Comme nous le voyons, la disposition à donner le bien à celui qui demande apparaît comme un trait distinctif de Dieu, sur lequel Jésus attire l'attention de ses auditeurs. Bien sûr, Osée parlait déjà de la disponibilité de Dieu à faire pour son peuple, comme pour chaque personne particulière, plus que ce qui était mérité. La seule chose qui soit exigée du peuple pour cela est de se tourner vers Dieu et de demander pardon pour les péchés commis. Et déjà les prophètes d'avant l'exil liaient à cette disponibilité de Dieu aux bienfaits immérités la possibilité même de la justification au jour du Jugement, qu'il s'agisse du peuple ou d'une personne particulière.
Jésus, quant à lui, y rattache manifestement la possibilité même du Royaume comme tel. Il dit aux hommes qui l'écoutent: vous êtes capables de faire de bonnes œuvres pour ceux que vous aimez, par exemple pour vos propres enfants, bien que le bien, en général, soit opposé à votre nature déchue; mais parfois, avec certaines personnes concrètes, même peu nombreuses, vous êtes capables de construire des relations en dépit de votre nature. Pour Dieu, en revanche, une bonne attitude envers chaque personne est la norme; faire le bien ne contredit pas sa nature. Il suffit seulement d'établir une relation avec lui pour recevoir le bien, car il ne peut pas y avoir avec lui d'autres relations, qui ne seraient pas bonnes. Et cela, à son tour, ouvre à chacun le chemin du Royaume: car c'est précisément la plénitude des relations avec le Père et avec le Christ qui fait participer l'homme à ce Royaume.
Et Jésus témoigne que Dieu est toujours prêt à de telles relations, de sorte que désormais tout dépend seulement de l'homme. Pour lui, aimer l'homme ne demande aucun effort: les relations d'amour sont en effet les seules relations qui lui soient organiques. Mais l'homme, pour aimer, doit toujours se dépasser, construire une relation avec l'autre, qu'il s'agisse de Dieu ou du prochain, malgré sa propre nature déchue. Mais pour l'homme, la chose est simplifiée par le fait que Dieu est toujours prêt à faire un pas vers lui. Et même non pas un seul pas, mais beaucoup de pas en réponse à l'unique pas fait par l'homme qui cherche une relation avec Dieu et le Royaume.
