Dès le début de Son ministère terrestre, Jésus a dit qu'Il était venu dans le monde non pour détruire la Torah, mais pour la manifester au monde dans toute sa plénitude. Que voulait-Il dire ? Il ne s'agissait évidemment pas de la Torah comme texte, ni de la Torah comme code juridique ou moral. Il s'agissait de ce qu'on appelait alors la Torah intérieure et de l'idéal de la Torah vivante. Chaque Juif croyant rêvait alors de devenir une Torah vivante, du moins s'il prenait au sérieux sa foi et la vie spirituelle. Il ne s'agissait pas d'apprendre par coeur le texte du Pentateuque, même si cela arrivait assez souvent, mais de devenir l'incarnation vivante de la Torah, manifestant au monde la plénitude de la justice. C'est précisément de cela que parle le Sauveur. Mais la Torah n'est pas homogène : elle comporte des commandements, et elle comporte des lois données comme moyens d'observer ces commandements. Le noyau de la Torah, de la Loi donnée par Dieu, est le Décalogue, ces dix commandements que nous connaissons si bien aujourd'hui et que connaissait tout aussi bien chaque Juif croyant aux temps évangéliques. Ils sont immuables. Mais avec les lois, tout n'était pas si simple : certaines d'entre elles étaient données en tenant compte de la nature pécheresse de l'homme. Telle était aussi la norme liée au droit au divorce. En effet, s'il n'y a vraiment aucune possibilité de vivre ensemble, il vaut mieux divorcer et se marier une seconde fois que prendre des amants ou des maîtresses, violant ainsi le septième commandement. Mais c'est la logique du monde déchu, inacceptable pour le Sauveur. Pour Lui, sont généralement inacceptables les normes de la Torah qui existent comme concession à la condition pécheresse humaine. Pour Lui, le mariage est l'union de deux êtres dans cette plénitude et cette profondeur qui existaient dans le monde avant la chute et qui ne supposaient aucune possibilité de rupture, de dissolution, de destruction. Il dit directement que le divorce est la conséquence de la dureté du coeur, non au sens de cruauté du coeur, mais au sens de sa rigidité, de son entêtement, de son refus de céder, de son refus de changer ou d'accepter l'autre tel qu'il est. Une telle approche peut paraître pesante jusqu'à l'impossible, si l'on n'avait pas affaire au Royaume et à la vie dans le Royaume. Car Jésus regarde la Torah comme l'instrument spirituel qui fait de l'homme un habitant du Royaume. Il n'accepte rien de moins. Et ici il ne peut y avoir ni concessions ni adoucissements : dans le Royaume, il n'y a place pour aucun péché. Et donc pour aucune dureté de coeur. Le Sauveur appelle à se libérer dès ici-bas de tout ce qui est incompatible avec la vie du Royaume. Pour le bien de ceux qui cherchent. Car plus tôt on se libère de tout cela, plus proche devient le but. Ici et maintenant. |
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