Bible-Centre

La réflexion principale pour le 15 octobre 2025

À en juger par le témoignage du livre des Actes, l'Église primitive devait être une communauté où la mise en commun des biens faisait notamment partie de la norme. Plus tard, de nombreux chrétiens, et pas seulement eux, ont essayé de suivre cet idéal des premiers chrétiens. Certains y réussissaient mieux, d'autres moins bien. Mais qu'est-ce qui animait tous ces gens ? La communauté des biens était pratiquée par des représentants de certains enseignements religieux et philosophiques même avant le christianisme, sans parler des confréries religieuses juives comme les esséniens. Qu'est-ce qui poussait donc des hommes si différents à renoncer à leurs biens au profit de la communauté ?

Très souvent, le motif principal était l'aspiration à une vie ascétique, qui animait non seulement les moines chrétiens du Moyen Âge et de l'époque moderne, mais aussi, par exemple, les disciples de Pythagore, dans les communautés desquels la mise en commun des biens était elle aussi, sinon obligatoire, du moins assez largement répandue. Ici, l'homme était mû avant tout par le désir de simplifier au maximum sa vie, y compris dans ses liens économiques et sociaux. En renonçant à ses biens, il renonçait du même coup à la société, ainsi qu'à ce qui le liait à elle.

Un autre cas est le renoncement aux biens dans le contexte d'une perspective eschatologique et apocalyptique imminente, comme chez les esséniens de Qumrân. Ici jouait la conviction que le monde était voué à la perdition à cause de son impureté, et que seuls pourraient être sauvés ceux qui appartenaient à la communauté des « purs », par lesquels les gens de Qumrân entendaient bien sûr eux-mêmes. Le don des biens à la communauté équivalait alors à une contribution à la construction de la seule arche salvatrice sur terre, pour laquelle rien ne devait être épargné.

Mais l'Église primitive pouvait-elle être guidée par des motifs ascétiques ou apocalyptiques ? En définitive, non. Il ne s'agissait pas d'abstinence ni de la fin à venir, mais de la vie du Royaume. Ici, il y avait un autre stimulant, non moins puissant : l'expérience même de la vie dans le Royaume. Car le Royaume n'est possible que comme don, comme renoncement à son isolement, comme disponibilité à partager tout ce que l'on possède afin de recevoir tout en échange de la petite part que l'on donne. Ici, donner ne signifie pas renoncer ni perdre, mais acquérir et recevoir. C'est précisément le cas où partager signifie multiplier. Et la communauté des biens apparaît alors non comme l'incarnation d'une idée ascétique ou eschatologique, mais comme le prolongement naturel, dans le monde non transfiguré, de cette vie du Royaume qui, un jour, après la transfiguration, deviendra pour lui naturelle et organique.

Après votre inscription, vous pourrez vous abonner à l’envoi des textes de n’importe quel plan de lecture de la Bible.

Nous prévoyons d’ajouter progressivement des paramètres personnalisés ainsi que d’autres services pour les utilisateurs inscrits. Nous vous conseillons donc de vous inscrire dès maintenant. C’est gratuit.