« ...Pierre Lui répondit : Seigneur, si c'est Toi, ordonne que j'aille vers Toi sur les eaux. Et Il dit : viens... » Comme il arrive souvent que les doutes nous assaillent dans notre foi. C'est un bon signe, le signe que notre foi est saine. Comme nous le dit le psaume 3...
« ...Pierre Lui répondit : Seigneur, si c'est Toi, ordonne que j'aille vers Toi sur les eaux. Et Il dit : viens... » Comme il arrive souvent que les doutes nous assaillent dans notre foi. C'est un bon signe, le signe que notre foi est saine. Comme nous le dit le psaume 3 : Seigneur, combien se sont multipliés ceux qui m'affligent ; nombreux sont ceux qui se lèvent contre moi, nombreux ceux qui disent à mon âme : il n'y a point de salut pour lui en son Dieu (Ps 3:2-3).
Dans l'interprétation spirituelle de ce psaume, ces nombreux adversaires qui se lèvent contre ma foi sont une force bien réelle, même si personne ne me persécute visiblement. Et quand cette force attaque, on a tellement envie de crier vers le Seigneur et de dire : « Si c'est Toi, ordonne-moi de connaître Ta nature divine, en me rendant au moins en partie semblable à Toi ; partage Ta divinité avec moi, fais-moi participer à Toi, afin que je sois convaincu : c'est Toi. » Car qu'est-ce que le geste de Pierre ? Au fond, il a désiré une expérience supramondaine, non terrestre, qui fortifierait sa foi. Il y a des moments où nous aussi le désirons très fortement. Nous avons si peur, notre foi vacille tellement, que nous avons terriblement envie de saisir la main du Seigneur.
Et comment faisons-nous face à cela ? Nous entendons une voix intérieure : « Mais qui es-tu pour que de tels miracles t'arrivent ? En quoi consistera alors ta foi ? Ce sera déjà une expérience certaine, et non la foi ; va à l'église, regarde la foi des autres, fortifie-toi par elle, et puis tout simplement, te dit-elle, les miracles n'existent pas de nos jours ; qui les a vus, à part quelques fous et gens d'église ?... » Mais tout cet apaisement de soi est bon, sans l'être vraiment. Car le Seigneur dit autre chose, Il dit : « Viens. » Viens. Il est très important de l'entendre. Tu doutes : viens, ose, éprouve, cherche l'expérience. Car la vraie foi ne vient qu'après l'expérience réelle de la rencontre avec Dieu ; avant cet événement, ce n'est qu'une recherche, qu'une piété, qu'une intention. Notre apaisement de nous-mêmes peut nous sembler extrêmement juste, très humble, très vertueux. Mais l'humilité est vide sans audace. Nous devons toujours nous en souvenir.
Par certains côtés, la lecture d'aujourd'hui sur Pierre est proche, dans son esprit, du récit de l'assurance donnée à Thomas. Thomas aussi voulait une expérience réelle, et il l'a reçue, parce que le Seigneur Lui-même l'a voulu. Sa volonté est que notre foi ne soit pas un recueil de prescriptions écrites, ni une lettre, même reçue avec révérence, ni seulement un rite, ni seulement une piété, ni seulement une vertu, ni notre monologue adressé à Lui avec quelque désir exalté qu'Il entende au moins, comme une lettre envoyée aux plus hautes autorités ministérielles : il est clair qu'elles ne répondront pas, mais il y a peut-être une petite chance qu'elles la lisent. Ce n'est pas cette foi que le Seigneur attend de nous. Il veut une vie réelle ensemble, une coopération réelle ; Il veut que nous percions avec audace jusqu'à pouvoir Lui parler face à face. Si tu le veux vraiment, va à Sa rencontre. Va seul, laisse tous les tiens dans la barque et va.