Bible-Centre

La réflexion principale pour le 23 septembre 2025

Ces paroles du Sauveur n'ont jamais suscité chez les apôtres que peur et incompréhension. Pourquoi donc ? La réponse la plus simple est qu'ils avaient peur pour le Maître aimé, peur de Le perdre. Et pourtant il ne s'agissait sans doute pas seulement de cela. Il s'agissait aussi des représentations messianiques que les disciples de Jésus partageaient avec leurs contemporains. À cette époque, on attendait du Messie avant tout qu'Il rétablisse un État juif indépendant et qu'Il y établisse des lois conformes à la Torah.

On regardait le Messie comme un Roi, vainqueur des païens, et comme un juste Gouvernant à qui Dieu aiderait à vaincre et à établir Son pouvoir en envoyant à Son secours l'armée angélique céleste. Un tel Messie ne pouvait tout simplement pas mourir. Il est vrai que l'image du Messie souffrant était connue de la tradition juive de cette époque. Mais un Messie souffrant n'est pas la même chose qu'un Messie qui périt.

On supposait que le Messie, bien sûr, pouvait ne pas parvenir immédiatement au pouvoir. La guerre serait longue et il y aurait peut-être, au cours de cette guerre, des moments où le Messie serait menacé, où Il se trouverait même fort probablement au bord de la mort. Mais Dieu ne Le laisserait pas périr : car une telle mort signifierait la fin, l'échec du plan de Dieu et l'effondrement de toutes les espérances du peuple de Dieu. Or Jésus parle entre-temps, et de façon tout à fait claire et univoque, précisément de Sa mort, et d'une mort non au combat, mais sur la croix, de la mort d'un criminel, non d'un guerrier héros.

Cela n'entrait tout simplement pas dans l'esprit de Pierre. Pas plus, d'ailleurs, que dans celui des autres apôtres. Mais Pierre était plus décidé dans sa franchise et osa dire ce que les autres n'avaient pas osé prononcer à haute voix. Et il se trouva, bien sûr involontairement, du côté de Satan, qui avait tenté le Sauveur dans le désert. Car l'idéal messianique traditionnel supposait justement ce que Satan avait proposé à Jésus lors de cette épreuve : établir Son Royaume sur la terre selon les lois du monde déchu, qui gît dans le mal.

L'établir non comme Royaume de l'amour, mais comme royaume de la force. Ce n'est pas un hasard si Satan n'était même pas opposé à donner à Jésus la possibilité d'agir librement en échange d'un seul signe, purement symbolique, de reconnaissance de son autorité, à lui, Satan. En échange d'une seule prosternation, dont personne ne saurait jamais rien, puisqu'il n'y avait pas de témoins. Il sait que tout royaume construit selon les lois du monde déchu lui appartiendra. Pierre, contrairement à son Maître, ne le comprend pas. Et il reçoit une réponse d'une dureté extrême. Pour son propre bien.

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