Au cours de son ministère terrestre, on posa plus d'une fois à Jésus des questions pièges et on lui proposa des problèmes d'ingéniosité tirés des manuels de théologie existant alors. Il existait bien sûr des réponses traditionnelles à ces questions pièges, autre question de savoir à quel point elles étaient convaincantes. Mais Jésus utilise même celles-ci pour témoigner du Royaume. Il en fut ainsi avec la question qui lui fut posée au sujet de la femme qui avait été mariée plusieurs fois, où il s'agit probablement de la coutume du lévirat. Cet exemple, manifestement, était utilisé par les sadducéens, et d'abord, évidemment, par les représentants du sacerdoce du Temple, pour réfuter la possibilité de la résurrection universelle, à laquelle croyait la Synagogue, et en premier lieu bien sûr les pharisiens.
Il n'est pas difficile de voir que le principal malentendu ici n'est pas lié à des subtilités théologiques, mais à une compréhension fausse du Royaume et de sa nature. Et Jésus, sans entrer dans des raisonnements abstraits, attire l'attention de ses interlocuteurs précisément sur ce point. Il leur dit directement: vous ne comprenez ni les Écritures, ni la manière dont Dieu agit dans le monde. Et il ajoute: dans le Royaume de Dieu, on ne se marie pas et on ne donne pas en mariage, mais on demeure comme des anges dans les cieux.
La réponse est remarquable. Il ne reste qu'à comprendre comment exactement les anges « demeurent dans les cieux ». Mais ici, Jésus ne donne manifestement à ses interlocuteurs aucune explication supplémentaire. Une seule chose est claire: cela ne ressemble pas au mode de vie dans le monde non transformé. Et l'essentiel n'est pas de tenter de comprendre quelles sont les relations conjugales dans le Royaume. L'essentiel est de comprendre que cela ne ressemble à rien de ce qui se passe dans notre monde, et de ne pas essayer d'extrapoler au Royaume les lois terrestres.
Or, à en juger par la question posée à Jésus, de telles extrapolations étaient monnaie courante dans la théologie juive de l'époque. Jésus, manifestement, propose à ses interlocuteurs de se détacher des clichés auxquels ils sont habitués. Et cela, non pas tant pour eux-mêmes, car ils ne posaient la question que pour le « coincer », que pour les auditeurs, puisque la conversation était publique. Il fallait leur faire comprendre que le Royaume est en réalité tout autre. Du moins à ceux d'entre eux qui peuvent et veulent entendre.
Au cours de son ministère terrestre, on posa plus d'une fois à Jésus des questions pièges et on lui proposa des problèmes d'ingéniosité tirés des manuels de théologie existant alors. Il existait bien sûr des réponses traditionnelles à ces questions pièges, autre question de savoir à quel point elles étaient convaincantes. Mais Jésus...
Au cours de son ministère terrestre, on posa plus d'une fois à Jésus des questions pièges et on lui proposa des problèmes d'ingéniosité tirés des manuels de théologie existant alors. Il existait bien sûr des réponses traditionnelles à ces questions pièges, autre question de savoir à quel point elles étaient convaincantes. Mais Jésus... Lire la suite
Dans la tradition chrétienne, l'image de Marthe et de Marie est devenue classique, symbolisant deux formes du service chrétien — l'active et la contemplative — et établissant en même temps leurs priorités, car le Sauveur dit sans aucune ambiguïté ce qui est principal dans le service. On comprend habituellement ses paroles comme une indication de ce que faisait Marie, qui écoutait les paroles de Jésus sans s'en détourner une seule minute. Cependant, « une seule chose » et « beaucoup de choses » permettent aussi une interprétation quelque peu différente. Ce n'est pas un hasard si Jésus parle des « beaucoup de choses » comme de quelque chose qui cause à l'homme inquiétude et agitation, du moins si l'on comprend littéralement le texte grec.
Marthe s'affaire beaucoup; elle pense sans cesse à quelque chose qui l'inquiète et lui ôte la paix. Elle n'a pas le temps d'écouter, non parce qu'elle est occupée aux tâches domestiques, mais à cause de cette inquiétude permanente qui la prive de paix intérieure. La multitude des tâches l'inquiète précisément parce qu'elle y est entièrement plongée: intérieurement, elle se précipite d'une tâche à l'autre, craignant de ne pas suffire à tout ce qu'elle pense devoir faire. Et c'est son agitation, non le nombre de tâches, qui l'épuise au point qu'elle n'a déjà plus la force d'écouter le Sauveur.
