Que signifient les paroles d'Amos sur Dieu, qui ne fait rien sans avoir d'abord révélé son secret à ses prophètes? Et que pourrait-on dire alors, par exemple, de la création du monde ou de l'homme lui-même? Manifestement, le prophète a en vue quelque chose qui se rapporte non simplement aux plans de Dieu, mais aux plans auxquels l'homme participe, ou plus précisément le peuple de Dieu. À proprement parler, le mot hébreu lui-même, que l'on traduit d'habitude par « secret », signifie aussi « conseil secret ». Il en résulte qu'il s'agit plutôt d'un conseil entre Dieu et ses serviteurs. Non pas d'un conseil prééternel, il n'y a ici aucune mystique, mais d'un conseil tout ordinaire: comme un souverain qui prend une décision peut consulter ceux à qui il confiera son exécution. À première vue, un tel conseil de Dieu avec les hommes peut paraître quelque peu étrange: car Dieu est souverain dans ses plans. Mais, manifestement, l'amour de Dieu détermine la mesure de son pouvoir sur l'homme et pousse Dieu à donner à l'homme le maximum de liberté possible. En parlant de liberté, nous entendons le plus souvent le droit inaliénable de l'homme déchu à en abuser et à se détourner de Dieu. Mais ce n'est qu'une aberration de notre vision spirituelle: la fidélité à Dieu ne transforme nullement l'homme en esclave muet et sans droits. Certes, Amos lui-même parle des prophètes comme d'esclaves. Mais l'ancien Israël ne connaissait que l'esclavage domestique, dans lequel les esclaves se trouvaient, au fond, dans la position de membres plus jeunes de la famille: ils n'avaient certes pas voix au chapitre dans le conseil familial et étaient sans droits à cet égard, mais on les traitait comme des membres de la maison, au même titre que les enfants mineurs du maître, qui n'avaient pas non plus le droit de vote, mais qui, pour le reste, étaient considérés dans la maison comme des leurs. Une telle analogie convient bien pour décrire les « droits » que l'homme possède au conseil avec Dieu. Bien sûr, il n'est pas question ici de droits formels, mais Dieu traite ses serviteurs avec le même amour qu'un bon maître traitait ses esclaves domestiques. Il aurait pu, bien sûr, en être autrement, et Dieu aurait pu les traiter comme des enfants, comme un père traite ses fils. Mais pour cela, il fallait surmonter les conséquences de la chute, ce qui était impossible avant la venue du Christ dans le monde. Cependant, après sa venue et la manifestation du Royaume dans le monde, selon les propres paroles du Sauveur à la Cène, les esclaves deviennent des fils. Hors de la maison ne demeurent que les mercenaires, les travailleurs salariés. Mais cela n'a rien d'étonnant: pour les membres de la maison, libres comme esclaves, ils sont toujours restés des étrangers. Et tous ceux qui, d'une manière ou d'une autre, étaient de la maison deviennent, avec la venue du Christ, pleinement des leurs, jusqu'au bout. |
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