L’apôtre Paul nous dit : maintenant donc demeurent ces trois choses : la foi, l’espérance, l’amour (1 Co 13,13) et, selon sa parole, la foi, l’espérance et l’amour sont devenus les plus importantes vertus chrétiennes. On parle souvent et longuement de ce que sont la foi et l’amour. Mais qu’est-ce que l’espérance ? « Ne mettez pas votre confiance dans les princes, dans les fils des hommes » (Ps 145,3) chantons-nous à chaque liturgie. C’est une sorte de définition apophatique de l’espérance. Notre espérance ne peut pas demeurer dans le monde des relations humaines passagères. Cela est parfois difficile à comprendre et à accepter, parce que nous sommes habitués à espérer les uns dans les autres ; c’est là, semble-t-il, notre fraternité. Mais ici il s’agit d’autre chose. Chacun de nous est faible et pécheur, et pour cette seule raison il ne peut pas toujours donner à l’autre ce qu’il lui demande.
Mais nous avons une autre forme d’espérance, la sainte promesse que le Seigneur nous donnera toujours ce que nous Lui demanderons. Une seule condition : que nous ayons la foi, l’espérance, l’amour. La foi, pour tourner notre regard vers Dieu ; l’espérance, pour avoir la force d’attendre, de frapper et de chercher ; l’amour, pour remettre aux autres les fruits de la bonté de Dieu. Mais en raisonnant ainsi, on en vient peu à peu à l’idée que la distinction entre ces trois vertus est, jusqu’à un certain point, conventionnelle. La foi est proche de l’espérance, car elle est tout aussi ferme ; l’espérance est proche de l’amour, car elle est tout aussi lumineuse. L’une sans l’autre n’a pas de sens. Et peut-être même devient-elle pervertie. Songez à ce que signifierait le passage d’aujourd’hui sur l’espérance que Dieu réponde, s’il n’y avait ni foi ni amour. Alors nous pourrions être appelés des consommateurs de la grâce divine, rien de plus.