Qu'est-ce que c'est cette histoire, qui est exposée dans les livres de l'Ancien Testament? Traditionnellement on a l’habitude de l'appeler la Sainte histoire de l'Ancien Testament; mais qu’est-ce qui se tient derrière cette définition? L'histoire du peuple? Oui, bien sûr: il s'agit de l'histoire du peuple juif...
Qu'est-ce que c'est cette histoire, qui est exposée dans les livres de l'Ancien Testament? Traditionnellement on a l’habitude de l'appeler la Sainte histoire de l'Ancien Testament; mais qu’est-ce qui se tient derrière cette définition? L'histoire du peuple? Oui, bien sûr: il s'agit de l'histoire du peuple juif. L'histoire d'une certaine concrète religion ou des religions? Sûrement : dans les livres de l'Ancien Testament il s’agit de l'histoire du yahvisme, et puis — de la naissance dans ses couches profondes et le devenir ultérieur du judaïsme. Et des communautés concrètes, yahvistes et judaïques, ayant prises pendant de différentes périodes historiques diverses formes pour donner pendant la captivité naissance à la Synagogue avec toutes les manifestations diverses de sa vie religieuse.
Et tout de même la sainte histoire n’est pas l'histoire du peuple et ni l'histoire de la religion, mais l'histoire de la Révélation. Ce n’est pas l'histoire de la vie d’un peuple, bien qu’aussi des vies religieuses, et même pas l'histoire des chercheurs de Dieu: car la recherche de Dieu est une affaire humaine, bien que spirituelle et plus élevée de toutes les possibilités. Et la sainte histoire est une histoire de la manière dont Dieu S’est approché du peuple et de l’homme, comment Il surmontait le précipice séparant l’homme de Lui. Et au centre de ce processus est l'union-alliance de Dieu avec Son peuple et Sa présence dans la sainte réunion, et qui devient sainte grâce à Lui. L’alliance avec Dieu et le souffle de Dieu, faisant du peuple juif le peuple de Dieu dans le sens plein de ce terme, peuple-communauté.
Ça ne pouvait pas être autrement: car l'esprit, le souffle de Dieu et l'union-alliance avec Lui sont deux parties d'une même réalité, la réalité de ce processus, par lequel la foule qui est sortie de l'Egypte devient le peuple-communauté. Certes, il fallut pour cela passer à travers la captivité (le sermon d'Aggée se rapporte à l'époque d’après captivité). A travers la captivité, pendant laquelle s'est formé, au fond, un nouveau peuple, s'est détaché ce reste, dont parlaient les prophètes d’après captivité. Le reste, qui a appris à écouter Dieu et sentir Son souffle.
Cette habitude apparue pendant la captivité a aidé la communauté juive de Babylone à survivre à la captivité, malgré l'absence du Temple et l'impossibilité du sacrifice. Et encore il, cette habitude, devait ensuite être utile au peuple, lorsque le Royaume entrera au monde. En effet, il [le Royaume] est tout pénétré par le souffle de Dieu, plein de puissance et d'amour. Jusqu'à la captivité il était connu seulement par quelques gens possédant le don prophétique; après la captivité sur cette connaissance était construit toute la vie du peuple-communauté; après la Pentecôte — le Royaume, manifestant au monde sa plénitude. Telle est l'histoire du Dieu qui est entré dans le monde. La sainte histoire.
1 f) Octobre 520, au dernier jour de la fête des Tentes.
5 g) Addition probable, omise par le grec.
6 h) Aux yeux d’Aggée, Dieu seul mène l’histoire. Au moment où le prophète annonce la catastrophe, cf. Am 5.18 ; 8.9, qui doit inaugurer l’ère nouvelle, le monde est en paix sous le règne de Darius. L’ébranlement mondial tout proche et la reconstruction du Temple seront les préludes de l’ère messianique.
9 i) « trésors », litt. « ce qui est précieux », « ce qu’on désire » (singulier à sens collectif). La Vulg. a vu ici une allusion au Messie et a traduit « Et veniet Desideratus cunctis gentibus ».
10 j) Le Temple, cf. 2 S 7.13, est devenu, avec Ézéchiel, un thème messianique central. En fait, c’est dans ce second Temple, restauré par Hérode, que le Christ paraîtra. — Grec ajoute « et la paix de l’âme, pour préserver tous ceux qui auront posé les fondations pour ériger ce Temple ».
13 k) Décembre 520.
14 l) L’« impureté » semble plus contagieuse que la « sainteté » le point de vue est rituel.
14 m) C’est-à-dire les récoltes, cf. Dt 24.10 ; 28.12 ; 30.9.
15 n) Le culte continuait sur l’emplacement du Temple, où l’autel des holocaustes avait été rétabli dès 538. Aggée tire la leçon de la décision donnée au v. 13. Le peuple est impur, et impures ses offrandes sacrificielles. Cette admonestation, dont la dureté contraste avec 2.1-9, vise peut-être les Samaritains, cf. Esd 4.1-5. — Le grec ajoute « en raison de leurs profits précoces, ils souffriront de leurs labeurs, et vous haïssiez aux portes de ceux qui blâmaient. » Cf. Am 5.10.
16 o) Ce morceau, qui complète 1.1-15, doit peut-être se lire après 1.15a.
16 p) « que deveniez-vous ? » mah-heyitem , grec ; « avant leur devenir » miheyôtam hébr.
17 q) « d’une cuve » mippûrah corr. ; « une cuve » pûrah hébr.
18 r) Glose en partie inexacte, cf. 1.15.
23 s) L’expression implique un choix divin pour une mission important à l’histoire du salut. Ainsi Yahvé a pris Abraham, Jos 24.3, les Lévites, Nb 3.12, David, 2 S 7.8. Zorobabel, successeur de David, renoue avec le vieux messianisme royal, cf. 2 S 7.1 ; Isa 7.14, et cristallise autour de sa personne l’attente de la Loi. Cf. Za 6.12.
23 t) L’anneau à cachet, qui servait à signer les lettres et documents, 1 R 21.8, était gardé précieusement, au cou, Gn 38.18, ou au doigt, Jr 22.24.
Avec Aggée commence la dernière période prophétique, celle d’après l’Exil. Le changement est frappant. Avant l’Exil, le mot d’ordre des prophètes avait été Punition. Pendant l’Exil, il était devenu Consolation. Il est maintenant Restauration. Aggée arrive à un moment décisif dans la formation du Judaïsme : la naissance de la nouvelle communauté de Palestine. Ses brèves exhortations sont exactement datées de la fin d’août au milieu de décembre 520. Les premiers Juifs rentrés de Babylonie pour reconstruire le Temple se sont vite découragés. Mais les prophètes Aggée et Zacharie réveillèrent les énergies et poussèrent le gouverneur Zorobabel et le grand prêtre Josué à reprendre les travaux du Temple, ce qui se fit en septembre 520, 1.15, cf. Esd 5.1.
C’est tout l’objet des quatre petits discours qui composent le livre : parce que le Temple reste en ruines, Yahvé a frappé les produits de la terre, mais sa reconstruction amènera une ère de prospérité ; malgré son apparence modeste, ce nouveau Temple éclipsera la gloire de l’ancien, et la puissance est promise à Zorobabel, le choisi de Dieu.
La construction du Temple est présentée comme la condition de la venue de Yahvé et de l’établissement de son règne ; l’ère du salut eschatologique va s’ouvrir. Ainsi se cristallise autour du sanctuaire et du descendant de David l’espérance messianique que Zacharie va exprimer plus nettement.