Il n'existe qu'une seule issue, et Jésus l'indique: quitter le multiple pour l'unique, pour l'essentiel qui soutient l'homme, pour la relation avec lui, avec Jésus. Lorsque cette relation devient le centre et le foyer de la vie intérieure de l'homme, toutes ses activités extérieures s'ordonnent autour de ce centre. L'homme ne se disperse plus, ne se fragmente plus en une multitude de projections de lui-même liées aux affaires quotidiennes, mais demeure intérieurement entier et rassemblé autour de cette seule chose qui remplit véritablement de vie sa personne et toutes ses activités.
Dans la tradition chrétienne, l'image de Marthe et de Marie est devenue classique, symbolisant deux formes du service chrétien — l'active et la contemplative — et établissant en même temps...
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Les prophètes ont beaucoup parlé des péchés et des crimes du peuple de Dieu. Mais leurs paroles ne contenaient pas seulement une dénonciation: l'espérance y était toujours présente. L'époque de Michée, contemporain plus jeune d'Isaïe de Jérusalem, était spirituellement fort ambiguë. Le roi Ézéchias, qui régnait alors en Juda, fit beaucoup pour combattre les cultes païens, interdisant le culte public des dieux païens dans son pays. Le yahvisme devint populaire, et la prédication de Michée, comme celle d'Isaïe, y contribua beaucoup.
Mais il se révéla bien plus facile de détruire les autels et les sanctuaires païens que de changer des hommes dont les âmes et les cœurs demeuraient en grande partie les mêmes. Les péchés aussi demeuraient les mêmes. Pour l'immense majorité des nouveaux croyants, le yahvisme se réduisait à de somptueuses cérémonies religieuses et à de joyeuses fêtes; on pensait rarement et à contrecœur à l'observation des commandements donnés par Dieu, à la Torah. L'essor religieux ne signifiait nullement de rapides changements spirituels dans la société. Les anciens péchés ne lâchaient pas les hommes; ce qui était devenu une habitude se surmontait lentement et difficilement, même lorsque les hommes désiraient sincèrement devenir autres.
On voit ici ce dont parlent souvent les livres sacerdotaux du Pentateuque: les conséquences d'un péché commis consciemment pèsent sur l'homme malgré son repentir, tout comme elles pèsent sur un peuple lorsque le péché est celui de toute la nation. Il fut alors révélé au prophète que la situation ne pouvait être changée que par un effort spirituel particulier, commun et volontaire de Dieu et de son peuple. Michée ne dit rien des épreuves qui attendent le peuple, comme le fait Isaïe de Jérusalem, mais il comprend qu'il ne sera plus possible de surmonter les conséquences des péchés commis par le peuple sans un bouleversement, peut-être catastrophique. Pourtant, le prophète comprend aussi autre chose: Dieu n'a pas besoin de catastrophes pour elles-mêmes. Il veut seulement donner à son peuple la possibilité de recommencer son histoire sur une page blanche, et pour cela le peuple lui-même doit devenir cette page blanche. Tous les bouleversements historiques ne sont finalement nécessaires que pour cela — et pour que, dans cette histoire nouvelle, le peuple renouvelé sache accueillir le Messie que Dieu lui a promis.
Les prophètes ont beaucoup parlé des péchés et des crimes du peuple de Dieu. Mais leurs paroles ne contenaient pas seulement une dénonciation: l'espérance y était toujours présente. L'époque de Michée, contemporain plus jeune d'Isaïe de Jérusalem, était spirituellement fort ambiguë. Le roi Ézéchias, qui régnait alors en Juda, fit beaucoup pour...
Les prophètes ont beaucoup parlé des péchés et des crimes du peuple de Dieu. Mais leurs paroles ne contenaient pas seulement une dénonciation: l'espérance y était toujours présente. L'époque de Michée, contemporain plus jeune d'Isaïe de Jérusalem, était spirituellement fort ambiguë. Le roi Ézéchias, qui régnait alors en Juda, fit beaucoup pour... Lire la suite
Dans leurs conversations avec Jésus, les pharisiens lui adressent souvent des reproches sur sa manière de traiter telle ou telle prescription, telle ou telle tradition. Le sabbat occupe une place centrale dans ces controverses. Que peut-on faire le jour du sabbat, et que ne peut-on pas faire?
