Bible-Centre

La réflexion principale pour le 31 mars 2026

La Torah consacre beaucoup de place au thème de l'image de Dieu, ou plus exactement à l'interdiction de telles images. Il faut remarquer qu'une exigence de ce genre, sur fond de représentations religieuses et de pratiques religieuses largement répandues dans l'ancien Proche-Orient (et pas seulement là), paraissait quelque peu étrange. En effet, pour un païen, un dieu n'existe que dans la mesure où il possède son autel et son image sacrée, devant laquelle on peut se prosterner. Un dieu qui n'avait ni l'un ni l'autre était considéré comme parti, ou même mort ; il ne pouvait être question d'aucune relation avec un tel dieu. Le Dieu d'Israël, au contraire, exige l'absence de toute image sacrée comme condition indispensable de la communion avec Dieu. Toute image de Dieu, même symbolique, devient un obstacle à la communion avec Lui. Pourquoi donc ?

Bien sûr, toute image, même symbolique, risque toujours de devenir elle-même un objet de culte, ce qui s'est produit plus d'une fois dans l'histoire des religions les plus diverses, y compris monothéistes. Mais cela reste une anomalie de la vie spirituelle, la conséquence de la dégénérescence spirituelle d'une tradition : même les païens, du moins les plus instruits, comprenaient parfaitement qu'une statue sacrée ou une image sacrée n'était pas le dieu, mais seulement son symbole et un moyen de communiquer avec lui. L'enjeu, manifestement, était donc ailleurs. Où exactement ?

Sans doute dans les associations d'images que produisent inévitablement tous les symboles, même les plus chargés de sens spirituel. Même l'image du taureau sacré, du veau, que les Hébreux avaient coulée en or au Sinaï, malgré tout son symbolisme et bien qu'elle dût simplement désigner la force de Dieu, cette force dont Dieu s'était servi pour faire sortir Son peuple d'Égypte, ne pouvait manquer de rattacher Yahvé à l'image de l'Apis égyptien. Aucun symbolisme ne pouvait y remédier. Or Yahvé n'est pas Apis, et Sa force même n'est pas celle d'Apis. Il n'y avait qu'une issue : éviter toute image, toute association, tout symbolisme. Ce n'est pas par hasard que, dans le Tabernacle, il n'y avait au départ qu'une seule relique sacrée : le texte du Décalogue gravé sur de petites tables de pierre. Pas de symboles, pas d'associations. Seulement la volonté de Dieu, clairement exprimée par Lui-même.

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