La question du sort de ceux qui avaient déjà achevé leur parcours terrestre se posait avec assez d'acuité dans l'Église de Thessalonique, au point que Paul jugea nécessaire d'en parler à part...
La question du sort de ceux qui avaient déjà achevé leur parcours terrestre se posait avec assez d'acuité dans l'Église de Thessalonique, au point que Paul jugea nécessaire d'en parler à part. Cette acuité venait du fait que la première génération de chrétiens, ou du moins certains de ses représentants, commençait à quitter cette vie sans avoir attendu le retour du Sauveur, et ceux qui restaient se posaient naturellement la question : que leur arrivera-t-il ensuite ? La question était liée à des représentations traditionnelles préchrétiennes de la mort et de l'au-delà, non encore dépassées, qui revenaient à penser qu'après la mort l'homme descend dans le shéol, dans le monde des ombres, où il demeure comme une telle ombre jusqu'au jour du Jugement et donc de la résurrection générale.
Pourtant, dans la conscience des croyants, le jour du Jugement et de la résurrection était aussi lié au jour de la venue du Messie, qui, pour les chrétiens, était venu de façon absolument certaine ; dès lors, la mort, du moins pour ceux qui avaient accueilli le Messie venu, ne devait plus exister du tout. Autrement dit, selon une telle logique, les chrétiens ne devaient tout simplement pas mourir : ils devaient attendre le prompt retour du Messie et recevoir enfin de Lui cette plénitude de vie qui exclut la mort par principe. Mais la réalité contredisait cette logique : les chrétiens mouraient comme tous les autres hommes. Paul, cependant, voit la réalité tout autrement.
Sa vision se distingue de celle des destinataires de sa lettre par une plus grande plénitude et, par conséquent, par une plus grande ampleur. Pour l'apôtre, la vie du chrétien ne se réduit pas au cadre de son étape terrestre. Elle se poursuit après la fin de cette étape, et, dans son ensemble, le chemin du chrétien ne s'achèvera qu'au jour du retour du Christ et du triomphe du Royaume. Alors tous se rencontreront : car les chemins de tous les chrétiens, quelle que soit l'époque terrestre où ils ont commencé, convergent vers ce point. Et là, la question des premiers et des derniers, de l'« avant » ou de l'« après », n'aura plus de sens.
Personne n'aura à attendre personne : tous arrivent au lieu de rencontre au moment où leur propre chemin les y conduit, et lorsque l'homme parvient au bout de son chemin, il se trouve que, d'une manière mystérieuse, il est arrivé à temps, comme tous les autres. Et alors commence quelque chose de nouveau : la vie du Royaume dans toute sa plénitude. Avec la participation de chacun de ceux qui sont venus.
13 a) Répondant à des inquiétudes ou à des doutes chez certains convertis, qui croyaient les défunts défavorisés parce qu’ils seraient absents lors de la venue du Seigneur, Paul réaffirme l’enseignement fondamental sur la résurrection des morts, afin d’affermir la foi et l’espérance de tous.
13 b) Littéralement « ceux qui se sont couchés, endormis ». L’euphémisme, très naturel, est courant dans l’AT et le NT comme chez les Grecs. De même la résurrection est un « réveil »; cf. 5.10. — Autre traduction possible de la fin du v. 14 « ceux qui se sont endormis ; par Jésus, Dieu les emmènera avec lui ».
15 c) Cette parole est difficile à préciser (bien qu’on puisse comparer Mt 24 avec les vv. 15-17). Peut-être y a-t-il simplement ici un recours à l’autorité du Seigneur, cf. Dn 7.1, 13, 16.
15 d) Ceux qui seront encore en vie au jour de la Parousie, parmi lesquels Paul se range ici par hypothèse, exprimant un espoir, mais non une certitude, cf. 5.1.
16 e) La voix, la trompette, les nuées (caractéristiques des théophanies, cf. Ex 13.22 ; 19.16) sont des traits de la littérature apocalyptique, cf. Mt 24.30s ; 2 Th 1.8.
17 f) Om. « nous qui serons encore là ».
17 g) Les morts répondront les premiers au signal, en ressuscitant. Ils seront rejoints par les survivants, et tous ensemble seront emmenés à la rencontre du Seigneur puis l’escorteront au jugement qui inaugure son règne sans fin. L’essentiel est le trait final vivre toujours avec lui, cf. 4.14 ; 5.10 ; 2 Th 2.1. C’est là le salut, la gloire, le royaume, que Jésus attribue à ceux qu’il a élus, 2.12.
Les premières épîtres en date sont adressées aux Thessaloniciens, que Paul a évangélisés au cours du deuxième voyage, Ac 17.1-10, de l’automne 49 au printemps 50. Obligé par les attaques des Juifs de partir pour Bérée, d’où il gagna Athènes et Corinthe, c’est sans doute de cette dernière ville, durant l’été 50, qu’il écrivit 1 Th. Silas et Timothée sont à ses côtés et les bonnes nouvelles rapportées par ce dernier d’une deuxième visite à Thessalonique sont l’occasion pour Paul d’une effusion du cœur, 1 Th 1-3, suivie d’exhortations pratiques, 1 Th 4.1-12 ; 5.12-28, entre lesquelles s’insère une réponse sur le sort des défunts et la Parousie du Christ, 1 Th 4.13–5.11. Écrite sans doute de Corinthe quelques mois plus tard (2 Th 2.15), 2 Th donne, avec d’autres exhortations pratiques, 1 ; 2 Th 2.13–3.15, de nouvelles instructions sur la date de la Parousie et les signes qui doivent la précéder, 2 Th 2.1-12.