Dans l'esprit d'un Juif de l'époque, la réponse à cette question exige une connaissance sérieuse de la Loi et des commentaires qu'en ont donnés des maîtres faisant autorité. Mais la façon dont Jésus pose la question transforme une discussion théologique en un défi direct à la conscience, qui n'appartient pas seulement aux maîtres et aux théologiens: que peut-on faire le jour du sabbat, le bien ou le mal? Sauver ou perdre? L'Évangile nous apprend à poser ainsi les questions qui nous préoccupent, car la conscience est souvent le meilleur conseiller, même en théologie.
Dans leurs conversations avec Jésus, les pharisiens lui adressent souvent des reproches sur sa manière de traiter telle ou telle prescription, telle ou telle tradition. Le sabbat occupe une place centrale dans ces controverses...
Dans leurs conversations avec Jésus, les pharisiens lui adressent souvent des reproches sur sa manière de traiter telle ou telle prescription, telle ou telle tradition. Le sabbat occupe une place centrale dans ces controverses... Lire la suite
L'évangéliste décrit de manière tout à fait exhaustive les raisons de l'incrédulité envers Jésus. Il divise tous les incroyants en deux catégories: ceux qui ne veulent pas voir la vérité et ceux qui ont simplement peur. Le second cas est plus ou moins compréhensible: de tout temps la peur et la lâcheté ont été parmi les principaux obstacles sur le chemin de la justice, empêchant ceux qui marchent ou désirent marcher sur ce chemin de prendre les bonnes décisions. La situation est plus complexe pour la première catégorie. Il est sans doute difficile d'imaginer un homme qui, dans la vie ordinaire, s'aveugle volontairement ou ferme simplement les yeux afin de remplacer par des fantasmes la réalité qui l'entoure et qu'il ne voit plus. Cela se comprend: dans la vie quotidienne, les conséquences d'un tel acte peuvent être des plus inattendues et désagréables. Mais dans la vie spirituelle, beaucoup font apparemment ce choix, et assez souvent, bien que les conséquences n'y soient guère moins sérieuses. Pourquoi donc?
Le philosophe athénien Socrate, qui vécut cinq siècles avant la naissance du Christ, semble avoir déjà compris la raison d'un tel comportement. Il disait que les hommes prennent souvent un petit bien pour un grand et un grand mal pour un petit — et inversement — simplement parce que ce qui est grand paraît plus petit à distance qu'il ne l'est réellement. Cela vaut pour la vie spirituelle autant que pour la vie quotidienne.
Renoncer à des opinions confortables et familières, à une vision du monde bien établie, surtout religieuse, est à tout le moins inconfortable. Le jour du Jugement paraît si lointain, si petit devant cet inconfort, que... l'on n'en tient pas compte, peut-être dans l'espoir que, d'ici là, les choses s'arrangeront d'une façon ou d'une autre, se mettront en ordre et se résoudront d'elles-mêmes, et que nous entrerons tout de même dans le Royaume à peu de frais, sans sacrifices ni pertes particulières.
Quant à ceux qui, comme on dit, tiennent beaucoup trop à s'en mêler, mieux vaut s'en débarrasser. De toute façon, on ne vivra pas tranquille avec eux. La manière de s'en débarrasser n'est qu'une question technique.
L'évangéliste décrit de manière tout à fait exhaustive les raisons de l'incrédulité envers Jésus. Il divise tous les incroyants en deux catégories: ceux qui ne veulent pas voir la vérité et ceux qui...
L'évangéliste décrit de manière tout à fait exhaustive les raisons de l'incrédulité envers Jésus. Il divise tous les incroyants en deux catégories: ceux qui ne veulent pas voir la vérité et ceux qui... Lire la suite
La bénédiction et la malédiction dont parle Dieu sont exprimées avec la plus grande simplicité dans le livre du Deutéronome: elles sont la vie et la mort. Nous raisonnons rarement sur la religion en ces termes. Nous comprenons mieux les paroles sur la paix de l'âme, le fondement moral, et ainsi de suite. Pourtant, la nature de la relation avec Dieu n'a pas changé en trois mille cinq cents ans: avec lui, c'est toujours la vie; sans lui, la mort. Nous ne commençons à le comprendre que dans les situations extrêmes, lorsqu'il faut crier: « Seigneur, sauve-moi! » Alors la question religieuse passe du plan de « comment jeûner », ou même de « comment prier », à celui d'« être ou ne pas être ».
La bénédiction et la malédiction dont parle Dieu sont exprimées avec la plus grande simplicité dans le livre du Deutéronome: elles sont la vie et la mort. Nous raisonnons rarement sur la religion en ces termes. Nous comprenons mieux les paroles sur...
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