Bible-Centre

La réflexion principale pour le 17 mars 2026

Paul mentionne en passant une institution propre à l'Église primitive: celle des presbytres, ou anciens. À en juger par le fait qu'à côté de l'imposition des mains il est question de «prophétie» comme don, ou de «prophétisation» comme état spirituel particulier propre au prophète au moment où il vit une révélation (le mot grec correspondant peut désigner l'un et l'autre), on peut penser que la communauté des «anciens» (presbytres) était, en tout cas dans l'Église de la période primitive, une communauté charismatique. Quoi qu'il en soit, l'imposition des mains supposait une prière pour que Dieu envoie l'esprit qui devait renouveler celui pour qui l'on priait, et toute la tradition yahviste, puis synagogale, de même que la tradition des confréries religieuses juives existant à l'époque évangélique, liait un tel renouvellement au don de prophétie.

Certes, celui qui avait vécu une expérience de ce genre ne devenait pas forcément prophète, mais il éprouvait en lui-même l'action du souffle de Dieu, qui, à proprement parler, fait du prophète biblique un prophète. Dans le peuple de Dieu, certains ministères supposaient depuis longtemps la nécessité d'une telle expérience; on connaît bien l'exemple des premiers rois d'Israël, qui ne pouvaient prétendre au pouvoir sans passer par une consécration prophétique (l'exemple typique en est la consécration de Saül, 1 S 10:1-12). D'ailleurs, l'exemple de Saül est aussi la meilleure preuve qu'aucune consécration, en elle-même, ne change automatiquement l'homme sans sa volonté et ses efforts spirituels. Voilà pourquoi Paul appelle Timothée à prendre soin des dons reçus de Dieu lors de l'imposition des mains, dons qu'il est autrement facile de perdre.

Quant à la communauté des «anciens» (presbytres), elle était, semble-t-il, charismatique non pas en ce sens que tous ses membres étaient prophètes, mais en ce sens qu'ils avaient tous vécu l'expérience de la descente de l'Esprit, comme Timothée l'avait vécue. Il est probable qu'après une telle imposition des mains, celui qui avait vécu un renouvellement spirituel devenait lui-même presbytre, comme ce fut le cas de Timothée, qui auparavant, à en juger par le contexte de l'épître, était sans doute un simple diacre, placé à la tête de la communauté. Désormais il était devenu diacre-presbytre, et, semble-t-il, inhabituellement jeune du point de vue de la pratique ecclésiale de l'époque; cela, à en juger par l'encouragement que Paul adresse à son disciple, suscitait chez certains de l'étonnement et une attitude méprisante envers le jeune «ancien».

Visiblement, l'apôtre se souvenait de ce que certains de ses coreligionnaires oubliaient: l'âge spirituel et l'âge physique ne sont pas la même chose. Le premier se détermine par le nombre des années vécues, le second par l'intensité de la vie spirituelle et la mesure de l'enracinement dans le Royaume. Et Paul, semble-t-il, conseille à Timothée de se soucier avant tout du second, sans accorder beaucoup d'importance au premier.

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