Bible-Centre

La réflexion principale pour le 21 février 2025

Ainsi se détruit facilement et rapidement l'illusion, si propre à l'homme déchu, d'un anthropocentrisme particulier et déformé. Nous avons tous, bien sûr, lu dans la Bible que Dieu a remis le monde entre les mains de l'homme qu'Il a créé. Mais l'homme déchu a compris de manière très particulière son pouvoir sur le monde. Il a décidé que le monde existait moins autour de lui, comme autour de son centre spirituel, que pour lui au sens le plus utilitaire du terme. Après la chute, l'homme a réellement cessé d'être cet axe spirituel de l'univers qu'il devait être à l'origine. Car on ne peut être axe spirituel que tant que l'on demeure soi-même image de Dieu.

Et lorsque, dans une large mesure, on cesse de l'être, on commence à percevoir le monde précisément comme nous le percevons le plus souvent aujourd'hui : de façon purement utilitaire. Même lorsque nous « aimons la nature », nous le faisons d'ordinaire de façon utilitaire, en ayant à l'esprit qu'entre autres choses la nature peut aussi devenir pour nous une source de jouissance esthétique, et c'est pour cela que nous l'« aimons ». Au fond de nous, nous refusons généralement à la nature le droit d'être simplement, d'être non pas pour nous, mais par elle-même ; on suppose que si quelque chose dans la nature existe ainsi, c'est notre lacune : nous n'avons simplement pas encore eu le temps de nous occuper d'une nature aussi « inutile ».

Par sa nature, le monde ne dépend justement pas du tout de l'homme. Il existe parfaitement par lui-même, en grande partie. L'homme ne reçoit en pouvoir, au fond, qu'une infime partie de l'univers. Mais alors que faire du fait que Dieu remet le monde à la gestion de l'homme ? La réponse est assez simple : le monde existe selon le plan et le dessein de Dieu à son égard, et il est remis à l'homme précisément en gestion. En gestion selon ce même plan et dans le contexte de ce même dessein. Le pouvoir de l'homme sur le monde est une réalité, au fond, théandrique.

En refusant de reconnaître la souveraineté de Dieu sur sa propre vie, l'homme perd aussi le pouvoir sur le monde. Et cela concerne non seulement la nature, mais aussi l'homme lui-même. En particulier, dans sa relation aux autres. Le jugement sur l'homme n'appartient pas à l'homme. Tout comme n'appartiennent pas à l'homme le jugement sur la nature et la disposition des forces qui y sont cachées.

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