La lecture d'aujourd'hui nous propose une parabole d'Ézéchiel dont le sens est lié aux relations difficiles qui se nouaient entre la Judée, alors vassale de la Babylonie, et l'Égypte. Au moment où fut prononcée la prédication citée ici, le prophète vivait déjà à Babylone, bien que...
La lecture d'aujourd'hui nous propose une parabole d'Ézéchiel dont le sens est lié aux relations difficiles qui se nouaient entre la Judée, alors vassale de la Babylonie, et l'Égypte (v. 11–15). Au moment où fut prononcée la prédication citée ici, le prophète vivait déjà à Babylone, bien que Jérusalem n'eût pas encore été détruite, comme cela devait arriver plus tard.
Ézéchiel s'est retrouvé à Babylone avec le premier groupe d'habitants déportés de Jérusalem en 589 av. J.-C. La ville fut alors prise par les Babyloniens, mais ne fut pas entièrement détruite. Une garnison babylonienne et une administration locale fidèle aux nouvelles autorités y furent laissées. Cependant, deux ans plus tard, en 587 av. J.-C., une révolte éclata dans la ville, organisée avec le soutien de l'Égypte, alors en guerre contre la Babylonie. Mais, comme l'avait annoncé Ézéchiel (v. 17), l'Égypte ne put apporter une aide substantielle aux insurgés. La révolte fut réprimée, et la ville comme le Temple furent entièrement rasés, ainsi qu'on le faisait habituellement à cette époque avec les villes rebelles.
Comme l'autre prophète Jérémie, témoin direct et participant involontaire de ces événements (Jér. chap. 52), Ézéchiel avait averti à plusieurs reprises que les projets des insurgés n'étaient pas destinés à réussir et que la révolte finirait par une défaite et un grand bain de sang (v. 18–21). Une telle position devait probablement paraître collaborationniste et indigne d'un patriote à beaucoup de gens.
Ézéchiel comprenait ce que beaucoup d'autres, y compris les chefs de la révolte antibabylonienne, ne comprenaient pas. Il comprenait qu'il était impossible de faire revenir l'histoire en arrière. Le succès de la révolte ne pouvait signifier qu'une chose : le retour au passé, à l'état du peuple et du pays qui avait précisément conduit à la catastrophe. Mais Dieu n'avait pas besoin d'une restauration, Il ne voulait pas que Son peuple revienne à son ancienne vie. Il Lui fallait conduire le peuple en avant, à travers le repentir et la conversion, vers un renouvellement spirituel sans lequel le retour sur la terre des pères et la restauration de la ville et du Temple n'auraient eu aucun sens spirituel.
Mais cela n'était pas facile à comprendre, car la conscience religieuse populaire de l'époque antérieure à l'exil n'était nullement portée ni au repentir ni à la réflexion en général. Au contraire, peu avant la chute de la ville en 589 av. J.-C., y prédominaient la suffisance et une fausse tranquillité, profondément mêlées à une forme particulière de nationalisme teinté de religion que beaucoup prenaient pour le yahvisme. Et Dieu, bien sûr, ne pouvait permettre à Son peuple de revenir à un tel état. Il avait l'intention de le conduire en avant, vers le renouvellement spirituel, même contre ceux qui auraient voulu rebrousser chemin.