qu'il existe un temps où quelqu'un n'en aurait pas besoin, mais l'important ici est qu'il y a des moments particuliers où Il envoie une faim intense.
Mais Il dit que les hommes chercheront la parole sans la trouver. Pourquoi ? Un Dieu malveillant enverrait-Il la faim sans donner de quoi la rassasier ? Non. Il s'agit d'un peuple qui a une nouvelle fois oublié Dieu. Et c'est souvent exactement ce qui arrive aux hommes : oui, le Seigneur donne la faim d'entendre Sa parole, mais l'homme s'est tellement éloigné de Lui et se détourne avec tant d'obstination qu'il ne comprend tout simplement pas où chercher ce dont son âme a faim. Et souvent cette faim reste insatisfaite, tandis que l'homme se persuade qu'il l'a déjà rassasiée avec quelque chose de très, très utile et convenable...
Oui, le Seigneur peut envoyer la faim, mais Il respecte notre liberté et ne nous impose pas la manière de la rassasier. En réalité, il n'est pas nécessaire de parcourir le monde entier, car nous possédons déjà Sa parole, comme la possédait aussi le peuple d'Israël au temps d'Amos.
1 t) Par-delà l’épisode de Béthel, 7.10-17, cette quatrième vision se relie à la troisième, 7.7-9, à laquelle l’apparentent des similitudes de structure et de pensée.
2 u) Littéralement « La fin est venue pour mon peuple Israël ». La traduction s’efforce de rendre le jeu de mots entre « fin » (qeç) et « fruits mûrs » (litt. « fruits d’été » qayiç).
3 v) « jetés » hoshlak conj. ; « il jette » hishlik TM.
4 w) Les oracles qui suivent s’intercalent entre la quatrième et la cinquième vision. Ils ont été placés à cet endroit parce qu’ils précisent, justifient et développent l’annonce de la fin contenue dans la quatrième vision.
5 x) La nouvelle lune, Lv 23.24, comme le sabbat, Ex 20.8, interrompait les transactions commerciales.
7 y) L’« orgueil de Jacob » peut désigner, soit un attribut de Yahvé, 1 S 15.29, soit, comme en 6.8, l’arrogance d’Israël, si ferme qu’elle peut servir de base à un serment, soit encore la terre de Yahvé, la Palestine, Ps 47.5.
8 z) Le prophète compare le tremblement de terre, cf. 1.1, aux crues et décrues du Nil. Il y a dans cette comparaison et cette description plus d’imagination poétique que d’observation. — « comme le Nil » versions ; « comme une lumière » hébr. — « retombe » qeré ; « sera bue » ketib, cf. 9.5.
9 a) Le Jour de Yahvé, 5.18, s’accompagne de signes cosmiques tremblements de terre, 8.8 ; Isa 2.10 ; Jr 4.24, éclipses de soleil, 8.9 ; Jr 4.23 ; les prophètes postérieurs amplifient la description en se servant d’images stéréotypées qu’il ne faut pas prendre à la lettre, So 1.15 ; Isa 13.10, 13 ; 34.4 ; Ez 32.7, 8 ; Ha 3.6 ; Jl 2.10, 11 ; 3.3, 4 ; 4.15, 16 ; cf. Mt. 24.29 ; Ap. 6.12-14 et voir Mt 24.1.
10 b) Signe d’affliction et de deuil chez les peuples voisins, Isa 15.2, comme en Israël Jr 7.29 ; Mi 1.16.
11 c) « la parole » mss et versions ; « les paroles » hébr. — Le prophète n’annonce pas une conversion, caractérisée par une faim d’entendre la parole de Dieu afin de lui obéir, mais un châtiment. Las de parler sans être écouté, Dieu se tait. Il ne suscite plus de prophètes.
14 d) Il s’agit soit d’une déesse, Ashima , cf. 2 R 17.30, dont le prophète écorche volontairement le nom en ashema , « péché », soit plutôt d’une désignation méprisante d’un sanctuaire de Samarie. Cf. Dt 9.21 où Aaron appelle le veau d’or « votre péché ».
14 e) Où se trouvait un des deux veaux d’or de Jéroboam, 1 R 12.30.
14 f) C’est-à-dire le pèlerinage.
Amos était berger à Teqoa, sur la lisière du désert de Juda, 1.1 ; étranger aux confréries de prophètes, il a été pris par Yahvé de derrière son troupeau et envoyé pour prophétiser à Israël, 7.14. Après un court ministère qui eut pour cadre principal le sanctuaire schismatique de Béthel, 7.10s, et s’exerça probablement aussi à Samarie, cf. 3.9 ; 4.1 ; 6.1, il fut expulsé d’Israël et revint à ses occupations premières.
Il prêche sous le règne de Jéroboam II, 783-743, époque humainement glorieuse, où le royaume du Nord s’étend et s’enrichit, mais où le luxe des grands insulte à la misère des opprimés et où la splendeur du culte masque l’absence d’une religion vraie. Avec la rudesse simple et fière et avec la richesse d’images d’un homme de la campagne, Amos condamne au nom de Dieu la vie corrompue des cités, les injustices sociales, la fausse assurance qu’on met en des rites où l’âme ne s’engage pas, 5.21-22. Yahvé, souverain Seigneur du monde, qui punit toutes les nations, 1-2, châtiera durement Israël, que son élection oblige à une plus grande justice morale, 3.2. Le « Jour de Yahvé » (l’expression vient ici pour la première fois) sera ténèbres et non lumière, 5.18s, la vengeance sera terrible, 6.8s, exercée par un peuple que Dieu appelle, 6.14, l’Assyrie qui n’est pas nommée mais qui occupe l’horizon du prophète. Toutefois Amos ouvre une petite espérance, la perspective d’un salut pour la maison de Jacob, 9.8, pour le « reste » de Joseph, 5.15 (premier emploi prophétique de ce terme). Cette profonde doctrine sur Dieu, maître universel et tout-puissant, défenseur de la justice, est exprimée avec une assurance absolue, sans que jamais le prophète ait l’air d’innover : sa nouveauté est dans la force avec laquelle il rappelle les exigences du pur Yahvisme.
Le livre nous est parvenu dans un certain désordre ; en particulier, le récit en prose, 7.10-17, qui sépare deux visions, se placerait mieux à la fin des oracles. On peut hésiter sur l’attribution à Amos lui-même de quelques courts passages. Les doxologies, 4.13 ; 5.8-9 ; 9.5-6, ont peut-être été ajoutées pour la lecture liturgique. Les courts oracles contre Tyr, Édom, 1.9-12, et Juda, 2.4-5, semblent dater de l’Exil. La discussion porte davantage sur 9.8-10 et surtout sur 9.11-15. Il n’y a pas de raison sérieuse de suspecter le premier de ces passages, mais il est vraisemblable que le second a été ajouté : on ne doit pas tirer argument des promesses de salut qu’il contient et qui, dès le début, furent un thème de la prédication des prophètes, ici Amo 5.15 et à la même époque chez Osée, mais ce qui est dit de la hutte branlante de David, de la vengeance contre Édom, d’un retour et d’un rétablissement d’Israël, suppose l’époque de l’Exil et peut être attribué, avec quelques autres retouches, à une édition deutéronomiste du livre.