Les adversaires de Jésus Lui faisaient parfois passer une sorte d'examen sur Sa connaissance de la théologie juive de leur temps...
Les adversaires de Jésus Lui faisaient parfois passer une sorte d'examen sur Sa connaissance de la théologie juive de leur temps. La question de la femme qui avait été mariée plusieurs fois dans sa vie était utilisée par les adversaires de la foi en la résurrection universelle (il s'agissait surtout de représentants du sacerdoce) comme argument dans la discussion: en effet, de qui serait-elle l'épouse si elle rencontrait tous ses maris vivants? C'était l'une de ces questions «difficiles» classiques que les sadducéens posaient aux pharisiens et auxquelles il existait des réponses «élégantes». On voulait, comme il est facile de le deviner, vérifier si Jésus connaissait de telles réponses.
Lui parle de tout autre chose: de la vie du Royaume, qui ne ressemble absolument pas à la vie du monde non transfiguré avec ses lois. Il veut montrer à ceux qui l'interrogent que tenter d'appliquer à la vie du Royaume le système de coordonnées du monde non transfiguré est une voie sans issue dès le départ. Dans le Royaume, il n'y a pas de mariage terrestre, non parce que les différences entre hommes et femmes y disparaissent, mais parce que la qualité même de la vie y change, parce que l'humanité elle-même y est transformée, et cela dans ses deux hypostases, masculine comme féminine.
Le problème dont parlent à Jésus ceux qui doutent de la résurrection ne pourrait surgir que dans le cas tout à fait invraisemblable où la résurrection ne serait pas le triomphe du Royaume avec sa vie nouvelle, mais seulement un retour de tous les morts à l'ancienne vie non transfigurée. Dans ce monde où le temps et les relations de cause à effet sont une réalité absolue, où aucun effet ne peut être sa propre cause et où le temps est irréversible, il n'y a réellement pas d'issue à la situation décrite par les théologiens sadducéens. Dans le monde non transfiguré, elle ne peut même pas se produire: ses lois ne le permettent pas.
Le monde où elle est possible est organisé autrement; d'autres lois y agissent, il n'y a pas ce temps linéaire qui nous est si familier, et la situation peut donc se résoudre de la manière la plus inattendue. Jésus donne deux exemples à titre d'illustration: Dieu, pour qui il n'y a pas de morts, de sorte que pour Lui Abraham, Isaac et les autres grands guides spirituels, morts depuis longtemps pour nous, sont vivants; et David, qui appelle son «seigneur» Celui qui, dans notre monde non transfiguré, n'est pas encore né.
Il n'est pas étonnant que les adversaires de Jésus se taisent: ce qu'Il dit ne rentre dans aucun cadre d'aucun schéma théologique. De même que n'y rentre pas le Royaume qu'Il a apporté dans le monde.