Les disciples de Jésus savaient bien que le Maître était étroitement surveillé par les pharisiens et les anciens. Ce qu'il prêchait n'entrait d'aucune manière dans le cadre habituel de leurs idées religieuses. Il était tout simplement dangereux pour lui de s'approcher de Jérusalem. Les apôtres tentèrent à plusieurs reprises de dissuader le Maître de venir dans cette ville. Leurs craintes étaient vraiment sérieuses, puisqu'ils considéraient qu'aller avec lui à Jérusalem équivalait à mourir.
C'est pourquoi il est si surprenant qu'ils aillent si volontiers et si docilement, à la demande de Jésus, chercher l'ânon sur lequel il doit entrer dans la ville. Très probablement, cela est lié à la foi en lui comme Messie qui s'est répandue après la résurrection de Lazare, mort depuis quatre jours. De toute évidence, il leur semblait que le moment était enfin venu où leur Maître montrerait sa vraie puissance et révélerait le Royaume promis. On comprend alors pourquoi ils se justifient devant les propriétaires de l'ânon sans l'ombre d'un doute, en disant simplement que l'animal est nécessaire au Maître. On ne peut se justifier ainsi que si son maître est, au minimum, proche d'un grand souverain. Et leurs attentes furent justifiées, mais pas du tout comme ils le pensaient. Car son Royaume s'est révélé n'être absolument pas de ce monde.
