En commençant sa lettre à l'Église de Thessalonique, Paul mentionne le témoignage par lequel, à en juger par ses paroles, cette Église était connue dans toute la Grèce continentale, composée de deux régions: l'Achaïe et la Macédoine (v. 6-10). En même temps, l'apôtre décrit comme en passant le mécanisme qui rend possible un tel témoignage et la diffusion de la bonne nouvelle. Il rappelle son propre témoignage auprès des Thessaloniciens alors récemment convertis, ainsi que le témoignage de ses compagnons de service, dont Paul parle comme d'un témoignage non seulement en paroles, mais aussi par la puissance de l'Esprit de Dieu (v. 5). Et les nouveaux convertis ont reçu dans ce témoignage non seulement les paroles, mais aussi l'Esprit qui leur a ouvert le Royaume. Puis, à leur tour, ils se sont trouvés capables de porter plus loin le témoignage qu'ils avaient reçu, en poursuivant l'oeuvre commencée par l'apôtre.
La situation décrite par Paul est un exemple caractéristique de la manière dont la bonne nouvelle se répand dans le monde. L'Église n'est pas une organisation religieuse, mais une communauté de personnes qui vivent dans le Royaume. Sa tâche principale est de faire en sorte que le Royaume, avec sa vie et ses lois, radicalement différentes des lois de notre monde encore non transfiguré, soit présent dans le monde afin que celui-ci se transfigure et que chaque chercheur du Royaume puisse prendre part à la vie nouvelle. Mais alors il devient clair que la prédication du christianisme peut et doit être non pas un récit sur une nouvelle religion que le prédicateur propose à ceux qui cherchent la vérité, mais un témoignage sur ce Royaume et sur Celui qui l'a apporté dans le monde.
Un témoignage de ce genre sera évidemment perçu comme de vaines paroles si le témoin ne peut pas fournir des preuves que le Royaume dont il parle n'est ni une invention ni un rêve, mais une réalité authentique. Or la preuve, manifestement, ne peut être ici que son propre exemple. Chaque auditeur du prédicateur doit voir en lui-même les signes de son appartenance au Royaume, de même que chaque chercheur du Royaume doit voir un exemple visible de la vie du Royaume en venant à l'assemblée de la communauté des fidèles. Le Royaume ne se prouve par aucun argument; le seul argument ici ne peut être que l'expérience personnelle de celui qui y a pris part. Et Paul remercie Dieu pour ses frères thessaloniciens qui, comme on le voit, ont aidé beaucoup de ceux qui le cherchaient à vivre l'expérience du Royaume.
